Black
Black Op down
Black tire son nom des black operations, ces missions militaires secrètes et à la limite de la légalité. Le joueur incarne Keller, un soldat américain mis aux arrêts après le fiasco d'une de ces missions dans un pays d'Europe de l'Est ravagé par la guerre où il devait retrouver le leader d'un groupe terroriste appelé 7ème vague. Dès le début du jeu, on retrouve ainsi Keller menottes aux poignets interrogé par un enquêteur du gouvernement, à devoir justifier ses actes, ce qui est l'occasion de flasbacks qui sont en fait les missions du jeu. Toute la partie narration de Black se fait donc par ces cut-scenes en prise de vue réelle avec une mise en scène assez minimaliste ne montrant que des bribes des personnages et des images d'archives. Un choix qui aurait pu être intéressant mais qui apparaît vite assez répétitif voire même ennuyeux. En effet après ces debriefings, le joueur remplit sa mission qui une fois terminée donne droit à une nouvelle scène qui semble totalement coupée du jeu puisque l'on ne vit pas directement les évènements narrés. De ce fait on a tôt fait de zapper intellectuellement ces scènes elliptiques (à défaut de pouvoir le faire vraiment) et à juste enchaîner les niveaux en tant que séquences d'action toutes bêtes.
Délocalisation des dégâts
En même temps on était prévenu, le jeu est avant tout basé sur l'action, le spectaculaire. Les premiers moments du jeu sont d'ailleurs assez impressionnants. Déjà techniquement le jeu assure avec des niveaux très vastes sans temps de chargement apparent et surtout un moteur physique très dynamique. Les décors du jeu sont en effet en partie destructibles. Entre vos tirs et ceux des ennemis les décors volent littéralement en éclats. Un possibilité qui ne se veut pas uniquement intéressante pour l'immersion ou l'esthétique mais qui influe aussi le gameplay. C'est ainsi qu'en vous cachant derrière des objets du décor, ceux-ci pourront être détruits rendant votre position vulnérable au tir. Un système spectaculaire et bien géré même si il ne s'applique pas à tous les éléments du décor et qui donnera lieu à des scènes qui feront monter votre niveau d'adrénaline comme des passages où toutes les vitres d'un bâtiment volent en éclats sous le feu ennemi ou encore des piliers de béton armé dénudés jusqu'à l'ossature métallique par l'impact des balles et des explosions.
Réactions en chaîne
Des explosions qui sont d'ailleurs légions avec des objets qui sautent lorsque l'on tire dessus comme des barils voire même des citernes entières. Un point qui illustre la recherche du spectaculaire à tout prix mais aussi ses limites. Il deviendra ainsi parfois plus utile de viser ces nombreux objets dans les niveaux plutôt que les ennemis surtout qu'avec certains effets en chaîne vous pourrez faire sauter à peu près la moitié du niveau. Le jeu soufre en effet du syndrome tout dans les biceps et rien dans la tête, on remarque donc très vite le coté bourrin du jeu que l'on pouvait craindre.
L'intelligence et ses artifices
Il est possible d'essayer de se cacher de la vue des ennemis, de les tuer par surprise par derrière et vous pouvez même utiliser des silencieux mais cela ne sert tout simplement à rien. Dans 90% des cas les ennemis vous remarquent quoique vous fassiez à des kilomètres alors que parfois au contraire ils ne vous remarquent pas même à quelques centimètres. Du coup le jeu tourne sur deux situation différentes : des tirs à distance avec un ennemi lointain qui se protège plus ou moins et que essayez de viser tant bien que mal avec la fonction zoom si vous ne disposez pas d'un fusil à lunette ou au contraire des confrontations directes où il vaut mieux juste foncer dans le tas. Un situation qui s'aggrave au fur et à mesure du jeu ou de plus en plus de balles sont nécessaires pour venir à bout d'un ennemi. Le headshot est très efficace mais pas toujours évident à réaliser. Dans le reste du corps il faut parfois une rafale de mitraillette entière pour venir à bout d'un ennemi qui certes porte des gilets par balles mais quand même. En plus les bruitages d'impact de balles sont assez laids, de même que l'animation de l'ennemi se prenant des balles et qui donnent lieu à des situation assez ridicules. On remarque également ces mauvais réglages de l'intelligence artificielle et de la difficulté lors de séquences où un ennemi à distance armé d'un lance roquettes vous vise et tire sur vous en quelques seconde sans que vous ayez vraiment le temps de le viser. Lui dispose de munitions illimitées et souvent une fois disparu un camarade réaparaitra quelques minutes plus tard au même endroit qui est pourtant censé avoir explosé. Un coté très scripté du jeu qui triche même un peu parfois en faisant venir des soldats d'on ne sait ou.
I'll be black
Malgré ces défauts Black n'est pourtant pas un mauvais jeu. La qualité technique et graphique du jeu est de très haut niveau et le gameplay bien que simpliste promet quelques bons moments et un divertissement sans se prendre la tête. Cependant plus le jeu avance plus les défauts deviennent voyants et voire même gênant finissant pas générer une vraie frustration. Le jeu comporte pourtant quelques bonnes idées comme son univers de futur immédiat un brin apocalyptique, certaines séquences comme du sniper dans un cimetière, une effusion de balles dans une salle carrelée... Mais le jeu hésite un peu entre plusieurs orientations avec certains ennemis avec des boucliers ou d'enormes gilets pare balles rapellant un peu Resident Evil 4, quelques bribes d'infiltration totalement inutilisées, et une système de dégâts spectaculaire sans être jusque-boutiste ou outrancier et surtout manque un peu de variété et de profondeur (même pas de touche de saut ou franchissement d'obstacle) alors que le genre du FPS s'est justement ingénié ces dernières années à devenir un peu moins bête.
Source: www.play-attitude.com
Rien à redire de coté là avec une direction artistique enlevée et une technique irréprochable.
Black se concentre avant tout sur le coté spectaculaire tout en essayant de rester un FPS classique mais l'intelligence limitée des ennemis et le coté répétitif de l'action l'empêchent de totalement décoller.
Entre deux explosions le jeu laisse filer quelques thèmes musicaux inspirés mais les bruitages d'impacts de balles sont eux répétitifs et laids.
Le mode solo se finit très avec des missions longues mais peu nombreuses. Une fois fini le jeu n'offre pas d'intérêt à être refait déjà qu'il est pénible de tenir jusqu'au bout.
Black vaut pour sa technique et son coté simple et spectaculaire mais même cela devient de moins en moins intéressant au fil du jeu. Le jeu voulait mettre le feu au genre du FPS mais l'artifice des explosions ne fait pas illusion longtemps.
















