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EyeToy Antigrav



A part des compilations de mini-jeux (Play, Monkey Mania ou SEGA Superstars) et des jeux de danse (Eyetoy Groove), un jeu n’avait jamais utilisé la caméra Eyetoy pour tenter d‘innover dans un genre bien précis. Certains avaient pensé à un jeu de plate-forme où il aurait fallu sauter réellement. D’autres avaient imaginé un jeu d’aventure Point’n Click où il aurait fallu chercher les indices dans les décors. Mais au final, c’est un jeu de Hoverboard inspiré par Airblade, Retour vers le Futur ou Trickstyle, qui débarque pour insuffler un vent de folie dans les sorties Eyetoy. Et en plus, il est développé par Harmonix déjà auteur de Frequency et de Amplitude, deux excellents jeux de musique ! Eyetoy, glisse, musique… Eyetoy Antigrav est forcément un excellent soft !

Surfeur Winner…

Eyetoy Antigrav reprend en partie le gameplay initié par Nights dans SEGA Superstars. Dans ce mini-jeu, il fallait diriger le personnage à travers des anneaux en bougeant sa tête et ses bras. Dans Eyetoy Antigrav, le joueur a un repère qui permet de s’orienter. Avant de commencer une partie, il faudra calibrer la caméra, puisque cette dernière prend en compte les mouvements de votre tête. Un coup à gauche ou à droite et votre personnage tourne dans la direction demandée. Vos mains permettent de donner plus d’amplitude à votre virage. Vous pouvez également fléchir les genoux pour activer votre turbo et prendre de la vitesse dans les descentes vertigineuses. Pour sauter rien de plus simple, il suffit de sauter. A part la position de votre tête et de vos mains dans le repère, vous n’apparaissez pas à l’écran mais vos mouvements influent directement sur les gestes du personnage. C’est tellement évident que l’on se demande pourquoi personne n’y avait pensé ?

Pour donner de la profondeur à son titre, Harmonix a intégré certains éléments de gameplay plus ou moins inspirés par des jeux ou des minis-jeux existants. Le système de figure est original. Pour enchaîner les backflip, frontside 540 ou les Grabs, il faudra bouger les bras lors d’un saut. En faisant un combo de quatre tricks, votre personnage tente un Super Trick entièrement pompé sur les Uber Tricks de SSX. Le Super Trick permet d’obtenir un max de turbo et un max de points de style. Les spots de Eyetoy Antigrav incluent de nombreuses parties sur des rails. Pendant les slides, il faudra récolter des petits items bonus à l’aide de vos mains. On retrouve ici certains éléments des jeux de rythme estampillés Eyetoy. Le joueur semble danser devant sa télé en essayant de faire des combos avec les différents items de couleur. Enfin, les rampes de lancement permettent de voler un court instant. Ces phases sont certainement les plus réussis en terme de gameplay. On se sent libre de toute contrainte, on fait comme l’oiseau…mais plus dure sera la chute.

…Ascendant Snowboarder

Le gameplay étant complexe et inhabituel, le temps d’adaptation est conséquent. Pour maîtriser les déplacements, il faudra une bonne demi-heure. Pour les tricks et la gestion du turbo, comptez sur deux heures de jeu. Le mode Initiation permet au joueur d’apprendre les bases du gameplay. Ce didacticiel explique étape par étape les mouvements et les mécanismes du jeu. Il n’est pas rare de rater plusieurs fois une même leçons. Il faut reconnaître que la maniabilité est loin d’être évidente : virage trop large, figures qui se s’amorcent pas, récolte d’items sur les rails fastidieuse, sauts difficiles… Il faudra s’accrocher et surtout adhérer au gameplay du jeu afin de prendre du plaisir. Les joueurs les moins patients lâcheront vite l’affaire pour retourner jouer à SSX 3 ou Airblade avec leur bonne vieille Dual Shock.

Les plus persévérants découvriront un jeu au gameplay hors normes et atypique. Un jeu qui tente de bouleverser toutes les conventions. Un jeu qui affranchit le joueur de sa manette fétiche. Un jeu révolutionnaire dans son concept et dans la façon d’y jouer. Après avoir appris les bases, la maniabilité de Eyetoy Antigrav se révèle très confortable. La caméra capture parfaitement vos mouvements et votre personnage répond au doigt et à l’œil. Au niveau des sensations, on retrouve toute l’intensité de la glisse. Les dénivelés sont vertigineux et la vitesse est tout bonnement hallucinante. L’expérience est tellement immersive que l’on se surprend à prendre les poses types du surfeur. D’ailleurs, ceux qui pratiquent un sport de glisse seront avantagés : les sensations sont très proches du snowboard (la gravité en moins). Cependant, la jouabilité n’est pas exempt de tout défaut. Par moment, il est très difficile de récolter certains items. La faute à une détection trop sensible mais rarement hasardeuse. On pourrait également reprocher à Antigrav « l’effet savonnette ». Contrairement à SSX, le personnage a tendance à dévier au lieu de rester parallèle à la piste. Certes il y a quelques défauts, mais au final, la jouabilité de Eyetoy Antigrav s’en tire avec les honneurs

Un jeu qui manque de profondeur

Outre le mode initiation, seuls deux modes de jeux solos sont disponibles. Dans le mode vitesse, chaque circuit est divisé en trois manches. Il faudra gagner les trois manches pour accéder au circuit suivant. Pour le mode Style, un High Score est défini et il faut le battre en enchaînant les tricks ou en récoltant les items. Cette séparation Vitesse/Style rappelle la série des SSX. On regrettera l’absence d’un mode Freeride où l’on aurait pu se balader dans les immenses niveaux du jeu. En ce qui concerne les mode multi, il faut aimer le jeu par alternance : le Joueur 1 fait un temps ou un score référence et les autres joueurs doivent le battre. Et autant vous le dire, le multi n’est pas fun du tout ! On aurait voulu un mode online jusqu’à quatre (même si, techniquement, c’est difficilement réalisable). Terminons notre tour des menus avec les Bonus à débloquer. Des vidéos, des persos, des planches, des ailes… bref un programme peu réjouissant. Après 5 heures de jeu intense, le constat est fatal : Eyetoy Antigrav manque de profondeur. Cela se ressent sur la durée de vie excessivement courte du soft de Harmonix. La pauvreté du challenge des modes de jeu rappelle que l’on se croirait devant un mini-jeu à peine plus étoffé.

Les circuits disponibles sont au nombre de cinq. Certes, c’est peu par rapport à un SSX ou un Tony Hawk Underground, mais chaque circuit a sa particularité et son originalité. Les Chutes est un circuit assez basique avec une ambiance urbaine inspirée par le Cyber-Punk. A noter un sublime passage au dessus d’un lac et d’une chute d’eau visuellement gratifiante. Front de Mer présente une vision pollué et industriel du littoral. Le passage dans les égouts est un moment fort. On regrettera le rendu simpliste de l’eau. Passage Aérien vous mènera dans les hauteurs de la ville. Sur les toits des immeubles, les vols sont intenses. Mention spéciale pour la descente de l’immeuble qui rappelle Minority Report. Aérodrome est un monde circulaire à trois paliers. Au premier niveau, la progression est lente et fastidieuse, au troisième palier, elle est libre et rapide. Enfin, l’Arête du Rocher Noir est un circuit aux décors et aux dénivelés rappelant SSX. Vous commencez au sommet d’une montagne dans des conditions extrêmes pour finir au bas du versant, après avoir enduré le parcours le plus technique du jeu. Cinq excellents mondes qui évoquent, par moment, l’univers techno-fluo de Amplitude. On retrouve l’expérience de Harmonix dans le choix des musiques et surtout dans l’utilisation de celles-ci.

Les décors réussis tranchent avec la pauvreté du character design. Si vous avez adoré le look futuriste des personnages de Trickstyle ou si vous avez apprécié le design particulier de SSX, vous risquerez d’être déçu par les riders de Antigrav. Tetsuo, Skye, Mika, Nomad… Tous ont le même look de punk ratés. Tous ont la même personnalité de gamins prétentieux. Mais aucun n’a le charisme d’un Eddie, d’un Psymon (de SSX) ou d’un Zak de Trickstyle. Aucun n’a de background intéressant et il n’existe aucune rivalité entre les gangs. Enfin les voix des riders sont caricaturales et insipides. Eyetoy Antigrav est à l’image des riders, sans profondeur malgré un gameplay qui révolutionne la façon de jouer sur PS2.


Source: www.play-attitude.com

Graphics
Malgré quelques fautes de goût, les décors sont gratifiants et réussis. Mention spéciale au circuit Passage Aérien. Les riders n’ont pas de charisme et aucun n’est attachant. On décèle également quelques ralentissements et du clipping sur certains éléments
Gameplay
Une fois le jeu pris en main, la jouabilité de Antigrav se révèle intense et jouissive. On slalom, on saute, on bouge les bras… Le gameplay est bourré d’idées intéressantes et innovantes. Les rares problèmes de détection n’entachent pas une maniabilité parfaite.
Sound
Constant mitigé pour la bande son. Apollo 4400 s’est occupé des musiques du jeu pour un ambiance très breakbeat. Les voix et les bruitages sont fades et insipides.
Longevity
Les modes Vitesse et Style manquent de profondeur. En moins de 5h, les deux modes sont terminés. Les plus acharnés pourront commencer la quête des logos et des étoiles Le mode multi est décevant. On regrettera l’absence d’un mode Freeride.
Lasting appeal
Antigrav est pour l’instant, le seul jeu à utiliser intelligemment les possibilités de l’Eyetoy. Le fait de ne pas se voir directement à l’écran est déjà très innovant. En attendant d’autres jeux encore plus poussés.
Prenez les sensations de SSX, le monde futuriste de Trickstyle, les poses de Marty McFly (dans Retour vers le Futur), les tricks de Airblade, les musiques electro de Frequency, le gameplay du mini-jeu Nights et la caméra Eyetoy. Agitez et vous obtenez Antigrav, un jeu aux idées révolutionnaires mais qui manque malheureusement de profondeur. Un soft agréable malgré tout, à acheter en occasion ou en gamme budget.




Game details

Publisher : Sony Computer Entertainment
Developer : Harmonix
Genre : Sports
Release date : 30 Marzo 2005