Saints Row
Petit mais costaud
Après l’intro et la création de son personnage de A à Z via un système très poussé (comprendre : modification des lobs d’oreilles jusqu’à la taille des sourcils en passant par la teinte de la peau) on se retrouve homme de main du gang des violets alias les Third Street Saints opposés aux rouges de chez Los Carnales, aux jaunes de chez les Vice Kings et aux bleus de chez les Rollerz pour le contrôle de la ville de Stilwater. Les 16 kilomètres carrés de cette ville (fictive) peuvent d’ailleurs paraître bien maigre par rapport aux dernières productions du genre mais c’est surtout le manque de variété des décors qui se fait sentir au bout de quelques heures de jeu. Même si chaque quartier possède globalement son propre style d’architecture et sa propre ambiance (bien que ça se résume à « quartier chic », « buildings », « chinatow », « ghetto », « usine » etc) toute l’agglomération est de style urbain. Du centre ville jusqu’aux banlieues, chics ou non, en passant par le quartier portuaire, il y a 98% de ciment. Du coup on finira très vite par trouver tout ça un peu monotone. Surtout qu’en plus les 86 véhicules disponibles au total (sans compter le métro uniquement disponible en tant que passager) sont tous des quatre roues (voitures, camions, bulldozer etc…), n’espérez pas trouver une moto, un avion, un bateau ou un âne (soyons fou allez). Du coup les missions que l’on aura à effectuer disposent logiquement d’un manque de variété flagrante puisqu’elles ne nous feront vivre que de l’action à pieds ou en caisse dans des décors uniquement bétonnés… En y repensant, tout ça fait penser à Grand Theft Auto 3 sauf que là Saints Row n’est pas le précurseur du genre et que bien des titres encore plus évolués sont sortis depuis...
Heureusement le bébé de Volition fourmille d’idées lumineuses qui nous feront oublier un moment ces défauts bel et bien présents. Concernant les voitures, par exemple, elles sont presque toutes modifiables à mort en passant par un des garages de la ville, ainsi on changera pare-choc, jantes, intérieur, capotes etc… Je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout fan de tuning et pourtant je passe de longues minutes à me faire mes propres caisses en vert fluo, garniture jaune dorée surtout que dès qu’on met un véhicule dans son garage personnel (on possède une planque d’entrée) on pourra les réutiliser quand on veut, qu’on les bousillent ou non. Imaginons que je stocke une bagnole dans ma turne, que je la sorte par la suite pour aller la tuner puis, 5 minutes plus tard la plupart du temps, que je la fasse exploser contre un mur après avoir renversé la moitié de la population piétonne de Stilwater. Dans n’importe quel GTA-Like on pouvait dire adieu à sa belle petite tuture mais dans Saints Row il suffira de retourner dans sa turne pour la retrouver (faudra payer quelques dollars pour la réparation ceci dit), génial ! Ceci donne vraiment un genre de petit plus à la personnalisation de son héros puisqu’on pourra avoir réellement sa propre bagnole. On pourra, évidemment, également faire sa victime de la mode en tatouant son bonhomme, en lui changeant sa coupe de cheveux, en le blindant de bijoux ou en l’habillant à sa façon tout ça en allant dans les magasins adéquat, à condition d’avoir le pécule pour. On pourra même changer de faciès et de corpulence en allant chez un chirurgien esthétique. Jusqu’ici rien de bien surprenant mais là où ça devient intéressant c’est quand on sait que l’on peut braquer chaque magasin de la ville en obligeant le vendeur à ouvrir le coffre, attention à ne pas être trop distrait sinon il enclenchera l’alarme et la volaille ne tardera pas. Et puis si vous êtes en pleine nuit, oui il y a évidemment un cycle jour/nuit, vous pourrez défoncer la porte et cambrioler n’importe quelle boutique. Et puis si c’est vraiment la déche, que vous ne voulez pas vous fatiguer à faire des missions ou à braquer des magasins (ou buter des passants en espérant qu’ils aient de la monnaie), il existe un prêteur sur gage qui pourra vous filer du pognon qui s’appelle revient. C’est moins dangereux, quoique…
La soumission, c’est bien
Cette histoire de prêteur sur gage fait parti des « activités » que propose le jeu. Il s’agit en fait ni plus ni moins que de sous missions qui servent à obtenir du fric mais aussi du respect. Sachant que le respect sert à débloquer les missions qui nous font avancer dans l’histoire ce n’est finalement presque plus des sous missions puisqu’elles sont donc pour ainsi dire obligatoires (et comme je trouve que je n’ai pas encore employé assez de fois le mot « mission » j’ajouterai mission, mission et mission, voilà, ça c’est fait). Il en existe 13 types différents répartis sur toute la ville, chacune disposant de plusieurs niveaux de moins en moins faciles. Je ne vais pas m’attarder sur toutes mais celle nommée Demolition Derby est bien marrante, il s’agit d’une sorte de destruction derby où l’on est dans une arène, en caisse, avec pour but de démolir les autres caisses. La Fraude à l’Assurance nous fait jouer avec le très poussé ragdoll (gestion des corps inertes) du jeu puisqu’on doit avoir le plus d’accidents possibles, chaque « cascade » nous faisant obtenir des dollars, le but du jeu étant d’obtenir un certain nombre de dollars imposés durant un temps imparti. L’activité Tueur à gages est également assez sympathique puisqu’elle nous donne une liste de gens à tuer (de telle ou telle manière) éparpillés dans la ville sans aucune aide indicatives si ce n’est le quartier où ils traînent et une petite photo d’eux. Ces 13 activités sont réellement variées et la plupart du temps amusantes mais je comprend difficilement pourquoi elles ont été refourguées au stade de « sous missions » et non pas intégrées à 100% aux missions du scénario puisque ces dernières sont à l’inverse et comme dit plus haut, très peu variées. Elles se résument en gros à du « va chercher » ou « va tuer » et comme il n’y a pas beaucoup de moyen de locomotion différent ni même pas excessivement de moyen de tuer (peu d’arme et surtout encore une fois : peu de variété d’arme, putain les mecs y a pas que les flingues dans la vie) et puis un terrain de jeu assez monotone vous devinez qu’au final on a l’impression de toujours faire la même chose… Un autre aspect assez idiot : Les Bastions. Ce ne sont ni des activités ni des missions mais des sortes de… Sous missions sauf qu’encore une fois elles sont obligatoires au bout d’un moment. Et le plus bête dans tout ça c’est qu’on peut jouer presque toutes les missions sans passer par les bastions jusqu’à ce qu’on se retrouve contraint de le faire pour terminer le scénario et ô magie, on se retrouve à faire des trucs dans les bastions pour contrer les troupes de chefs de gang que l’on a déjà tué lors des missions… Super cohérent hein ?
L’homme caoutchouc
Les personnages que l’on est amené à rencontrer par l’intermédiaire des missions sont loin d’être ridicules mais manquent un peu de charisme, ça vient sûrement du fait que le scénario ne « travaille » pas assez les personnages, à mon goût en tout cas hein, et aurait gagné à les mettre tous un peu plus en avant. On passe son temps à les croiser entre deux gunfights, quelques secondes, via des cinématiques qui ne servent finalement que de prétextes pour nous faire vivre d’autres gunfights et au final qu’il y ait un personnage, ami ou ennemi, qui meurt ou pas on n’en a rien à foutre puisque l’on n’a jamais eu l’occasion de s’y attacher. Jamais le scénario ne nous donne la véritable impression de raconter une histoire mêlant la destinée de différents personnages, c’est en quelque sorte une simple et unique succession d’ordres que l’on reçoit et ça pourrait passer si pour palier, l’histoire des personnages secondaires étaient donc mis un peu (beaucoup) plus en avant. Ben ouais parce que même s’il s’agit de nous, le joueur, qui exécute la totalité des ordres comme un brave petit larbin qui ne moufte jamais (le héros ne parle presque pas du tout comme dans… GTA 3, encore), il y a quand même plus intéressant scénaristiquement parlant que de tirer partout juste parce qu’on nous l’a demandé. Et ce même si on peut se faire tatouer, braquer des magasins et tuner sa caisse entre deux… J’en profite pour souligner le bon travail de doublage et de sous-titrage puisque la version française est une VOST. Les voix anglaises sont assurées entre autres par Tia Carrere ou encore David Carradine ce qui est, ma fois, un casting sympathique. Niveau musique c’est du grand classique pour le genre et il se trouve que le grand classique pour le genre c’est du bon donc on ne va pas s’en plaindre (plein de stations de radios différentes avec dedans différents types de musiques. Ici y en a même plein à débloquer en les achetant chez le disquaire, par exemple, sympa).
Graphiquement Saints Row est un jeu Next Gen il n’y a pas de doute, la modélisation, les animations, les reflets sur les carrosseries, le jeu d’ombre et lumière, les textures, les explosions tout est là et ne passe pas inaperçu même s’il est vrai que le tout manque parfois de fluidité, surtout quand il y a un tas de bagnoles qui s’amassent à proximité. On notera également des véhicules qui disparaissent de l’écran comme par enchantement et du clipping de temps en temps mais il est important de souligner (en rouge et plusieurs fois) qu’il n’y a aucun temps de chargement lorsque l’on parcourt l’île de Stilwater, la classe. Comme déjà dit un cycle jour/nuit est mis en place auquel vous pouvez ajouter des effets climatiques. Même s’il n’y a que du soleil ou de l’orage, la pluie est très convaincante aussi bien visuellement que niveau audio. Enfin pour clore la partie technique sachez que le moteur physique est loin de passer inaperçu lui aussi, on s’amusera un moment à faire exploser des voitures pour les voir voler en morceaux, à marteler de coups de pied un cadavre en le prenant pour un ballon ou à rouler le plus vite possible vers quelque chose de dur pour être projeté à travers le pare-brise. Comme dans la vraie vie quoi… Le seul problème c’est que ce fameux moteur est légèrement exagéré, il suffira de renverser un pèlerin pour s’en convaincre puisqu’il fera un bond de 5 mètres de haut en virevoltant dans les airs. Cette sensation de corps en caoutchouc est amusante mais peu convaincante.
Saints Row vise juste
L’un des atouts principaux de Saints Row est un aspect essentiel dans un jeu puisque c’est sa jouabilité. Même si les phases en combat à main nues sont assez mal fichue on pardonnera très vite puisqu’on ne les utilisent jamais, on préférera largement prendre une arme et là je pense ne pas me tromper si je dis que le système de visée est sans doute le meilleur de la courte histoire des GTA-Like. Il est très facile de viser tout et rien et ce dans n’importe quelle position lorsqu’on est à pied, lorsqu’on est en voiture le système est le même du coup rien n’est gâché même s’il est évident que conduire et viser correctement en même temps demande un peu de chance. Les phases de conduite sont d’ailleurs très bien rendues aussi bien au niveau de la conduite pure qu’au niveau de la physique des véhicules. Le changement d’arme se fait aussi plutôt facilement même si ça peut poser problème lorsqu’on est en pleine fusillade. Pour chipoter on pourra regretter le fait de pouvoir porter 7 armes en même temps façon Musclor et en plus sans même qu’aucune n’apparaisse sur notre personnage sauf quand il l’a en main. On pourra par contre vraiment déplorer la difficulté du jeu carrément mal dosée. Tout est presque trop facile, la faute notamment à une barre de vie qui se rempli toute seule lorsqu’on se repose dans un coin à l’abris (le fameux récent syndrome du jeu vidéo), sauf les dernières missions hideusement dures. Si vous êtes malgré tout totalement à la ramasse pad en main (comme Fylodindon) vous pourrez toujours vous faire assister via simple pression de bouton par des homeboys comme dans GTA : San Andreas, là ou vous taperez ils taperont, si vous vous faites tirer dessus, ils vous défendront et tout ça jusqu’à ce que mort s’en suive bien entendu. On pourra même appeler des « potes » en renfort sur son téléphone qui interviendront avec chacun leur particularité. Ils sont au nombre de 7 en tout, tous à débloquer et parce que je vous trouve bien sympa je vous file le numéro d’un d’entre eux qui se veut « cacher » dans le jeu. Il s’agit de Chicken Ned, un type déguisé en poulet dont la meilleure amie est une batte de baseball. Bref, prenez votre téléphone (dans le jeu hein, il existe pas en vrai le mec) et faite le 555-2445, amusez-vous bien. Tiens au passage si vous faite le 911 une ambulance se radine comme dans un certain GTA (un petit jeu sympa, je ne sais pas si vous connaissez) et il existe aussi différents numéros de compagnies de taxi à appeler qui vous emmèneront où vous le souhaitez en échange, bien entendu, de dollars.
Des tas de petits éléments viennent par ailleurs nous faire apprécier le gameplay comme le fait de pouvoir se baisser, de pouvoir sauter au dessus des barrières ou plus original : De pouvoir se droguer ou se saouler ce qui n’est pas sans effets secondaires. Ca laisse place à des anecdotes amusantes que j’apprécie particulièrement, du genre je me fais courser par les flics après un braquage qui a mal tourné et la première chose que je fais c’est de m’arrêter acheter de la fumette et de l’alcool histoire de pimenter le tout, fun.
Pour se repérer la carte est vraiment bien faite, on pourra par exemple marquer l’endroit où on veut aller et il apparaîtra sur le radar l’itinéraire par lequel passer, très bien pensé. On pourra aussi filtrer histoire de ne faire apparaître sur la map que les missions ou les magasins ou les sous-missions etc… Bref, impossible de se perdre et c’est une bonne chose (il faut dire que 16 kilomètres carré ce n’est pas excessivement grand non plus, c’est vrai). Par contre il n’existe en fait aucun mini jeux comme il pouvait y en avoir dans San Andreas avec le billard, le basket-ball ou encore le jeu vidéo, du coup on n’a pas tant de chose à faire que ça. On ne peut même pas se taper de putes, vous vous rendez compte ? Pourtant ce n’est pas histoire d’éviter de se faire censurer vu les quelques cinématiques explicites du jeu… Heureusement il y a le online, qui viendra en prime augmenter la durée de vie déjà agréable du jeu…
La partouze
Pour la partie Live je vous laisse en compagnie d’Axoult, fraîche recrue de notre site qui a donc le privilège démentiel d’écrire à l’intérieur même de mon test (j’espère qu’il ne va pas prendre la grosse tête) :
N’allez pas rêver, ce n’est pas encore un MMO-GTA que nous propose Saints Row, mais il faut avouer qu’il est le premier du genre depuis l’avènement de la 3D à proposer un mode live (GTA premier du nom le proposait en son temps). Alors quid des modes de jeu proposés ? Et bien, surprise, le jeu en propose un panel assez complet du plus classique au plus original.
5 Modes de jeu, du deathmatch avec sa déclinaison en équipe, le mode big ass chains (existe aussi en par équipe/piles non incluses), sorte de deathmatch tactique ou il faut récupérer les chaînes tombant des cadavres fumants de ses victimes pour les déposer à un endroit de la map changeant avec le temps tout en évitant de faire dessouder en l’atteignant (ouf). Bien évidemment plus vous déposerez de chaînes en même temps plus vous serez récompensé…Oui bienvenue aux joyeux campeurs évidemment. Le mode « Protect Da pimp », protégez le mac pour les anglophobes (magnifiquement traduit par « garde du corps » au passage) est un mode librement inspiré du fameux Team Fortress…une équipe d’assassin, une équipe de protecteurs affublée d’un mac qui n’a pas d’armes mais qui est létal au corps à corps. Si le mac crève les assassins gagnent, si les assassins se font buter ou si le mac parvient à s’enfuir les protecteurs gagnent, simple, efficace.
On en vient maintenant au mode le plus original, le « pimp up da ride » ou « pas ta caisse » (merde ils ont embauché k.mi pour les vannes ou quoi ? ndk.mi : T’es viré connard) où, toujours en fragant à tour de bras, chaque équipe devra amasser du fric pour faire atteindre le niveau 4 à sa voiture pour aller l’exposer au centre de la carte et tenir la position une minute…vous l’avez donc compris on peut utiliser des véhicules dans tous les modes hormis le « Protect Da Pimp ». A noter également un mode coop’ assez anecdotique mais qui a le mérite d’exister.
Pour les à côté, on pourra bien sur personnaliser son perso de fond en comble et l’habiller comme une poupée barbie en achetant des fringues avec les sous récupérés a la fin de chaque partie jouée. On peut également créer son propre gang qui pourra accueillir jusqu'à 8 personnes.
Alors une réussite ce mode on-line ? Bah oui et non. Si le jeu en lui-même est additif, le plaisir de jeu se voit véritablement gâché par un lag monstrueux et omniprésent. Plus d’une fois j’ai failli me jeter par la fenêtre parce que l’homme invisible m’avais criblé de balles en ayant d’abord fait trois fois le tour de mon perso…Amusant également ces voitures qui accomplissent 8 fois le même dérapage à la manière d’un vieux disque rayé (vous savez ceux en vinyle). De plus 2 map pour le coop’et 3 pour chaque mode, cela fait vraiment peu.
Il ne nous reste donc plus qu’a espérer que Volition sortira un patch au plus vite ainsi qu’une série de cartes supplémentaires (Gratos ? ouais je sais je rêve…).
Source: www.xbox-attitude.com
De jolis effets, une belle gestion des lumières, des textures classes, aucun de temps de chargement mais ce n'est pas toujours fluide et il y a du clipping. Globalement c'est pas trop mal ma bonne dame.
Un système de visée génial, très souple, dont Rockstar devrait s'inspirer (si vous voyez c'que j'veux dire) et un gameplay conduite très bien rendu. On pourra chipoter au sujet du changement d'armes mais vraiment pour chipoter.
Des bruitages plutôt sympa, une VOST très correcte, de la musique riche et variée, c'est pas mal tout ça.
Pour finir le scénario il faudra une bonne vingtaine d'heures, pour finir les activités au moins 5 de plus facile. Ceci dit au final y a pas tant de choses à faire que ça mais heureusement il y a des modes de jeu en ligne bien funs (quand ça ne lag pas).
Saints Row est fait pour être un bon jeu d'occasion. Son petit air de déjà vu malgré les bonnes idées ne fait pas de lui un indispensable mais il est le premier GTA-Like Next Gen, si vous êtes fan du genre n'hésitez pas.










