Avis sur Assassin’s Creed 3

Le jeu démarre sur une histoire d’amour. C’est assez rare pour être souligné. Le chef des Templiers, le papa de Connor, tombe raide dingue d’une jolie indienne. Le joueur avide de sang tremble et craint un remake niais de Pocahontas. Il sera vite rassuré. La sauvageonne finit brûlée vive sous les yeux de son fils. Il se pourrait même que le père soit en partie responsable de cette issue fatale. OUF DE SOULAGEMENT ! YOUPI ON VA TUER DES GENS ! Connor part donc faire son apprentissage chez un vieil ermite. Puis du classique : quête initiatique « Je vais massacrer tous les méchants, j’ai la haine, je suis un cramé de la tête », querelle familiale « Mon père ce salaud ! », vengeance ….

Costaud, trapu, la bonne tête de Connor évoque un mélange entre un rugbyman Maxet l’acteur Steven Seagal. Il campe un héros plutôt charismatique. Seul défaut, contrairement à son prédécesseur, le sémillant Ezio, Connor préfère la compagnie des castors à celle des filles de joie. Chacun son truc, une histoire de queue peut-être. Les magnifiques évocations de sa jeunesse indienne bouleversent les amoureux de ce paradis perdu. Cette phase, utile pour apprendre les mécanismes du jeu, pourra paraître longue aux Custer dans l’âme. Puis les grandes phases de la guerre d’indépendance s’enchaînent. Comme d’habitude, il est possible d’apprendre en jouant dans Assassin’s Creed. Non, la Boston Tee Party n’est pas une rave avec des mec vêtus du maillot de Lary Bird shootés au Darjeeling.

Gameplay d’assassin’s 3

N’ayant pas d’idée subtile pour introduire dans une habile transition le chapitre dédié au gameplay, voilà, je l’annonce sans chichis : place au gameplay. Et ce numéro III ne révolutionne pas le genre. En ville, Connor grimpe toujours partout, tue puis se cache puis grimpe, tue et se cache puis grimpe. En forêt, vaste et sublime étendue, une réussite incroyable, surtout sous la neige, Connor virevolte d’arbre en arbre. Sur les cimes, Connor vole. El Connor pasa. Tel l’oiseau de proie, il chasse, traque, dépèce mais, Indian sacred spirit oblige, toujours en disant « pardon le lapin, je t’arrache la peau mais faut pas m’en vouloir ». Ensuite, les combats, brouillons, un peu, dynamique, toujours, et pas très difficiles à condition de garder son calme. Quelques armes en plus mais anecdotiques face aux légendaires lames rétractables des Assassins. Quant aux déplacement, ils manquent terriblement de précision, notamment sur les chevaux, capables de sauter un tronc de séquoia mais bloqués par une poule traversant la route. C’est sympa pour la poule mais pour le joueur, c’est pénible.

De nouvelles phases de jeu enrichissent quand même l’expérience. De son domaine, Connor peut gérer des phases de commerces, organisant des convois pour vendre ses ressources. On gagne de l’argent mais il n’y a presque rien d’utile à acheter dans le jeu… Bref, c’est plutôt bien fichu mais terriblement fastidieux et, surtout, inutile, à part décrocher quelques succès honorifiques pour les fils cachés de Picsou. D’autant que le jeu n’a pas besoin de ces petites transactions financières pour doper sa durée de vie. Plusieurs dizaines d’heures de jeu, en prenant son temps, attendent le joueur. Autre innovation majeure, les batailles navales. Alors là par contre chapeau, c’est drôle, épique, ludique, les bateaux biens lourds à manœuvrer, les canons tonnent… On s’y croirait.

Connor, c’est au final un Assassin qui grimpe en haut de falaises monumentales mais qui ne peut pas s’accroupir pour se cacher. Il n’a pas d’arthrose, non, le mouvement n’existe toujours tout simplement pas dans ce jeu, pourtant estampillé « Infiltration ». AC III est prenant, indispensable même, tant l’histoire y est contée avec brio. Mais la série n’a manifestement pas atteint le maximum de son potentiel. Et c’est peut-être ça la meilleure nouvelle.