Ratchet & Clank 3
Ambiance Science-fiction
Le scénario de R&C 3 se veut à la fois drôle et parodique. Depuis la fin du deuxième opus, nos deux héros ont réussi à décrocher des rôles dans une série d’espionnage, pastiche de James Bond. « Agent Clank » fait un carton dans tout l’univers et permet au petit robot de se faire une renommée interstellaire. Mais Ratchet et Clank doivent reprendre du service suite aux menaces du mégalomane Dr Nefarious. Ce dernier veut créer une armée de robots et asservir les lombax. Ratchet devra s’allier avec le super héros Qwark pour sauver la galaxie. Un scénario suffisamment prenant et riche en rebondissements pour être intéressant.
Ce R&C3 présente une galerie de personnages au character design réussi. On reconnaît parfaitement la patte de Insomniacs Games. De Courtney Gears, sorte de Britney Spears version robotique à Al, ingénieur informaticien lunatique, en passant par Helga et Qwark; tous ont bénéficié d’un travail sur les expressions et sur les animations. Les voix françaises sont également un régal même si certaines sont ridicules ou caricaturales. On appréciera le travail apporté aux décors qui collent parfaitement à l’esprit du jeu. Si les premiers niveaux présentent une atmosphère dépaysante, au fur et à mesure de l’aventure, l’ambiance devient pesante, apocalyptique et chaotique. Mention spéciale pour la guérilla urbaine de Koros ou l'environnement techno-fluo de Obani-Draco.
Shoot ou Plate-forme ?
Marque de fabrique des R&C, les armes sont toujours aussi nombreuses et de plus en plus variés. Certes, on retrouve certains guns des premiers opus mais la plupart sont inédits et originaux. L’Infecteur, par exemple, empoisonne vos ennemis en l’aspergeant d’un liquide verdâtre. Nouvelle version du Moutonator de R&C2, le Canardator transforme vos adversaires en canards qui deviendront vos alliés. Le Fissurateur crée des trous noirs qui aspirent les ennemis. L’arsenal de R&C offre également des armes beaucoup plus classiques comme le Fusil-Flux (sniper), le Tempête N60 (pistolet-mitrailleur) ou le Foudroyer (équivalent d’un fusil à pompe). De plus, chaque arme peut être upgradé au fil du jeu de la V1 à la V5. A chaque nouvelle version, l’arme s’améliore et devient beaucoup plus puissante. Les plus courageux pourront tenter de faire évoluer les guns jusqu’au niveau 8. Cependant, les évolutions peuvent sembler un peu trop rapides. En outre, la capacité en munition des armes est trop limitée. Il faudra donc souvent faire un tour au magasin ou acheter l’APL (gadget permettant d’entrer dans le magasin à tout moment) pour acheter des munitions.
Viennent s’ajouter à la trentaine d’armes et de gadgets, la possibilité de conduire des véhicules terrestres et aériens. Disponibles dans certains niveaux, le Turboglisseur et l’Hovership proposent une alternative plaisante. Le moteur physique des deux engins est plutôt bon (même si le Turboglisseur est un peu léger). Malheureusement, vous conduirez rarement ces véhicules. De plus, l’équipe d’Insomniacs n’a pas eu le temps d’inclure des circuits en Turboglisseur alors que ces derniers étaient prévus à la base. Au final, les véhicules ne sont utiles que dans les modes multi-joueurs.
Accentuant le côté shoot de son titre, Insomniacs offre aux joueurs le choix entre trois caméras. La vue à la troisième personne est classique. C’est celle que l’on retrouve dans les deux premiers opus. La caméra est automatique mais peut être redirigé avec le stick analogique droit. Cette vue est très pratique pour les (rares) phases de plate-forme du jeu mais s’avère handicapante dans les phases de shoot. Ensuite, on retrouve une vue subjective déjà présent dans R&C2. Déconcertante, la vue à la première personne requiert un léger temps d’adaptation. Cette vue rend également les phases de plate-forme très difficiles car il est difficile de juger la distance d’une plate-forme à une autre. Enfin, la dernière vue appelée « Verrouillage déplacement latéral » se rapproche d’un jeu à la « Max Payne ». Le joueur dirige Ratchet avec les deux sticks comme dans un FPS console. Cette vue permet de strafer et ainsi de mieux apprécier les phases de shoot. A vous de choisir le mode de caméra qui vous convient le mieux.
Armes, véhicules, vue à la première personne… R&C3 ne renie pas son orientation action mais semble délaisser l‘aspect plate-forme qui caractérisait les deux premiers épisodes. Dans ce troisième opus, ces phases sont rares et anecdotiques. Il suffit la plupart du temps de déclencher une plate-forme avec l’hyperswing. Par moment, il faudra traverser un sentier prédéfini à la manière d’un Crash Bandicoot. Au final, les phases de plate-forme ne représentent qu’un dixième du jeu. De plus, ces phases sont facilitées par l’utilisation du double saut et de l’hélicoptère. Bref, R&C3 zappe totalement cet aspect du gameplay et s’avère avant tout centrer sur les phases de shoot.
Mini-jeux et quêtes secondaires
Comme Sly 2 ou Jak 3, R&C3 propose quelques mini-jeux plutôt sympathiques qui s’intègrent parfaitement dans le déroulement du jeu. Déjà présentes dans le premier opus, les arènes font leur retour dans cet opus. Une vingtaine de défis vous attend dans l’émission Opération Destruction (notez le clin d’œil). La majorité de ces combats en arènes sont faciles et ils vous permettront de gagner rapidement quelques milliers de boulons. Dans un autre registre, les missions des Rangers vous permettent d’investir les champs de bataille afin de mener votre camp à la victoire. Ces missions ont des objectifs ciblés et vous font gagner des boulons à chaque mission réussie. Pour combattre la menace Tyrranoïdes, tous les moyens sont bons : tourelles, Hovership, mission commando… Les missions des Rangers rompent avec les niveaux conventionnels en apportant ce côté « champ de bataille » où il faudra résister, coopérer, avancer et triompher. Enfin, l’équipe d’Insomniacs ont crée un jeu vidéo dans le jeu intitulé Video-Fun qui met en scène les aventures du Super-Héros Qwark. Il se présente sous la forme d’un jeu de plate-forme 2D où il faudra récupérer toutes les insignes et finir le niveau le plus vite possible. D’une facilité déconcertante, ces Video-Fun font avancer le scénario mais sont décevantes en ce qui concerne les possibilités de gameplay. Par rapport au deuxième opus, les mini-jeux de R&C semblent avoir été bâclé par Insomniacs. Pourquoi ne pas avoir intégré les courses en Turboglisseur ? Pourquoi ne pas avoir créer un mini-jeu centré sur le personnage de Clank (dont les phases de gameplay sont anecdotiques) ? Gageons que cela sera ajouté dans le futur quatrième épisode.
Tout comme les premiers épisodes, R&C3 comporte son lot de quêtes secondaires plus ou moins ardus. Le joueur pourra, par exemple, collecter les boulons en titane. Dissimulés dans les niveaux, ces boulons spéciaux permettent d’acheter des costumes inédits. La recherche des boulons en titane est facilité par le cartomatic qui permet de dévoiler les passages secrets. Également dissimulés dans les niveaux, les trophées sont au nombre de 15 et permettent de débloquer une salle bonus dont je vous laisse le plaisir de découvrir. Certains trophées sont assez faciles à obtenir tandis que d’autres se sont cachés astucieusement dans des recoins inconnus des niveaux (qui se dévoile grâce au cartomatic). Enfin, les plus courageux pourront essayer de réussir les objectifs des points de compétence. Pour les obtenir, il faudra déchiffrer la phrase qui sert d’indication. « Fini les singeries », « Pas de pot, Dan » ou « Rends-toi à la ceinture »; toutes ces phrases ont un sens implicite qu’il faudra découvrir. Trouver les points de compétences permet d’obtenir des cheats codes plutôt funs.
Au final, R&C 3 propose une durée de vie solo inférieur au précédent épisode. Il faudra pour les moins expérimentés entre 10 et 15 heures de jeu pour finir ce troisième opus. Les habitués de la série plieront l’aventure principale en moins de 10 heures. Cependant, finir l’aventure ne signifie pas avoir fini totalement le jeu puisque vous pourrez par la suite, recommencer en mode défi. C’est ici que vous pourrez upgrader les armes au maximum de leurs capacités et obtenir l’arme ultime du jeu.
Mode Multijoueur Offline et Online
Mini Révolution dans la série, le mode multijoueur permet de partager le plaisir du shoot et de l’action intense entre amis ou via Internet. R&C3 propose un mode multi à écran splitté jusqu’à 4 joueurs sur 3 modes de jeux différents : Deathmatch, Capture le drapeau et un mode Siège, plus original. Bref, R&C3 fait dans le classique et dans le déjà-vu. Mais, le mode écran splitté est décevant. Il faut posséder une grande télévision pour profiter pleinement du fun d’un Deathmatch à 4. De plus, les combats à 3 ou à 4 provoquent fatalement de sérieux ralentissements. Enfin, on regrettera l’absence de bots dans les modes CTF et Deathmatch qui aurait pu épauler les joueurs. Cet oubli accentue le vide de certains niveaux mal adaptés au Deathmatch comme les Iles Bakisi, l’Avant-Poste X12 ou le champ de bataille de Metropolis. Il est également impossible de jouer seul face à des bots comme le permettait Conker ou Perfect Dark sur N64. Bref, ce mode multi offline a un potentiel indéniable mais il révèle à l‘usage inadapté et lassant.
En outre, R&C3 propose un mode en ligne qui fait fureur. Depuis novembre, de nombreux clans se sont crées et une centaine de joueurs se réunissent chaque soir, pour s’affronter. Les modes Siège, Deathmatch et CTF sont jouables en ligne jusqu’à 8 joueurs simultanés. Bref, R&C se transforme vite en jeu de shoot frénétique. Une sorte de Unreal Tournament mâtiné de SOCOM dans un univers cartoon. La connexion a été facilitée pour permettre aux plus jeunes d’accéder aux fonctions en ligne. Lorsque vous vous connectez, vous rejoignez un lobby où vous aurez accès à votre liste d’amis, aux statistiques et accédez au partie en cours. R&C 3 mise sur un système de clan très efficace qui permet de valoriser l’aspect coopération des parties en ligne. De plus, on retrouve dans le lobby un classement des meilleurs clans ainsi qu’un classement des meilleurs joueurs. Certes, il faut avouer que le jeu en ligne reste très classique, mais au final, il se révèle incontournable tant il est vrai que les modes se révèlent fun et intense.
Source: www.play-attitude.com
Respectant la charte graphique des deux premiers épisodes, Ratchet & Clank 3 améliore certains éléments comme les effets d’eau ou les effets de particules lors des explosions. Le design général est très réussi. Bref, du tout bon !
R&C3 propose un confort de jeu appréciable, notamment grâce à son système de caméra. Les puristes de la plate-forme lui reprocheront son orientation action à outrance. Au contraire, les amateurs de shoot seront comblés par la vingtaine d’armes inédites.
Les musiques accompagnent l’action même si, au final, elles sont trop discrètes. Les voix sont entièrement doublées et le résultat est mitigé. Les doublages des personnages principaux sont très réussis tandis que les rôles secondaires sont vraiment trop caricaturaux
L’intrigue principale propose une aventure oscillant entre les 10 et 15 heures de jeu. Pour atteindre le 100% en solo, il vous faudra entre 15 et 25 heures. Certains pourront exercer leur talent sur le mode Online.
Ceux qui ont adoré les deux premiers opus peuvent acheter sans problème. Malgré tout, il est dommage de voir que la série n'a pas franchement évolué depuis le premier épisode.









