Perfect Dark Zero
Retour vers le futur
Afin de débuter ce test dans de bonnes conditions et permettre à tous de partir sur les mêmes bases, un bref retour en arrière s’impose.
Nous sommes en 2000, les studios Rare, aujourd’hui tombés dans l’escarcelle de Microsoft pour le plus grand bonheur des gamers Xbox, sévissaient sur Nintendo 64 et nous pondaient hit sur hit tel la poule aux œufs d’or. Des titres passés à la postérité comme Conker Bad Fur Day, Killer Instinct, Banjo & Kazooie ou Perfect Dark.
Car oui, avant de devenir le fer de lance de la Trisixty, Joanna Dark envoûtait déjà les joueurs Nintendo.
Dans l’épisode qui nous intéresse aujourd’hui, nous allons pouvoir retrouver la belle dans une aventure se situant chronologiquement parlant avant l’opus de 2000.
Tout commence alors que vous secondez votre père lors d’une mission visant à récupérer un célèbre scientifique kidnappé par Datadyne, une grande multinationale du crime.
Rapidement l’opération va tourner court et vous allez être entraînée, de mission en mission, dans un scénario qui certes vous réservera bien des surprises au gré de ses multiples rebondissements, mais qu’on aurait souhaité plus palpitant. On déplorera par exemple les briefings un peu ternes qui ne contribuent pas beaucoup à nous plonger dans l’ambiance, tout comme les cut scenes entâchées par un doublage français pas toujours très bon, voire souvent médiocre ; chose étonnante lorsqu’on sait que Kameo, l’autre jeu de Rare pour le lancement, bénéficie lui d’un doublage irréprochable.
Les lois de la physique
Graphiquement en tout cas, ce Perfect Dark arrache sérieusement la rétine et on peut saluer le travail des développeurs qui ont su faire des progrès considérables par rapport à ce qui nous avait été montré lors du dernier E3.
Le bump mapping est omniprésent, offrant à nos yeux ébahis de somptueuses textures, la distance d’affichage est tout bonnement phénoménale ; l’exemple frappant étant le fameux niveau des toits. Le moteur physique est aussi ahurissant puisque pratiquement chaque objet du décor possède sa propre physique. Que vous tiriez dans un amas de barils explosifs, que vous fracassiez des caisses à coups de crosse, que vous fassiez feu sur un panneau lumineux, un pneu de voiture, une caméra vidéo et même les casques et gilets pare-balles de vos ennemis, chacune des actions résultantes se fera de manière réaliste, suivant les lois de la physique.
Il en va de même pour les ennemis animés par l’effet ragdoll lorsque vous les abattez, à l’exagération même souvent, ce qui a pour effet de renforcer l’aspect hollywoodien et de ponctuer la progression d’une subtile note d’humour ; humour que l’on constate également dans les nombreuses répliques des soldats adverses.
Sachez aussi que vos adversaires possèderont de nombreux points d’impacts différents pour une localisation des dommages vous offrant le plaisir de les voir se contorsionner de douleur en se tenant la jambe ou de leur tirer dans les fesses, ce qui à ma connaissance constitue une grande première dans le monde du jeu vidéo (le tir dans les fesses, pas la localisation des dommages).
Au titre de la localisation des dommages d’ailleurs, il faut savoir que seul le headshot fera tomber l’adversaire d’une seule balle. Visez la jambe et vous allez devoir en gaspiller des munitions pour l’abattre.
Sortez couverts
Au niveau du gameplay, Perfect Dark Zero se démarque des autres FPS par l’ajout de deux fonctions originales que sont les roulades au sol et le système de couverture.
Les roulades se font d’une simple pression sur le bouton de tranche gauche (l’occasion pour moi de parler de l’exemplaire maniabilité du nouveau pad Xbox 360) et permet en indiquant une direction à l’aide du stick de rouler bouler dans la direction désirée afin d’éviter les tirs ennemis ou de passer au dessus des alarmes lasers ; une option qui peut paraître gadget de prime abord mais qui s’avère au final diablement efficace contre des adversaires à forte puissance de feu.
La seconde possibilité offerte par le gameplay est le système de couverture.
D’une simple pression du bouton A, Joanna se plaque contre un mur, muret, caisse, etc. afin de pouvoir, d’une part, jeter un œil avant de s’engager à un embranchement mais surtout de tirer sur ses ennemis tout en restant protégée des balles adverses. La vue passe alors à la troisième personne, l’occasion pour nous d’admirer la plastique parfaite de l’héroïne.
Cette faculté qu’offre le jeu est un vrai régal pour le joueur et devient très vite indispensable si l’on veut progresser dans les niveaux, surtout que nombre des missions font dans l’infiltration où la discrétion doit rester votre priorité sous peine de voir débarquer tout un escadron de soldats ennemis qui auront à cœur de vous faire chuter votre jauge de vie ; jauge qui à l’instar d’Halo se remplira automatiquement lorsque vous n’encaisserez aucune balle pendant un certain laps de temps.
Ces deux possibilités qui nous sont offertes par le gameplay de PDZ permettent de rafraîchir un peu un genre extrêmement représenté sur l’ancienne console de Microsoft, qui peine à sortir des sentiers battus. Le FPS de Rare devient d’autant plus plaisant à jouer, surtout qu’il propose en sus un arsenal conséquent et original aux joueurs, que ça soit le pistolet à balles rebondissantes, celui qui brouille la vision de votre cible et bien d’autres que je vous laisse découvrir par vous-même. Au total c’est plus d’une trentaine d’armes et gadgets différents, possédant pour la plupart des tirs secondaires dont beaucoup n’ont encore jamais été vu dans tout autre FPS.
Malheureusement tout n’est pas rose dans le monde de Joanna Dark, et le jeu phare du géant américaine pour ce lancement se voit entaché de pas mal de petits défauts et surtout d’un gros, qui viennent un peu ternir la qualité du titre.
En effet, comme on avait pu le constater dans les différentes démos jouables, l’I.A. est à la rue. Autant vos adversaires auront parfois des réactions remarquables, n’hésitant pas à donner l’alerte pour appeler du renfort ou à venir vous déloger de votre planque, autant très souvent ils se comporteront de façon pitoyable.
C’est assez rageant de voir ce genre de comportement sur une console dite de Nouvelle Génération, surtout pour un titre aussi ambitieux, mais toujours est-il que malgré ça je n’ai pu m’empêcher de prendre un plaisir incommensurable à évoluer dans ce jeu.
Autre bémol de ce FPS : l’utilisation de véhicules demeure malheureusement bien trop anecdotique puisque s’il vous sera possible de piloter un hovercraft, répondant d’ailleurs merveilleusement bien à vos sollicitations, cette opportunité interviendra bien tardivement (environ à la moitié du scénario) et sera surtout le seul engin pilotable. Un constat un peu maigre donc qui, s’il ne gênera pas plus que ça dans la campagne solo, risque bien d’handicaper considérablement le multijoueurs.
Future référence du Xbox Live ?
Ces modes multijoueurs justement devront pourtant grandement participer au succès de Perfect Dark tant ils sont variés et prenant.
Le mode coop déjà vous permettra de jouer ou rejouer les missions, bien souvent selon deux points de vue différents. Par exemple le niveau des toits fera incarner Joanna à l’un des deux joueurs qui évoluera donc sur les toits et le second prendra les traits du père et se déplacera au sol. Ce système apporte énormément à ce mode et devrait, du moins on l’espère, faire des émules auprès des développeurs de studios concurrents.
Enfin le Xbox Live risque bien de tourner à plein régime avec ce titre de Rare proposant des modes assez classiques s’articulant autour du Death Match tel que Capture de Drapeau, Territoire, Deathmatch, TeamDeathmatch, etc., le tout paramétrable à souhaits (nombre de joueurs, types d’armes, ajout de bot ou non, ...) et pouvant accueillir jusqu’à 32 joueurs simultanément. De plus, option vraiment intéressante : La taille des maps s’automatise en fonction du nombre de joueurs. De ce fait vous pourrez jouer sur n’importe quelle carte sans avoir à galérer pour trouver vos ennemis lorsque vous jouez à 4 sur une map pouvant accueillir 32 personnes.
Puis il y a le DarkOps qui à l’instar de Counter Strike apportera son lot de stratégie puisque vous pourrez acheter des armes en fonctions des crédits remportés, sachant que shooter un adversaire augmentera votre capital et tirer sur un coéquipier le fera descendre.
Les différents modes du Dark Ops seront l’éradication où le but sera d’éliminer tous les joueurs de l’équipe adverses, Impact où l’une des deux équipes sera désignée pour défendre un lieu et l’autre pour l’attaquer, Infection qui se joue en chacun pour soit où chaque joueur tué revient dans la partie en étant infecté d’un virus qu’il doit transmettre aux autres et enfin Sabotage où une équipe tentera de détruire des installations et l’autre l’en empêchera.
Bref vous l’aurez compris, avec ses nombreux modes de jeu, sa liberté de paramétrage et la possibilité de jouer jusqu’à 32, voire même d’ajouter des bots risque bien de faire connaître la gloire à ce Perfect Dark Zero qui a peut être bien tous les atouts pour reprendre le flambeau au MasterChief.
Source: www.xbox-attitude.com
Des graphismes somptueux associés à des animations très réussies et un moteur physique incroyable, ce Perfect Dark Zero nous en met plein la vue et nous rassure sur le potentiel de la 360. Quelques bugs de ci de là traduise la sortie en catastrophe mais rien d'handicapant.
La jouabilité en elle-même est sans faille grâce à l’apport indéniable des roulades, de la possibilité de se mettre à couvert et à un arsenal extrêmement riche et varié. Cependant le manque cruel de véhicules et surtout l’intelligence artificielle qui sombre un peu par moment vient ternir le tableau.
Musiques et bruitages excellents mais des voix françaises parfois médiocres assez étonnamment d’ailleurs de la part d’un titre ayant de telles ambitions. L’ambiance sonore par contre est très immersive avec des ennemis qui parlent, commentent vos actions, parfois même avec humour, etc.
Un mode solo découpé en une douzaine de missions qui devraient vous donner du fil à retordre, un mode coop novateur et très bien pensé ainsi que de nombreux modes online jusqu’à 32 joueurs qui devraient, selon moi, installer ce Perfect Dark en tête des jeux les plus joués sur le Xbox Live.
Avec Perfect Dark Zero, Rare nous pond un FPS original et accrocheur, mêlant habilement l’action et l’infiltration et servi par un gameplay aux petits oignons et des armes jusque là jamais vu auparavant. Le scénario aurait pu être meilleur mais s’en sort plus qu’honorablement tout de même, d’autant plus qu’il est tout de même très agréable d’en apprendre un peu plus sur la belle Joanna dans cette aventure se situant chronologiquement parlant avant l’épisode Nintendo 64.






















