Bullet Witch
Un monde à l’agonie
Tout débute par une superbe introduction. Un homme au souffle rauque s’enfonce dans une forêt dense et lugubre et se jette dans un puits abyssal où réside une puissante force maléfique.
Dès lors l’humanité semble courir vers sa perte et après les millions de victimes dues à de nombreuses guerres, catastrophes naturelles et virus, ce sont des légions entières de démons qui font surface et déciment ce qui peut encore rester de la population.
C’est alors que débarque Alicia, une sorcière aux atouts féminins plus ravageur encore que ses pouvoirs. Armée d’un balais-mitrailleuse et guidée par une mystérieuse voix, elle se joint aux derniers résistants humains pour annihiler la menace qui pèse sur la race humaine et la voue à l’extinction.
C’est dans ce contexte que commence l’aventure, au détour d’une rue d’un quartier résidentiel américain où la belle sorcière se retrouve face à trois démons terrorisant la population locale.
Tour à tour, l’héroïne (et donc le joueur), s’enfoncera dans la ville et ses sous-sols avant de partir vers l’origine du mal : La forêt dévoilée en introduction.
Grâce à l’évolution du scénario, le joueur découvrira ainsi des environnements plutôt variés mais malheureusement bien trop inégaux, qu’il s’agisse de graphismes purs et durs ou de level design.
En effet, graphiquement Bullet Witch souffre par moment de sérieuses lacunes, et si certains passages flatteront la rétine (sans pour autant atteindre le niveau des grosses productions actuelles), d’autres laisseront grandement à désirer. Cependant, s’il y a bien un point sur lequel le titre est inattaquable, c’est sur son moteur physique.
En effet, la plupart des environnements sont destructibles, et si vous possédez un pouvoir suffisamment puissant, vous les verrez voler en éclat et s’éparpiller autour de vous de manière assez impressionnante. Curieusement cependant, alors que votre pouvoir « volonté » vous permettra de faire voler des voitures sur plusieurs dizaines de mètres, il n’aura aucun effet sur vos ennemis qui resteront plantés sur leurs deux pieds au lieu de s’envoler eux aussi.
Démon, Huître : Même Q.I.
Dans l’ensemble d’ailleurs, les différents pouvoirs de la sorcières offriront un spectacle visuel d’autant plus agréable que ceux-ci seront développés. En effet, à chaque fin de niveau, le soft vous appréciera et notera votre prestation. De là découlera un certain nombre de points que vous pourrez dépenser pour acheter ou améliorer des armes et/ou des sorts. Un semblant de role playing très appréciable.
Si vous êtes donc plus ou moins limité au début de l’aventure, par la suite la panoplie à votre disposition sera largement suffisante et une fois la puissance de ces sorts accrue, les effets visuels les accompagnants n’en seront que plus gratifiants.
En définitive, si les graphismes de Bullet Witch ne sont clairement pas à la hauteur des grosses productions actuelles, les effets spéciaux inhérents aux sorts et certains passages anthologiques suffiront à faire oublier le reste. Malheureusement le problème du titre de Cavia ne s’arrête pas aux simples graphismes.
Le plus gros problème de Bullet Witch est sans aucun doute son Intelligence Artificielle déplorable. Et quand je dis déplorable, je ne veux pas dire « passable » ou « décevante ». Non, je dis bien déplorable ! Pour exemple, imaginez un groupe de cinq démons qui prennent plaisir à exécuter les civils. Vous arrivez par derrière et faites feu sur l’un des cinq et pourtant les quatre autres ne s’apercevront de rien et continueront leur activité semble-t-il des plus amusantes en attendant tranquillement de se faire shooter à leur tour.
Bien sûr, le jeu comblera cette énorme lacune par le nombre d’ennemis à l’écran, mais c’est tout de même aberrant qu’aujourd’hui, avec la technologie actuelle, on trouve encore un jeu où l’I.A. a deux générations de retard.
Moins mauvais qu’il n’y paraît
A coté de ça, d’autres défauts vont venir se greffer, comme la durée de vie qui ne vous tiendra pas scotché à la console plus d’une dizaine d’heures et n’offre quasiment aucune rejouabilité ou aucun modes multi. Certes de nouveaux modes de difficulté se débloqueront et il vous sera même possible de recommencer l’aventure avec tous les sorts acquis lors des précédentes parties, mais l’effet couloir bien trop présent viendra à bout de toute bonne volonté.
L’action, au demeurant très rythmée, s’avèrera bien souvent trop répétitive et entaché d’un gameplay, certes efficace, mais bien trop classique. Les développeurs n’ont pris quasiment aucun risque et signent une maniabilité qui n’a rien de novateur et se paie même le luxe d’être peu pratique sur certains points, comme le zoom permettant de tirer plus précisemment.
Autre gros défaut : L’animation des personnages est bien trop grossière, et même très gênante lorsque vous êtes en mode « zoom » et que vous souhaitez vous retourner rapidement pour faire face aux ennemis qui vous prennent à revers.
Les sorts, eux, s’utilisent de façon très efficace, par le biais d’un menu accessible via une ou plusieurs pressions d’un des boutons de tranche. Ce sytème offre donc au joueur de pouvoir sortir un sort très rapidement sans se retrouver en situation délicate parce que perdu dans d’incessants menus.
Au final, je dois avouer que Bullet Witch n’est pas aussi mauvais que j’aurai pu le penser jusqu’ici. Il constitue un bon défouloir, impressionne par moment lorsqu’on commence à maîtriser les sorts les plus puissants et se paie même le luxe de vous offrir quelques moments de pure anthologie. Seulement trop de défauts, inacceptables à ce niveau, viennent gâcher la fête et empêche le titre d’Atari de pouvoir rivaliser avec les jeux du même genre, Lost Planet en tête. Espérons toutefois retrouver une suite plus aboutie dans les années à venir, car la belle Alicia est un personnage hautement charismatique à qui il serait dommage de ne donner une seconde chance.
Source: www.xbox-attitude.com
Difficile de donner une note technique à Bullet Witch tant le titre alterne le bon et le moins bon. D’un coté il offre des graphismes oscillant entre le pas trop mal et le pas génial, les animations sont réduites à leur strict minimum et l’Intelligence Artificielle est sans doute ce qu’on trouve de pire sur Xbox 360. De l’autre coté, quelques environnements valent le détour, les boss sont gigantesques et impressionnants, le frame-rate ne subit quasiment aucune perte de vitesse et le moteur physique nous en met plein la vue.
Gameplay classique mais efficace. Le système de zoom n’est pas forcément évident à maîtriser et souffre des problèmes d’animations de l’héroïne, notamment lorsqu’il faut se retourner rapidement. A part ça, Cavia n’a pas prit beaucoup de risques pour nous offrir quelque chose de novateur, normal donc que ça soit efficace.
L’ambiance est plutôt bien posée et les musiques, sans aller jusqu’à être grandioses, rythmes relativement bien l’action. Les voix anglaises auraient mérité d’être un peu plus soigné, mais rien de scandaleux pour autant. Quant aux bruitages, ça pète de partout et c’est bien tout ce qu’on lui demande.
Malgré de nombreux modes de difficulté et la possibilité de garder les sorts acquis lorsqu’on recommence une partie, le mode solo se termine tout de même trop rapidement et la rejouabilité est assez limité du fait de l’effet couloir du jeu bien trop présent. Un mode coop’ ou versus aurait apporté beaucoup dans ce domaine.
Le scénario est plutôt bien ficelé malgré son classicisme outrancier. Toutefois il est dommage qu’il ne soit pas plus dirigiste durant les missions où on se demande bien trop souvent pourquoi nous sommes là, où allons-nous et que devons-nous faire. A noter cependant que l’histoire nous réserve quelques moments d’anthologie, dont un voyage en avion des plus palpitants.










