Full Auto
Armes de destruction massive
Les jeux de courses arcade ont subit un sérieux lifting depuis l’arrivée de la licence Burnout. Aujourd’hui aller vite ne suffit plus, il faut que ça soit spectaculaire et que la taule se froisse.
Alors que le titre de Criterion règne en maître incontesté sur la catégorie, d’autres viennent tenter leur chance en apportant leur lot de nouveautés. Ce fut le cas à l’Automne dernier de 187 Ride or Die qui, derrière un scénario sans doute pompé d’une nouvelle rédigée en langage sms par un ado sur un skyblog (j’exagère à peine), plaçait quelques idées intéressantes consistant à détruire ses opposants à l’air de diverses armes, marquant sans doute les bases d’une licence qui nous proposera à coup sûr une suite qu’on espère plus aboutie.
Aujourd’hui c’est au tour de Full Auto de faire ses preuves en apportant, grâce notamment à la technologie de la 360, une nouvelle dimension dans le chaos et la destruction.
C’est bien simple, dans le dernier né de chez SEGA tout est destructible… j’ai bien dit tout ! Pour peu que vous ayez une arme assez puissante, vous pourrez prendre un malin plaisir à faire s’abattre des pans de mur entiers sur vos poursuivants ou même faire dérailler un métro aérien en détruisant le pont qui le soutien.
Au volant de bolides puissamment armés, vous sèmerez la désolation sur votre passage résolvant ainsi tous les problèmes de trafic que les parisiens ne connaissent que trop bien (C’est d’ailleurs un bon moyen de vaincre le stress en rentrant chez soi après quelques heures coincé sur le périphérique).
Le but du jeu est simple : Finir les différentes courses en accomplissant les objectifs fixés au préalable. Des objectifs qui, s’ils varient de temps en temps, resteront globalement les mêmes : Finir premier et engranger un maximum de points de destruction que vous totaliserez en… détruisant !
Après avoir passé un assez long tutorial composé d’une bonne dizaine de courses, plusieurs modes de jeux s’offriront à vous (en fait vous ne serez pas obligé de finir le tuto pour vous lancer dans ces modes mais vous devrez y passer pour finir le jeu, donc…) :
- Les modes de courses typiques de Full Auto qui consisteront à vous opposer à 7 autres concurrents dans des courses variant du mode circuit (avec plusieurs tours), point to point (d’un point à un autre), eliminator (le dernier de chaque tour est éliminé) et un mode assez original qui est l’aller retour (foncez jusqu’à un point donné, faites demi-tour et revenez au départ). Au départ, seule la classe C vous sera ouverte, celle-ci est constituée de voitures peu rapides (quand même un peu je vous rassure) et d’armes moyennement efficaces comme les mitrailleuses ou le fusil. Par la suite, les classes B et A se débloqueront et vous proposeront, outre de nouveaux circuits et environnements, des voitures plus puissantes et un armement plus dévastateur.
- Un mode chasseur où le but ne sera pas forcément de finir premier, mais d’abattre une ou plusieurs cibles désignées avant de franchir l’arrivée
- Un mode saccage où vous devrez rallier l’arrivée dans un temps imparti en abattant un maximum de voitures « civiles »
- Un mode contre la montre où vous serez désarmé et devrez battre le chrono
- Un mode courses classiques où là encore vous serez désarmé et devrez battre vos concurrents.
- Et différents modes où vous affronterez des concurrents de catégorie supérieure, où vous ne pourrez pas effectuer de retour arrière en cas d’erreur, où vous ne disposerez que d’une seule vie (la voiture détruite et c’est la fin), etc.
Vous l’aurez compris, de nombreux modes de jeux donc, offrant au jeu une durée de vie plus qu’honorable même si, il faut bien le reconnaître, ces modes n’offrent pas de réelles révolutions dans le gameplay que vous passiez de l’un à l’autre ; ce qui fait qu’une certaine redondance peut venir s’installer au fil des courses. Mais restons relatifs tout de même, nous sommes loin dans le cas de Full Auto, de l’ennui persistant d’un 187 Ride Or Die.
Une histoire de jauge
Le titre de Pseudo Interactive peut se différencier des autres jeux du même genre par deux aspects bien distincts : Le plus évident est bien entendu son côté destruction extrême ; il est difficile de passer à côté. Le second c’est ce fameux retour arrière, un système très à la mode ces derniers temps puisque après les deux épisodes de Blinx, le jeu de plateforme d’Artoon, et hormis Full Auto donc, le futur FPS de Saber Interactive, TimeShift devrait lui aussi proposer une possibilité relativement similaire.
Ce système, qui consiste à rembobiner la course de quelques secondes lorsque vous faites une erreur, facilite grandement les choses dans les premières courses et on peut à ce moment regretter sa présence, rendant le jeu un peu trop facile. Par la suite, alors que les choses se corsent sérieusement, il faut reconnaître que son utilité est bien mieux appréciée. Il est vrai que se manger un camion citerne à pleine vitesse lorsqu’on est en tête à quelques centaines de mètres de l’arrivée et que votre jauge de retour arrière (appelée jauge de réparation dans le jeu) est désespérément vide peut amener à une pulsion destructrice vous poussant à jeter jeu, console, télévision et tout ce (ceux ?) qui pourrait se mettre en travers de votre chemin par la fenêtre. Pour remplir cette jauge, rien de plus simple : Il vous suffit de détruire ! Chaque voiture (concurrent ou non) ou élément du décor que vous détruirez, en plus de vous rapporter des points, fera augmenter votre jauge de réparation ; l’autre jauge, celle du boost dont je n’ai pas encore parlé, se remplira, elle, en fonction de vos acrobaties (dérapages et sauts en tout genres).
Full Auto est donc bel est bien doté de ce boost cher aux jeux d’arcade de nos jours, que vous activerez par une simple pression du bouton de façade gauche (LB de son petit nom), alors que le retour arrière (ou réparation), s’activera par le bouton de façade droit (RB). Ce boost, bien que relativement inutile en course, démontrera toute son utilité dans les derniers mètres lorsque la victoire se gagnera d’un cheveu. Une jauge à toujours surveiller donc, afin de ne pas tomber en rade en fin de courses lorsque votre adversaire prend le dessus.
Pour effectuer les diverses acrobaties qui vous permettront de remplir votre jauge, le jeu se pare de nombreux circuits offrant toutes sortes de tremplins, surélévation de trottoirs et raccourcis grâce auxquels vous effectuerez des cascades à faire pâlir l’homme qui tombe à pic (oui je sais, j’ai des références culturelles très spéciales), ce qui d’ailleurs déclenchera pour l’occasion un joli ralenti en temps réel afin d’admirer vos talents de pilote sous toutes les coutures. Ces ralentis, comme les autres, sont d’ailleurs paramétrables dans les options.
L’apologie du chaos
L’autre grande caractéristique de Full Auto, sa caractéristique première même, c’est cette possibilité assez jubilatoire de pouvoir tout détruire dans son sillage. Une possibilité qui, outre le fun qu’elle procure, peut également servir d’exutoire en cas de frustration, stress et autres tracas de la vie quotidienne. Une sorte de boule anti-stress des temps moderne en somme.
Ici la quasi-totalité de l’environnement, à commencer bien sûr par vos concurrents, sont destructibles. Et quand on parle de destruction dans Full Auto, on ne parle pas d’une simple explosion provoquant une insignifiante gerbe de feu, non, on parle de vitres qui volent en éclat, de murs qui s’effritent ou qui s’effondrent sur la chaussée par pans entiers, de multiples explosions aux bouquets de flammes impressionnants, de carcasses démantibulées et taules froissées virevoltant dans les airs tels des papillons de métal autour d’un réverbère, de brouillards de fumée épaisse obstruant votre vision… Comme quoi ça peut être poétique le carnage, non ?!
Afin de vous mettre dans de bonnes conditions pour mettre la ville à feu et à sang, les développeurs ont conçu pour vous de nombreux véhicules, au design et caractéristiques variés, tous surmontés d’armes plus ou moins dévastatrices en fonction de votre avancée dans le jeu. Si au début vous allez vous amuser à faire voler vitres et voitures en morceaux, par la suite, au fur et à mesure que votre arsenal grandira, vous proposant une puissance de feu bien plus conséquente, la liesse s’amplifiera au même titre que les dégâts.
Car je le clame haut et fort : Celui qui, d’un missile bien placé, n’a jamais fait tomber une rame de métro sur son poursuivant, gravant à jamais dans son esprit cette image aperçue furtivement dans le rétroviseur, tout en ajustant la citerne à coté de laquelle passe un autre de vos malheureux adversaires, ne connaît rien de la vie de gamer.
Techniquement le jeu fait honneur à la nouvelle machine de Microsoft. Bien sûr je ne doute pas un seul instant qu’elle soit capable de faire mieux, mais pour une console n’ayant que deux mois de vie derrière elle, le résultat est plus que probant.
Les courses sont dépouillées, les textures agréables (faisant fi de cet effet plastique des premiers jours), les voitures remarquablement modélisées, mais ce qui marque véritablement le passage à la Next Gen, c’est cette débauche incroyable d’effets spéciaux cités plus avant.
Certes tout ceci ne se fera pas sans quelques malheureuses chutes de framerate, j’en conçois. Cependant, pour ceux qui se seraient essayés à la démo disponible sur le Marketplace, sachez que ces ralentissements sont bien moins nombreux, bien moins accentués et surtout bien moins gênant que dans cette dernière.
En effet, ces saccades n’interviendront dans la plupart des cas, que lorsque de nombreux véhicules et éléments du décor seront impliqués dans une scène chaotique que vous aurez fièrement semée. Or lors de ces scènes, la visibilité est telle qu’une chute minime de framerate ne sera en rien dommageable ; et comme en plus, chaque destruction d’adversaire entraînera un ralenti (volontaire celui-ci), ce malencontreux ralentissement saura se faire le plus discret possible pour ne laisser place qu’à un réel plaisir de jeu.
La dévastation puissance 8
Restait à parler des différents modes multijoueurs.
Malheureusement, le jeu n’étant pas encore sorti, les parties disponibles sur le live se font rares, je ne pourrais donc pas trop m’étendre sur ce sujet, du moins sur les possibles lags que l’on pourrait rencontrer (J’en viendrais sans doute à modifier ce test ou à apporter un complément sur ce sujet dans un proche avenir, via le topic consacré sur le forum) ; je me contenterai donc de vous parler des différents modes qui s’offriront à vous.
Sachez tout d’abord que les parties online peuvent se jouer jusqu’à 8 joueurs, sur la totalité des circuits du jeu. Vous pourrez paramétrer vos courses de manière à choisir le lieu, le type de course (circuit, point to point ou aller/retour), la classe des véhicules et le nombre de joueurs (en répartissant le nombre de joueurs « publics » et « amis » comme bon vous semble). Vous aurez également la possibilité de concourir dans des courses amateurs ou des courses « classées », vous permettant de gravir ainsi les échelons de la hiérarchie Full Autoïenne mondiale.
Sachez enfin que, pour des raisons évidentes, il sera impossible de vous servir du retour arrière dans les courses online, tout comme dans le multi splitté offline.
Source: www.xbox-attitude.com
Graphiquement le jeu s’en sort vraiment bien, l’effet plastique des titres du lancement a totalement disparu, les textures sont plutôt agréables à l’oeil et les effets spéciaux sont tout simplement les plus extraordinaires, de par leur nombre surtout, jamais vus. Ça explose de partout dans un amas de feu, de fumée, gravas, bris de verre et taules froissées avec un minimum de chute de framerate.
Un gameplay croisé entre un Burnout et un 187 Ride or Die. Un peu moins rapide que ce premier et un peu plus fun que ce second, Full Auto prévaut surtout pour son côté destruction massive de l’environnement qui le rend assez jouissif. La possibilité de revenir en arrière tel un magnétoscope rend le jeu trop facile au départ mais ne vous sauvera pas forcément la mise par la suite.
Les musiques n’ont rien d’exceptionnelles mais ne vous taperont pas sur le système. Là où le titre fait fort par contre, c’est dans ses multiples bruitages qui vous en mettront plein les oreilles au rythme des explosions et carambolages en tout genres.
Un bon nombre d’épreuves et de voitures différentes et un mode Xbox live jouable jusqu’à 8 offriront au jeu une durée de vie assez conséquente, d’autant plus que le jeu possède un potentiel de rejouabilité assez élevé inhérent au genre.
Sans son côté « chaos & désolation », Full Auto est déjà intéressant. Avec c’est d’autant plus jouissif.

















































