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Call of Duty 3



Au lancement de la 360, il y a un an presque jour pour jour, Call of Duty 2 avait ébranlé le monde console en devenant le jeu le plus vendu sur la machine de Microsoft, en s’appuyant sur son immersion et ses scripts impressionnants offrant une aventure épique en ex-URSS, en Afrique du nord et en France. Depuis, Infinity Ward a offert les clés de son bébé à Treyarch pour nous pondre un troisième opus.

Mauvais élève

La campagne de ce Call of Duty 3 prend acte après le débarquement, relatant l’avancée américaine, anglaise, canadienne et polonaise dans une Normandie occupée par l’Allemagne Nazie. Quelque part, dans cette entrée en matière judicieusement choisie, j’attaque d’emblée un des très gros points noirs de ce titre développé par Treyarch. Si vous êtes perspicace vous l’aurez parfaitement compris : l’intégralité du mode solo se déroulera en France ! Et oui, vous pouvez donc d’ores et déjà dire adieu au dépaysement, dire adieu au sable de l’Afrique du Nord ou aux neiges de Stalingrad. Ici chacun des niveaux que vous traverserez, ressemblera au précédent. Ça donne envie, non ? Non, j’abuse. C’est pas tout à fait vrai. En fait, vous alternerez entre un niveau dans un village en ruine, un niveau dans la campagne normande… Un niveau dans un village en ruine, un niveau dans la campagne normande… Un niveau dans un village en… ah non, tiens, il n’est pas en ruine celui là. Quelle imagination ils ont ces développeurs, je suis bluffé ! Bon, allez soyons sport et accordons lui le bénéfice du doute et occultons un instant ce copier coller de niveaux redondant à souhaits pour admirer la splendeur des gra… ah non, mauvais exemple, là c’est un gros bug avec la tête d’un soldat mort qui passe à travers le mur. Non mais là par contre c’est plus beau, regarde… ah non, là c’est un soldat qui monte les escaliers en volant au-dessus des marches. Mince, c’est buggé de partout… mais bon, ça peut se comprendre vu la finesse des graphismes et la splendeur des textures, non ? Quoi ? Comment ça t’as la même chose sur ton Pentium 90 ? Bon ok, je l’admets, ce n’est pas aussi dépaysant que le premier, ce n’est pas non plus véritablement plus beau que le premier (qui n’était déjà pas un foudre de guerre), mais les Call of Duty, tout le monde le sais, l’intérêt est ailleurs. L’intérêt est dans cette immersion extraordinaire qui ressort du soft. Cette impression de vivre la guerre à fond, dans toute sa noirceur, dans la sueur, les larmes et le sang. Et là Call of Duty 3 ne déroge pas à la règle ! Heu… quoi qu’à la réflexion, c’est pas qu’on s’ennuie mais passé le premier niveau…. Comment dire ?!... Bah on s’ennuie ! Les scripts sont pourtant toujours aussi nombreux, mais leur utilisation est d’un intérêt souvent limité, n’apporte absolument rien à l’immersion, ni à l’action et n’impressionne pas outre mesure. Bon allez, on arrête là le massacre, et on oublie de parler technique pour éviter de froisser les âmes sensibles. Vous l’aurez tous compris : Call of Duty 3 est tout juste digne d’une Xbox 360, et encore moins de son prédécesseur.

Un veau dans un couloir

Passons donc aux mécaniques du jeu. Call of Duty 2 était sans doute ce qui se faisait de plus classique dans le monde du FPS ; le genre de gameplay qui n’a pas bougé d’un iota depuis Doom. A l’époque déjà nous le montrions du doigt, mais l’enthousiasme du aux débuts de la console et à la réalisation hollywoodienne signée Infinity Ward le fit passer au second plan. Pour autant, nous n’avons pas oublié et on espérait voir enfin un Call of Duty sortant un peu des sentiers battus. Là encore, on ne peut qu’avouer notre déception et baisser les bras de dépit. Le gameplay de Call of Duty 3 se résume en tout et pour tout à : Avancer, Tirer, Lancer une grenade et Se baisser. Point final ! Ah oui, on va me dire « Mais heuuu, y a des scènes de combats au corps à corps vachement biens ». Ce à quoi je répondrais sans sourciller : « Ah ouais, super, quatre ou cinq scènes de combat super scriptées où tu te fais chier à faire un QTE que même ma grand-mère serait bien incapable de perdre et qui, en plus, bug à mort lorsque tu t’obstines à essayer d’abattre le soldat censé te sauter dessus en haut des escaliers, qui reste vaillant comme un bœuf après 3 chargeurs dans le buffet. » Que celui qui trouve un intérêt quelconque à cette plaisanterie de combats au corps à corps lève le doigt, parce que moi j’ai beau chercher, je ne vois pas. Gameplay ultra basique donc, mais si ce n’était que ça… Vous pouvez ajouter à ce gameplay minable un effet couloir tellement présent qu’il m’est arrivé de buter pendant une vingtaine de seconde sur une pauvre brique collée au sol qui m’empêchait d’avancer (Et pour cause, fallait la contourner ! J’suis con moi… une brique ça se contourne, c’est bien connu !), ainsi qu’une Intelligence Artificielle comme j’en ai rarement vu de pire. Call of Duty 3 est quand même le seul jeu où un ennemi peut se retrouver encore en vie, à vous tirer dessus comme un malade pendant que vingt soldats alliés, présents dans la même pièce, s’en désintéressent totalement.

Exclusivement Multijoueurs ?

Allez, on arrête de dire du mal de ce jeu et on attaque les bons cotés ; car oui, il a de bons cotés. Tout d’abord, la réalisation sonore est difficilement critiquable. Les musiques sont entraînantes, très cinématographiques, les voix absolument impeccables (préférez la V.O. pour une immersion plus grande, mais la version intégralement localisée s’en sort elle aussi avec les honneurs) et les explosions et rafales de mitrailleuses qui hurlent dans tous les sens sont criantes de réalisme. Le moins qu’on puisse dire, c’est que si vous avez des enceintes de bonne qualité, vous en prendrez plein les esgourdes et on ne va pas s’en plaindre. Mention spéciale à l’accent typiquement français des soldats de la résistance lorsqu’ils parlent en anglais (dans la version en v.o.) ; ça me rappelle mes cours au lycée, quand la prof se désespérait de mon accent à couper au couteau. L’autre gros atout du titre d’Activision, c’est le Xbox Live. A tel point qu’à mon sens, Call of Duty 3 est un jeu exclusivement multijoueur, avec un petit mode solo pour s’entraîner. Du moins, il vaut mieux le prendre de cette manière, car acheter ce jeu sans penser à faire un petit tour du coté des modes online, serait de la pure inconscience. En effet, avec ses nombreux modes, ses 24 joueurs en simultané, ses maps immenses, son système de grade, ses compétences spéciales pour chaque type de joueur, ses nombreux véhicules (du side-car au char d’assaut), la stabilité des parties, le passage de témoin lorsque l’hôte se déconnecte,… bref avec tous les bons points que le titre accumule sur cette partie bien spécifique du jeu, il faudrait être fou ou terriblement réfractaire au jeu en ligne pour passer à coté.

Graphics
Légèrement plus joli et plus fin que Call of Duty 2, l’aspect technique du jeu reste encore trop « PC Current Gen » pour pouvoir rivaliser avec les grosses productions du moment. On aurait souhaité une évolution plus importante sur le plan graphique. De nombreux bugs viennent en plus pourrir le rendu final avec des cadavres ou des armes qui traversent les murs, des soldats qui volent à quelques centimètres au-dessus du sol, des objets ou personnages qui disparaissent subitement de l’écran, etc. En 2006, ce genre de choses ne devrait plus arriver.
Gameplay
Plus classique c’est difficile de faire. Aucune différence avec le gameplay de Call of Duty 2 avec, en plus, des phases de combat au corps à corps dont je cherche encore l’intérêt. Pire ces combats scriptés deviennent complètement incohérent lorsque vous tenter d’abattre un soldat invincible, jusqu’à ce que vous arriviez au point de script où il se jettera sur vous. Les scripts justement sont toujours aussi nombreux et, par ailleurs, bien moins impressionnants et immersifs que dans le deuxième volet.
Sound
Rien à dire de ce coté là, ça pète dans tous les sens, les soldats alliés et ennemis hurlent de tous les cotés, les avions passent en vrombissant dans le ciel… mention spéciale aux dialogues en v.o. avec les résistants français, seuls à parler la langue de Molière dans le jeu, ainsi que celle de Shakespeare avec un accent typiquement froggy. Les musiques sont tout aussi entraînantes et collent parfaitement à l’ambiance.
Longevity
Plutôt honnête car dans la durée de vie moyenne des FPS actuels. La rejouabilité est minimale avec uniquement des variantes de difficulté, mais les modes live bien plus intéressants et complets viennent décupler les heures.
Lasting appeal
Si on ne joue pas régulièrement sur le live, l’intérêt me paraît assez limité. Les jeux sur la guerre mondiale sont tellement légion qu’on aurait souhaité un peu plus pour nous captiver autant que son prédécesseur.
Ajoutez au moins trois points si vous êtes un accroc du live, mais le mode solo n’ayant pas la pêche de Call of Duty 2, se permettant d’offrir zéro évolution (ou presque), et s’offrant même le luxe de nous ôter le plaisir du dépaysement, la note chute forcément inexorablement. Bref, les joueurs onanistes n’y trouveront pas leur compte. Résultat on ne peut qu’être déçu d’un titre qui ne prend aucun risque et se contente de s’asseoir sur ses acquis. Au final, nous sommes plus en face d’un add-on vendu 70 euros que d’une véritable suite.


Game details

Publisher : Activision
Developer : Treyarch
Genre : FPS
Release date : 10 Novembre 2006