The Darkness
Bienvenue dans la famille
Dans The Darkness, vous incarnez Jackie Estacado, un jeune orphelin de 21 ans recueilli par le passé par son oncle, le Don Paulie Franchetti. Véritable ordure, Paulie vous a tendu un piège et tente de vous éliminer pour une raison qui vous échappe. En effet, tout commence sur la banquette arrière d’une voiture. Vous vous réveillez après avoir été assommé au cours d’un deal. Vous étiez censé récupérer un paquet de fric pour le compte de votre oncle, mais le fric s’est envolé et vous voilà avec une bonne migraine. Très vite, vous comprenez qu’il n’y a jamais eu d’argent et que tout cela n’est qu’un prétexte à votre élimination.Paulie voit en vous quelqu’un susceptible de prendre sa place, et pour éviter tout conflit de succession, il préfère vous écarter définitivement du trône.
Faut dire qu’avec ses méthodes barbares, Paulie ne fait pas l’unanimité dans la « famille ». Violent, cruel et sans scrupules, il torture et massacre de nombreux innocents et bafoue l’honneur familial en appuyant son business sur la vente de drogues. Echappant de peu à la mort, vous vous retrouvez pourchassé à travers toute la ville par les hommes de main à la solde de Paulie, mais très vite, vous allez vous trouver un nouvel allié. Un allié qui sommeillait en vous et dont vous n’auriez jamais pu imaginer l’existence auparavant : Le Darkness ! Dévoilant une cruauté insatiable et un goût prononcé pour le cœur sanguinolent, le Darkness vous offre un pouvoir sans limite et vous permet de faire face à Paulie et sa bande. Mais est-il réellement votre allié ? Tant de puissance offerte nécessite forcément une contre-partie. Plongé au cœur d’une vendetta personnelle, seule votre douce Jenny semble en mesure de calmer vos ardeurs. Entre romance, horreur et règlements de compte, The Darkness vous immerge dans une aventure unique et palpitante aux multiples rebondissements. Le jeu se pare d’une force narrative sans commune mesure avec ce qui se fait habituellement et fait la nique au cinéma en proposant l’une des meilleures trames scénaristiques vu jusqu’alors.
De bruit et de fureur
La grande force du jeu, c’est sans aucun doute son scénario. D’autant plus servi comme il l’est par une distribution de choix, composée d’acteurs absolument remarquables et parfaitement dans leurs rôles. En version originale sous-titrées, les nombreuses lignes de dialogues viennent renforcer l’immersion dans ce monde mafieux et crasseux, et par moment, même les mimiques gestuelles de Jackie nous rappellent quelques monstres du genre ; Robert de Niro et Al Pacino en tête.
D’ailleurs, plus que les dialogues, c’est toute la partie sonore qui est absolument remarquable. Les compositions musicales sont à tomber, notamment lorsque l’action devient soutenue, et la douce musique que crache vos pétoires rythme magistralement vos faits et gestes. Je ne vous parle même pas du bruit très caractéristique que font les mâchoires du Darkness lorsqu’elles se referment sur le cœur encore chaud de votre adversaire, et n’évoque pas plus les hurlements insoutenables de vos ennemis apeurés par votre voracité carnassière. Un jeu comme ça, mérite à lui seul l’acquisition d’un système audio de qualité, qu’on n’hésitera pas à mettre à fond histoire de terroriser le voisinage et de couvrir les « C’mon baby, shake your booty » du R’nB vomitif que votre voisine de 15 ans écoute en boucle.
As de la gâchette
Bien sûr, la plus grande singularité de The Darkness, c’est l’utilisation des pouvoirs de celui-ci. Sachez d’abord, que malgré ses allures de grand cœur au look gothique, Jackie n’a rien d’un enfant de chœur. Ramassé par son oncle à l’orphelinat Ste Marie pour effectuer les basses besognes, notre héros est devenu un tueur professionnel et exécute froidement, sans rechigner, les contrats que lui confiaient Paulie. Mais Jackie possède cette morale chère aux anciens qui leur interdit d’asservir les honnêtes gens et de les pousser vers la déchéance. C’est d’ailleurs ce qui va déclencher les hostilités de Paulie. Dès lors, c’est un redoutable connaisseur en armes à feu dans la peau duquel nous nous retrouvons plongés. Cette aisance avec les armes, le joueur la ressent dans le maniement de celles-ci à l’écran. Loin des clichés du FPS où le héros tient constamment son arme droite, figée devant lui, ici Jackie joue régulièrement avec et leur orientation dépend intégralement de l’environnement. Ainsi, caché à l’extrémité d’un mur, armé de deux pistolets dans chaque main, vous pourrez observer Jackie lever la première, obstruée par le mur, et viser avec la seconde. Mieux, les animations amenant ses diverses positions de l’arme en main, sont d’une fluidité impeccable et servent d’avantage l’immersion dans le jeu. Malheureusement, il faut bien avouer que tout n’est pas parfait et que quelques bugs de collisions viennent parfois atténuer notre enthousiasme. Cependant rassurez-vous, cela reste tout à fait acceptable et ne gâche en rien le plaisir de jeu.
Bref, Jackie est à l’aise avec les armes à feu et c’est tant mieux, car des armes, vous allez en trouver un bon paquet. Du simple revolver au fusil d’assaut des forces spéciales, vous pourrez utiliser un bon nombre de flingues différents. Curieusement, si l’efficacité du M-16 ou de la Kalashnikov reste avérée, on se surprendra pourtant à préférer les deux revolvers, ou mieux, les deux Uzis dans chaque main ; le plus étrange restant l’indifférence totale que l’on ressent vis-à-vis du fusil à pompe. Mais le must, cela reste avant tous les différents pouvoirs du Darkness.
Le coté obscur de la force
Ces pouvoirs sont au nombre de quatre : L’Ombre rampante, le bras du démon, les pistolets du Darkness et le trou noir. Au départ, seule la première est accessible (et encore, après quelques minutes de jeu). Sans doute le plus gore et le plus réussi techniquement, ce pouvoir vous permet d’incarner l’une des tentacules du Darkness (Un cousin germain de la murène à vue de nez), capable de ramper aux sols, murs, plafonds et de se faufiler dans les moindres recoins, jusqu’à atteindre votre adversaire pour lui arracher la moitié du visage d’un coup de crocs bien placé. Mais attention, ces différentes capacités pompent énormément d’énergie au Darkness, et celui-ci se retrouvera bien vite à cours si vous en usez trop en pleine lumière. Effectivement, comme son nom l’indique, le Darkness puise sa force dans les ténèbres, aspirant littéralement l’obscurité pour alimenter ses pouvoirs. Dès lors, il faudra constamment évoluer dans les zones d’ombre (ou les créer soit même en détruisant les sources de lumière) pour pouvoir user de sa puissance sans modération. Vu la relative facilité à créer ses zones d’obscurité et l’efficacité jouissive de ces pouvoirs, inutile de préciser que l’utilisation des armes plus conventionnelles, s’en verra très largement réduite. Est-ce dramatique ? Rien n’est moins sûr !
L’autre particularité que vous offre cette entité vivant en vous, c’est la possibilité d’invoquer des Darklings. Les darklings sont de petites créatures bipèdes au goût prononcé pour la mode vestimentaire et le massacre à la chaîne. Tout comme les pouvoirs du Darkness, les Darklings se distinguent par quatre « spécialités ». Le premier, le massacreur, est le darkling de base, cruel et sanguinaire, il foncera sur vos adversaires pour les massacrer à la main ou scier leur tête à la base du cou. Le second, le mitrailleur, est armé d’une mitrailleuse type mini-gun et arrose tout ce qui bouge. Le troisième, le kamikaze, est équipé de TNT et se fera un plaisir d’exploser au contact de vos ennemis pour nettoyer un secteur à risque. Enfin le quatrième, le tueur de lumière, manie l’électricité et pourra éteindre pour vous les sources de lumière ou électrocuter vos ennemis. Ces darklings sont invocables uniquement à partir des différents puits clairsemés dans les niveaux, et meurent lorsqu’ils sont trop exposés à la lumière.
Nul n’est parfait
Outre la redoutable efficacité de ces pouvoirs, l’intérêt est également graphique. Que ça soit l’ombre rampante, le trou noir ou même le bras du démon, les effets spéciaux sont du plus bel effet. D’ailleurs l’ensemble du jeu est, de manière générale, plutôt agréable à l’œil. Les personnages sont magistralement modélisés, les environnements sont soignés et détaillés, laissant transparaître la saleté jusqu’en dehors de l’écran. Graphiquement, the darkness porte la marque de Starbreeze et rappelle bien souvent les Chroniques de Riddick, avec peut-être un petit coté inspiré de l’ambiance claustrophobique de Condemned : Criminal Origins. Cependant, la réalisation technique n’est pas non plus exempte de reproche. Tout d’abord le framerate chute par moment, saccadant l’action à notre grand désarroi. Ensuite, quelques bugs viennent parfois atténuer notre bonne humeur (j’ai même du relancer la partie pour avoir été bloqué par un bout de planche cassée) et, pour un jeu jouant sur l’obscurité, l’ombre de Jackie est vraiment très curieuse (D’ailleurs c’était aussi un défaut de Condemned, autre jeu obscur).
Enfin, pendant qu’on est à énumérer les défauts, on regrettera amèrement l’absence d’une mini-map pour nous guider dans l’aventure. Les environnements étant ouverts, on se retrouve bien souvent à ne pas trop savoir quoi faire et où aller, surtout que les briefings de missions ne sont pas toujours très explicites. Pour exemple, il m’est arrivé de tourner en rond pendant vingt bonnes minutes parce que je n’étais pas allé dans la toute petite impasse à l’autre bout du quartier qui déclenchait l’arrivée d’une énième patrouille de police à éliminer.
On pointera également du doigt une Intelligence Artificielle qui oscille régulièrement entre l’acceptable et le pitoyable, mais au final on n’y prêtera pas plus d’attention que ça, les combats étant juste des prétextes à assouvir une soif de sang incommensurable.
Pour finir, je placerai juste un mot sur la non-linéarité du jeu qui, s’il nous guide au travers d’un scénario écrit à l’avance, nous permet d’arpenter des environnements plus ou moins ouverts et même de réaliser (ou non) des quêtes secondaires pour le compte de la famille.
Et je parlerais brièvement du multijoueurs sans intérêt qui vous propose d’incarner un humain ou un darkling dans des affrontements online sans saveur, challenge ou originalité. Sans aucun doute le domaine qui pose, aujourd’hui, le plus de problème à ces développeurs surdoués que sont Starbreeze…
Source: www.xbox-attitude.com
Quelques bugs graphiques, une gestion de l’ombre de Jackie des plus curieuses et quelques chutes de framerate, mais mis à part ces problèmes mineurs, The Darkness est une vraie merveille qui rappelle très fortement Riddick par son réalisme crasseux et ses personnages charismatiques.
Si on se surprend à préférer les armes de poing aux fusils d’assaut, force est de constater qu’une fois les pouvoirs du Darkness révélés, ces armes « conventionnelles » perdent beaucoup de leur attrait. L’utilisation tentaculaires de ces pouvoirs est terriblement jouissive, découvrant notre coté ténébreux comme aucun jeu auparavant. Dommage que l’I.A. ne soit pas à la hauteur et qu’aucune mini-carte vienne nous guider dans nos déplacements parfois hasardeux.
Emmenée par un doublage (en vo sous titrées) d’une qualité rarement atteinte, par une bande originale maîtrisée de bout en bout et par des bruitages écœurants de réalisme, l’ambiance sonore de The Darkness est juste exceptionnelle.
L’aventure solo se tient dans la moyenne des jeux du genre, soit une dizaine/quinzaine d’heures selon votre niveau et le nombre de quêtes annexes effectuées. Le multi n’a juste aucun intérêt et ne devrait pas vous retenir en ligne plus de dix minutes.
Si tous les jeux avaient pareil scénario, l’industrie vidéoludique s’en porterait beaucoup mieux… Comme quoi, lorsque le jeu vidéo se destine aux adultes, on obtient des résultats bien plus convaincants que lorsqu’on pond un Need For Speed trouzemille ou un Playmobil Party 15 visant exclusivement des ados en pleine crise de puberté.









