lifestyle gamer




WRC 4



Le pari était osé et, surtout, il n’était pas gagné d’avance. Grâce à deux épisodes révolutionnaires sortis sur PSOne, Colin McRae avait conquit le cœur des pilotes de salon. Difficile pour Evolution Studio, le développeur de WRC, d’attirer les fans avec des promesses comme un moteur physique ultra-réaliste ou un visuel accrocheur. Sony Computer Entertainment Europe a donc ouvert son porte-monnaie et a acquis, en 2001, la licence officielle FIA WRC permettant l’utilisation de tous les rallyes, voitures et pilotes du championnat. Un atout de poids pour une série à qui l’on a toujours reproché son manque de sensations. Cependant, WRC 4 tente de renouveler totalement l’expérience en proposant un nouveau moteur physique.

La séquence d’introduction donne le ton. Cet opus se veut spectaculaire, tout en restant dans l’esprit de ce sport. Dans les menus, des vidéos de course, du parc d’assistance et des pilotes passent en boucle. Les développeurs ont fait un véritable effort d’habillage pour rendre la navigation conviviale et différente de celle des titres concurrents.

Championnat WRC

Licence oblige, vous pourrez courir le véritable championnat FIA WRC afin de décrocher le titre convoité de champion du monde de rallye. Tout est semblable à la réalité. Le premier jour vous permet de faire des essais lors du Shakedown afin d’optimiser les réglages de votre véhicule. Puis, les trois suivants sont consacrés aux six spéciales que comporte l’épreuve. Sur ce point, WRC4 ne respecte pas les règles officielles puisqu’un rallye comporte entre quinze et vingt-cinq épreuves spéciales. En revanche, les règles du parc d’assistance sont bien respectées. Votre équipe a vingt minutes entre chaque spéciale pour réparer votre voiture. Dans un autre registre, lorsque vous êtes premier du classement général, vous partez en dernier et non premier, comme dans la réalité. On regrettera, également, l’absence de véritable gestion du temps puisque vous ne pouvez pas dépasser les vingt minutes alors que dans la réalité, certaines équipes n’hésitent pas à y passer plus de temps, quitte à écoper d’une pénalité. Malgré tout, avec ses quatre-vingt-seize spéciales, le championnat WRC offre une durée de vie appréciable. De plus, il sera possible par la suite de refaire ce championnat avec des S1600 et les voitures extrêmes.

Épreuves, Course Simple et Time Trial

Quelques nouveautés sont présentes dans le mode épreuve. Les Défis Pilotes Pro sont de mini-scénarii reprenant la vie d’un pilote de rallye qui commence sa carrière dans la catégorie Super 1600 et qui atteint le sommet de la discipline. Souvent très difficile, ces épreuves vous demanderont de finir un rallye alors que vous avez cassé votre moteur ou de réussir une série d’épreuve pour obtenir un baquet en WRC. On regrettera l’absence de scènes cinématiques qui auraient permis une immersion plus poussée dans le monde impitoyable du sport automobile. Malgré tout, réussir ces défis vous prendra du temps.
Dans ce mode, on retrouve des circuits d’essai avec, notamment, des exercices pour vous perfectionner. Ceux dédiés aux virages vous permettront d’apprendre les techniques de survirage ou le dégagement scandinave, très utile dans les courses sur terre. Dans les épreuves de vitesse, il faudra sans cesse attaquer afin de vaincre le chronomètre. Sans co-pilote, l’affaire s’annonce rude. Enfin, les exercices de maîtrise tentent de combiner vitesse et précision sur des pistes particulièrement sinueuses.

Le menu épreuve propose également le mode Défi Super-Spéciale et les Rallye Uniques. Dans le premier, vous enchaînez les super-spéciales au quatre coins du monde. Les super-spéciales sont des courses contre un adversaire sur une piste fermée. Mais à la différence des courses sur circuit, les deux adversaires ne sont pas sur la même piste. Très excitant à jouer, les super-spéciales prennent une dimension supplémentaire à deux en écran splitté! Les Rallyes Uniques, quant à eux, reprennent les étapes du championnat WRC. Encore un mode très agréable à tour de rôle jusqu’à 4. En solo, les Rallyes permettent de mémoriser les spéciales.
Enfin, on ne peut faire l’impasse sur le traditionnel Time Trial. Vous choisissez la voiture, le pilote et la spéciale. Et vous voilà directement dans le baquet d’une WRC à se battre contre la montre. Plus original, le mode Course Simple permet aux joueurs pressés d’apprécier le jeu. La console sélectionne aléatoirement un pilote, une voiture et une spéciale. Du fast-gaming en quelque sorte…

Mode online

WRC 3 devait accueillir un mode en ligne, malheureusement Evolution avait renoncé à le mettre en place à cause de soucis techniques. Mais, maintenant que le online a trouvé son public et surtout que les connexions sont beaucoup plus fiables qu’il y a un an, Évolution a les moyens de proposer le online avec WRC 4. Et on peut dire que le pari est réussi. Le serveur tient la route : pas de déconnexions abusives remarquées, et quasiment aucun lags. Le système permet de rejoindre une partie très rapidement. On retrouve un carnet d’adresses pour répertorier tous vos amis et vos adversaires. Lorsque vous jouez en ligne, vous concourrez jusqu’à 16 simultanément sur une même spéciale. Les ghosts de vos adversaires apparaissent à l’écran lorsque vous êtes en course ce qui permet de connaître à tout moment la progression de vos concurrents. Cependant, il va falloir vous accrocher. Les joueurs sur le serveur ne sont pas nombreux (une cinquantaine le week-end) mais le niveau est élevé. Bref, si vous êtes un très bon pilote de rallye et que vous avez accès au Central Station, WRC 4 est un excellent jeu en ligne.

Ce que l’on aurait aimé voir dans WRC 4

Il y a encore quelques oublis dans le jeu. Si on retrouve un système de Magasin-Bonus comme dans PES4, on regrette que les pilotes et les voitures qui ont fait l’histoire du rallye ne sont pas présents dans le jeu. On aurait aimé débloquer une Lancia Stratos ou une Audi Quattro. On note également l’absence d’éléments à personnaliser. Créer un pilote à son image grâce à l’EyeToy Cameo aurait été amusant. Pouvoir créer sa propre écurie avec ses propres sponsors et ses propres pièces mécaniques aurait été intéressant. Ou alors carrément, proposer un éditeur de circuit comme dans V-Rally 2 sur PSOne! Enfin, pourquoi ne pas avoir mis un mode carrière où il aurait fallu gérer son pilote sur plusieurs saisons comme dans V-Rally 3 ? Peut-être dans le prochain WRC 5.

Licence FIA WRC
Le gros argument du jeu reste tout de même la licence FIA RC. Elle permet d’avoir tous les pilotes, tous les véhicules et tous les rallyes de la saison 2004.
En ce qui concerne les écuries, les six constructeurs qui ont pris part au WRC 2004 sont présents. On retrouve la Citroën Xsara, championne du monde, de Sébastien Loeb et de Carlos Sainz, la Subaru Impreza de Petter Solberg et de Mikko Hirvonen, la Ford Focus de Markko Martin et de François Duval, la Peugeot 307 WRC de Marcus Gronholm et d’Harri Rovenpera. Ainsi que la Skoda Fabia de Toni Gardemister et Armin Schwarz et la Mitsubishi Lancer de Panizzi, Sola, Sohlberg et Galli. En plus des six WRC officielles, viennent s’ajouter six voitures extrêmes qui sont en quelque sorte les véhicules de la WRC redessinés et sur-boostés. Avec ces voitures, vous dépassez allégrement les 250 km/h sur piste. Ensuite, WRC 4 propose des véhicules de catégories N4 : Proton Perth, Subaru Impreza Sti et la Mitsubishi Lancer Evo 7. Ce sont des voitures beaucoup plus proches des véhicules de série et donc beaucoup moins puissantes que les WRC. Enfin, on retrouve des Super 1600 c’est à dire des tractions avants ayant une accélération lente mais une tenue de route aisée. La Suzuki Ignis, la Renault Clio, la Citroën C2, la Ford Fiesta ainsi que la Peugeot 206 font donc partie de cette catégorie. Cela porte le total de voitures a 20 véhicules jouables. A titre de comparaison, Richard Burns Rally en proposait huit et Colin McRae 2005 en propose trente-quatre!
Qui dit licence officielle dit rallyes officiels. WRC 4 propose donc les seize rallyes du calendrier 2004. En janvier, Monte Carlo accueille les pilotes dans les monts alpins pour des spéciales sur asphalte enneigé très techniques. En février, le rallye de Suède demeure le rallye préféré des pilotes avec son pilotage sur neige tout en dérapage. Puis, en mars, l’alternance gravier-terre du rallye du Mexique rend la conduite à la fois rapide et technique. Rallye mythique, la Nouvelle-Zélande ravira les pilotes rapides mais attentions aux intempéries. Viennent ensuite le Rallye de Chypre, le Rallye de l’Acropole et le Rallye de Turquie qui proposent de longues routes accidentées et sinueuses. Nouveau venue dans le calendrier, le Rallye d’Argentine, avec son parcours chaotiques et imprévisibles, rappelle certains passages du Rallye du Kenya. En plein mois d’août, les portions rapides du rallye de Finlande ne doivent pas faire oublier aux pilotes les virages en épingle à cheveux très techniques. Le Rallye d’Allemagne ne fait pas l’unanimité : l’asphalte lisse rend le rallye trop facile. Au contraire, le Japon est très difficile avec son temps pluvieux et ses pistes en gravier mouillé. A la mi-septembre, le Pays de Galles accueille le Rallye de Grande-Bretagne sous la pluie et dans la boue. Le Rallye d’Italie ne se déroule plus à San Remo mais en Sardaigne où le gravier est très rapide. En octobre, la Corse reçoit les pilotes lors du rallye des 10 000 virages sur de l’asphalte accidenté. Fin octobre, c’est au tour du Rallye de Catalogne d’accueillir les pilotes sur de l’asphalte rapide mais également très difficile à manœuvrer. Enfin, dernière étape de la saison, le Rallye d’Australie et ses spéciales sur terre mettra à rude épreuve les nerfs des pilotes. Seize rallyes authentiques mais on regrettera que les tracés des spéciales ne soient pas ceux de la réalité.

Gameplay: entre arcade et simulation

Si Richard Burns Rally revendiquait clairement son gameplay typé simulation et Colin McRae Rally 2005 a pris depuis quelques épisodes déjà la voie de l’arcade, WRC ne choisit pas son type de gameplay. Le jeu de Evolution se veut à la fois accessible mais profond. Les novices et les experts du genre se retrouvent donc sans problème dans le jeu.

Le novice appréciera le soin apporté à la prise en main. Cette dernière est quasi-immédiate: quelques virages suffisent pour apprendre les techniques de pilotage. Même si les premières spéciales sont laborieuses, après quelques jours de conduite, le néophyte pourra tenter de battre les temps scratch de la console. Si vous êtes débutant, commencez à jouer avec une boîte automatique, une sensibilité de direction moyenne, en n’utilisant pas les touches analogiques et en sélectionnant un co-pilote simple. Puis, il faudra perfectionner vos techniques dans les circuits d’essai. Enfin, essayez de mémoriser les tracés afin de pouvoir couper lors de certains virages qui réclament une bonne dose de technique. Bref, les novices peuvent facilement prendre du plaisir en jouant à ce WRC4.

Dans un bon jeu, c’est le gameplay qui s’adapte aux joueurs et non l’inverse. Ainsi, WRC 4 s’adresse également à un public de passionnés qui suit assidûment le WRC très tard le soir sur TF1 ou sur Eurosport. Mais au-delà de la licence, le fond du gameplay séduira sans aucun doute les fans du WRC. Avec un volant à retour de force, l’expérience de jeu prend une nouvelle dimension. Nous avons testé WRC 4 avec le volant Big Ben Speedster 3. Les sensations de conduite sont décuplées! Sachez qu’il est compatible avec tous les volants à retour de force : le Driving Force, le GT Force mais également le nouveau Driving Force Pro de Logitech. Pour les experts, il faudra maîtriser la boîte manuelle notamment celle de la 307 WRC qui ne comporte que 4 vitesses. Si vous avez battu tous les temps et remporté tous les championnats, il reste le monde online où les pilotes ont un très bon niveau. Evolution Studio a retravaillé les deux éléments de gameplay essentielles dans un jeu de course. Tout d’abord, WRC 4 a subit une légère refonte de son moteur physique. Les voitures sont beaucoup plus lourdes que dans le précédent opus. On ressent donc beaucoup plus l’inertie du véhicule lors des survirages. Cependant le moteur physique n’est pas exempt de défauts : lors des sauts et des tonneaux, la voiture a des comportements surréalistes. Dans WRC 3, la sensation de vitesse était inexistante. Problème résolu dans ce nouvel opus, même si la vitesse manque un peu en vue externe éloignée. On peut ajouter dans la liste des défauts l’inutilité du freinage pied gauche. Malgré tout, WRC 4 reste ce qu’il se fait de mieux en ce moment en matière de rallye.

Ambiances visuelle et sonore

WRC fait dans le spectaculaire. Les 20 voitures disponibles ont bénéficiés d’un travail soigné de l’équipe d’Evolution. Il suffit de comparer la Xsara WRC modélisée par Evolution et la vraie Xsara de Sébastien Loeb. Tout y est : sponsors, reflets… Même les pilotes et les co-pilotes ont été modélisés! De plus, WRC comporte seize rallyes et donc seize décors différents! Si certains lieux se ressemblent comme Chypre et la Grèce, le rallye de Suède, de Turquie, d’Argentine et de Grande-Bretagne sont magnifiques avec une recherche topographique. On tombe également sur quelques lieux pittoresques au Mexique ou en Sardaigne. On saluera également l’effort fait sur les différents effets comme les nuages de poussière ou les éclaboussures. Bref une réussite graphique sur de nombreux points!

Malgré tout, on sent que la PS2 est poussé à ses derniers retranchements. La profondeur de champ est trop souvent gâchée par le pop-up (affichage brutal des éléments dans le décor). Ainsi au loin, les arbres apparaissent au dernier moment ou même à quelques dizaines de mètres. L‘aliasing (ou scintillement de l’écran) se fait souvent sentir dans les décors. Les développeurs ne maîtrisent toujours pas l’anti-aliasing de la PS2. On regrettera enfin les chutes de frame-rate lors des face-à-face 2 joueurs. Souvent, l’animation passe en dessous des trente images/secondes.

Enfin, il faut saluer l’énorme travail apporté à l’ambiance sonore. Les supporters mettent de la vie dans les rallyes. Cornes de brumes, cris et chants rendent les courses moins monotones. Par contre, les bruits de moteur sont moins réalistes surtout en vue externe. Le co-pilotage est un modèle de précision. En avancé, les instructions sont très utiles et avec l’habitude, les flèches deviennent superflus. Avec de l’entraînement, on peut réussir à jouer à l’oreille. Enfin, pour les fans de rock alternatif, sachez que ce sont les Cooper Temple Clause qui se sont occupés des musiques du jeu. Un petit plus qui vient compléter une bande-son quasi-parfaite.

Source: www.play-attitude.com

Graphics
WRC 4 atteint les limites de la Playstation 2 et nous offre un moteur graphique exceptionnel malgré le clipping et l’aliasing.
Gameplay
On approche la perfection. Les novices et les experts trouveront facilement leurs marques.
Sound
Une véritable réussite: des spectateurs présents, un co-pilote utile et des musiques dans le ton. Dommage que le bruit des moteurs n’ait pas bénéficié du même traitement.
Longevity
Un championnat assez long, des défis, le mode online et une boutique de bonus… Mais pas de mode carrière.
Lasting appeal
WRC 4 est le seul jeu officiel du championnat du monde des rallyes. Les fans retrouvent donc tous les véhicules et étapes de la saison 2004.
Ca y est! La Playstation 2 tient son jeu de rallye de référence. A la fois accessible et technique, WRC 4 ravira les fans de Sébastien Loeb et de sa Xsara WRC. Avec un moteur physique réaliste, une sensation de vitesse améliorée et un comportement des voitures travaillé, prendre en main WRC 4 est un plaisir. Le moteur graphique pousse la console de Sony dans ses derniers retranchements et le mode online est une véritable innovation. Certes, quelques défauts subsistent mais WRC 4 mérite son statut de meilleur jeu de rallye toutes consoles confondues.


Game details

Publisher : Sony Computer Entertainment
Developer : Evolution Studios
Genre : Course
Release date : 27 Ottobre 2004