Silent Hill 4 : The Room
The Room
Après un 3ème épisode qui faisait suite au premier (comme quoi la série est vraiment particulière), on pouvait facilement penser qu'un nouvel opus verrait jour étant donné le succès des épisodes précédents. Ceux qui s'attendaient déjà à une suite du génial Silent Hill 2 ou un point final à une possible trilogie ont été surpris de voir annoncé un Silent Hill 4....The Room. En effet, la Silent Team n'avait pas l'habitude de donner de sous titre a ces jeux (si l'on fait exception de Restless Dreams et Inner Fears pour différencier le scénario bonus de la version director's cut du 2), connaissant l'esprit tourmenté des créateurs du jeu, son producteur-compositeur Akira Yamaoka en tête, on pouvait être sur que cela cachait quelque chose.
En effet, cet épisode marque un changement par rapport aux volets précédents. La première surprise est de taille puisque le jeu ne se déroule pas à Silent Hill. Henry Townshend, un jeune homme a emménagé depuis 2 ans dans l'appartement 302 d'un immeuble résidentiel de la ville de Ashfield proche de Silent Hill, tout se passait bien jusqu'à il y a quelques jours ou il a commencé a avoir cet étrange rêve récurrent, mais il est surtout depuis ce moment mystérieusement enfermé dans son appartement.
Plus étrange encore, un mystérieux trou apparu dans la salle de bain qui mène a des mondes étranges mai qui ramène inéluctablement dans l'appartement 302 qui est le point central du jeu.
Faisant la part belle à l'étrange, la claustrophobie et même au voyeurisme je préfère ne pas trop dévoiler l'histoire de ces modes mystérieux et de ces meurtres énigmatiques pour laisser le plaisir de la découverte.
Brand New Fear
« une peur flambant neuve », le nom du mode de jeu une fois une partie terminée, et aussi l'objectif de la Silent team avec ce quatrième opus, garder le fond de commerce du jeu : une ambiance glauque, mais dans un nouvel emballage. Neuf, le jeu l'est à l'évidence, les graphismes son très fins, les textures réalistes, la modélisation des visages exceptionnelle. Même si l'animation n'est pas toujours parfaitement fluide (on note un effet de vague assez ironique dans la mesure où Konami signifie petite vague en japonais) sur ce point la The Room fait honneur a la Playstation 2. On en vient même a regretter une certaine faiblesse dans le nombre de cinématiques utilisant le moteur du jeu, de même que le traitement de l'histoire ou les personnages sont moins développés qu'à l'accoutumée. On ne sait pas grand chose sur Henry Townshend, censé favoriser l'identification au personnage, on est surtout déstabilisé car manquant de points de repères.
Gardant certains éléments de base de l'image d'un Silent Hill comme le coté « sale », le grain spécial de l'image, The Room en met d'autres de coté : plus de lampe torche, beaucoup moins de brume, la radio remplacée par des maux de têtes et interférences à l'image et incorpore d'autres tirés des films d'horreurs du moments comme les spectres sortant des murs dont l'apparition est toujours source de grand frisson du fait aussi de leur immortalité. Ajouté au fait de ne plus être dans la ville de Silent Hill elle même on s'aperçoit que cet épisode fait fi d'un nombre importants d'éléments centraux de l'identité de celle-ci. Pendant une partie du jeu vous aurez de la compagnie, mais il est difficile de parler de cet élément sans spoiler donc je dirais juste que comme le jeu en somme cet aspect n'est pas parfaitement exploité même si il est intéressant.
Élément prépondérant de la série, l'ambiance sonore est comme d'habitude un des gros points fort du jeu. Akira Yamaoka passé producteur du jeu n'a pas baclé cet aspect, les mélodies léchées alternent avec les bruitages apparemment cacophoniques, la bande originale du jeu a une même une sonorité plus Pop, presque plus album que musique de jeu. Les voix sont vraiment réussies et collent très bien au jeu des acteurs.
Évolution, révolution ou régression ?
Le gameplay lui aussi a fait l'objet d'importants changements; au lieu d'évoluer dans des lieux en continuité ou plus ou moins librement dans la ville, Silent Hill 4 est découpé en mondes, dans chaque monde plusieurs trous vous ramènent à votre appartement ou vous jouez à la première personne et ou se trouve le seul point de sauvegarde du jeu. Au début de l'aventure ce système aparait vraiment ingénieux puisque ce système de « portails » colle parfaitement avec l'ambiance du début du jeu entre rêve et réalité. Rapidement cependant le système devient un peu répétitif, a la fin du monde vous revenez dans votre appartement ce qui permet de sauvegarder, mais le jeu gère maintenant un système d'inventaire limité à 10 emplacements quelque soit la taille de l'objet qui fonctionne avec un coffre à la Resident Evil, bien sur ce coffre se trouve dans votre appartement ce qui au moins enlève le coté « téléportation » du survial de Capcom, mais la ou cela peut devenir énervant c'est d'être obligé de revenir dans par le trou juste pour faire le ménage sans son inventaire étant donné le nombre d'objets à ramasser. Il faut donc penser à gérer son inventaire et ne prendre que les strict minimum avant de partir dans un nouveau mode. Parfois vous devez revenir dans votre appartement pour déclencher un événement ou lire des notes.
En effet lors de vos retours chez vous vous pourrez être amené a lire de mystérieuses notes sous la porte, regarder la vie qui paraît si normale dehors, ou encore tenter de voir ce qui se passe de l'autre coté de votre porte ou de votre mur. Ces quelques idées sont bien trouvées et approfondissent l'ambiance mais lassent aussi un peu sur la longueur. Autre surprise dans votre appartement vous pourrez être le témoin de phénomène bizarre contre lesquels il faudra lutter pour ne pas que votre petit chez vous devienne hanté, c'est la touche ghostbusters du jeu, ces évènements sont plus ou moins violents selon le nombre de vos retours et votre dédication a la tache de femme de ménage-exorciseur. Bonne idée pour l'ambiance mais moins puissante que les réalités altérés des épisodes précédents.
Autre changement notable dans la maniabilité, le personnage se dirige plus aisément et d'une façon plus fluide qu'à l'accoutumée dans la série, pas encore parfait mais bien plus abordable pour les néophytes, même si personnellement en tant que fan de la première heure je trouve que cela enlève un peu du charme et de l'identité du jeu. De même les combats sont plus dynamiques, axés sur le corps à corps plus que sur les armes à feu, il est possible d'esquiver, d'enchaîner plusieurs coups et même de charger ceux-ci pour exécuter un super coup, on regrettera le système de lock et un style toujours relativement bourrin. Le bestiaire comporte des monstres toujours aussi inquiétants, bien plus rapides mais au design un peu moins génial que précédemment je trouve. Une jauge est représente la force de vos coups à coté de la jauge de vie; heureusement celles-ci, de même que l'inventaire ne s'affichent que lorsque l'on en a besoin et ne nuisent pas à l'ambiance, mais au contraire permettent d'éviter des allers-retours dans les menu. En revanche ces allers-retours sont bien plus présent dans la progression de l'histoire et la construction des niveaux, ce qui rallonge artificiellement la durée de vie du titre atteignant pourtant a peine la dizaine d'heures ou l'on remarque l'absence relative des énigmes. Le jeu peut se recommencer pour découvrir des fins différentes (même si dans l'absolu on peut les voir sans refaire tout le jeu) et aussi pour débloquer quelques bonus dont certains qui valent le coup d'oeil.
Difficile de donner un avis objectif sur un tel jeu, on a pu lire des avis assez sévères sur le jeu et d'autres carrément dithyrambiques, mais au final malgrè ce ton assez critique, Silent Hill 4 : The Room est un très bon survival-horror. L'ambiance même si elle est un peu en deça (et aussi un peu différente de ce que les trailers laissaient imaginer) n'en est pas moins très réussie le gameplay même si il n'est pas parfait reste plaisant à jouer. Le scénario lié de façon discrète aux épisodes précédents est abordable par les nouveaux arrivant dans la série; que bien qu'inférieur à celui du 1 et du 2 il recèle d'une complexité et d'un véritable intérêt. Ce dont souffre le plus le jeu c'est en fait son lourd héritage; Silent Hill 1 et 2 figurent au panthéon des jeux vidéo et la série très appréciée est à la fois ancienne et très codifiée. Silent Hill 4 tente de faire le grand pont entre rénover la série sans la bouleverser et continuer de surfer sur la vague de succès. De ce point de vue le jeu ne remplit pas son objectif, il y a de bonnes idées mais pas parfaitement exploitées, le jeu aurait pu et aurait du être meilleur, pour cela il aurait mérité plus de développement et de réflexion. Ni révolution ni même évolution, Silent Hill 4 apparait plus comme un essai, suffisant pour un bon jeu qui mérite d'être fait, un peu décevant pour un titre portant une si prestigieuse étiquette.
Source: www.play-attitude.com
Le jeu se parre de beaux atours, la réalisation est de haute qualité, surtout les visages, l'ambiance réussie mais puise son inspiration de diverses sources (films, jeux) en mettant un peu de coté l'esprit originel. On note aussi quelques effets de vague lors de certains passages.
Une maniabilité plus accessible mais pas toujours très fine avec des déplacements encore un peu lourd et un système d'inventaire parfois un peu frustrant.
Un quasi sans faute que ce soit dans la musique, les bruitages ou les voix. Les Silent Hill ont toujours été connus par la qualité de leur ambiance sonore et ce quatrième opus respecte ce standard avec notamment une superbe bande originale bien que moins torturée qu'à l'accoutumée.
C'est le genre qui veut ça, mais le plus énervant ici c'est la répétitivité de la progression; refaire le jeu a des intérêts mais beaucoup voudront ils refaire ce qu'ils ont déjà fait et refait ?
Ceux qui ne connaissent pas le style risquent d'être surpris, mais le scénario est complexe et incite à la réflexion, ce qui est assez rare pour être souligné. Malgré ses qualités scénaristiques, l'intérêt du jeu patit un peu des imperfections du jeu.












