Full Spectrum Warrior
Quand plaisir de jeu rime avec réalisme
Partir d’un véritable simulateur de guerre de l’armée américaine pour en arriver à un jeu accessible au grand public, le pari était plus qu’osé pour Pandemic Studios et pourtant le résultat est plutôt réussi. Pour débuter le jeu, il conviendra donc d’effectuer l’entraînement MOUT (Military Operations in Urban Terrain) qui vous enseignera les rudiments des actions militaires en milieu urbain. En effet, vos actions se dérouleront dans les villes du Zakistan et l’emploi d’armes massives est impossible, le seul moyen d’investir la ville est de faire appel aux troupes au sol.
Vous contrôlerez donc 2 escouades de Rangers (Hoo-ah), Alpha et Bravo, qu’il conviendra de faire avancer en équipe en minimisant au maximum les pertes, les américains se disant fervent défenseur du « tolérance 0 » (on a un peu de mal à les croire depuis l’invasion de l’Irak). Pour le gameplay par contre, rien à voir avec la concurrence, il ne s’agit pas, ici, d’un classique FPS mais bien d’une sorte de « Point and click » moderne. Vous choisissez votre escouade, vous lui donnez un point à rejoindre puis à cela viennent s’ajouter de nombreux ordres, assurer un feu nourri sur une position, couvrir un point chaud, se déplacer de manière lente et sécurisée vers une cible, etc…
Un gameplay simple et accrocheur mais…
Full Spectrum Warrior est un jeu vraiment à part, les premiers instants en compagnie de vos hommes seront, d’ailleurs, un peu délicats. Quelle stratégie adopter pour mettre à terre les ennemis qui se trouvent au bout de la ruelle ? Comment m’approcher d’eux sans les faire fuir ? Comment éviter de perdre un homme au combat ? Autant de questions que l’on se pose à chaque coin de rue. En effet, la stratégie joue ici un rôle primordiale et comme dans les combats réels, la moindre erreur se payera cash. On se prend donc rapidement au jeu, placer son équipe Alpha sur le flanc pendant que l’équipe Bravo contournera l’ennemi par les petites ruelles afin de lancer un assaut décisif. Si un de vos hommes venait à mourir, ça serait l’échec de la mission (« tolérance 0 », quand tu nous tiens), heureusement, des points de contrôle existent ici et là. Si votre homme est seulement blessé, il sera alors possible de le ramener au début de la mission où un médecin vous aidera à le remettre sur pieds.
Chacune de vos équipes est composée de quatre Rangers, un Team Leader et trois soldats aux spécialités bien différentes, à vous de les gérer au mieux. Alors que vos hommes se révèlent plutôt futés (ils se mettent à couvert lorsque nécessaire ; lors d’un déplacement chacun couvre son flanc pour éviter une embuscade, etc…), l’IA de l’ennemi, quant à elle, se révèle perfectible. Rares seront les fois où ceux-ci se regrouperont pour mieux vous aborder. Certes, ils n’ont pas reçu la même formation que les Rangers de l’armée américaine mais ils sont censés savoir se battre avec un minimum d’organisation. En général, un ennemi en mauvaise posture essayera de fuir pour se cacher derrière un autre abri en vous attendant bien sagement.
Le gameplay est donc plutôt accrocheur même si on se lasse quand même au bout d’un certain moment à réaliser toujours les mêmes mouvements de troupes, contourner l’ennemi pour mieux le cerner et ainsi de suite. Les missions qui nous sont proposés sont, heureusement, diverses et variées, déloger un zoulou armé d’un lance-roquettes, escorter un convoi militaire, aller porter secours à une équipe en difficulté, sécuriser le site d’un crash feront partie de votre quotidien de soldat.
Une ambiance détonante
La grande force de ce FSW est, sans conteste, l’ambiance dégagée par le titre. Même si le jeu date un peu (il est sorti depuis un bout de temps sur PC et XBox maintenant), les graphismes restent corrects sans, non plus, transcender le genre. L’univers sableux et difficile de ce type de villes se faisant ressentir tout au long des missions. En ce qui concerne les animations, on peut dire qu’elles conviennent, en règle générale, aux situations. Lorsqu’un de vos hommes est blessé, un ralenti fait alors son apparition pour mieux apprécier la scène avant que votre homme ne s’écroule de manière héroïque sur le sol.
Autre point jouant en la faveur du titre et rendant plus immersif le jeu : le son. En effet, avec un équipement adéquat, on en prend plein les oreilles, les balles fusent contre les carlingues de voitures, les chefs de groupes haussent le ton pour motiver les troupes, la radio s’emballe avec des appels au secours ici et là, bref, on est rapidement pris dans le feu de l’action. On appréciera d’ailleurs les voix restées en anglais avec des sous-titres en français. En effet, connaissant la qualité des doublages habituels pour ce genre de jeux, on aurait pu craindre le pire !
Tout n’est pas rose dans ce monde de brutes
FSW n’est pas parfait, loin de là. La première chose qui peut déconcerter les moins téméraires, c’est le gameplay. Issu de l’univers PC, le jeu se contrôle très bien à la souris (pour y avoir joué aussi sur PC, on ressent une certaine perte de souplesse sur PS2) mais les sticks, même s’ils sont bien utilisés, montrent vite leurs limites. Même si, au début, l’action est lente et nous laisse le temps de bien prendre nos décisions, vers la fin du jeu, vos objectifs vous demanderont de réagir avec rapidité et sang-froid, ce qui n’est pas toujours évident au stick.
Par ailleurs, les graphismes datent un peu et on regrettera que l’adaptation sur PS2 ait pris autant de temps, tant pis, on fera avec !
A noter aussi quelques incohérences dont une qui frappe immédiatement le joueur averti, c’est l’utilisation du M203. Vous aurez, en effet, accès à des grenades à fragmentation, des grenades fumigènes ainsi qu’à l’utilisation du M203, un fusil d’assaut lance-grenades mais, tout ceci, de manière limitée ; un certain nombre de ces munitions vous étant attribués par mission. Reste que le M203 est beaucoup trop puissant, il vous permet d’atteindre une cible tout au bout de la ruelle et de faire mouche à tous les coups ; le tir étant, bizarrement, complètement droit alors qu’avec un vrai M203, on tire en cloche ses grenades. Heureusement, son utilisation est limitée puisqu’avec une telle puissance de feu, on aurait pu se faire l’ensemble des missions en utilisant uniquement cette arme.
Enfin, une tendance qui commence à sévir et qui agace au plus haut point, c’est le patriotisme américain bien mis en avant. En effet, le jeu joue beaucoup sur la corde du « C’est nous les meilleurs, c’est nous les plus forts » mais il va falloir s’y habituer. Heureusement, certains réalisateurs de films savent passer outre, notamment dans le film « La chute du faucon noir » (dont le jeu s’inspire, à priori, beaucoup) qui montre qu’une situation peut rapidement dégénéré et ce, même quand on est la nation la plus forte du monde et qu’on affronte quelques rebelles mal équipés mais déterminés.
N’ayant pas pu tester la capacité Online du titre, je ne m’avancerai pas à juger cette dernière.
Source: www.play-attitude.com
Les graphismes datent un peu mais les animations sont plus que correctes.
Un gameplay vraiment original mais qui montre ses limites dès lors qu’on passe de nombreuses heures en compagnie du jeu.
Rien à dire, on s’y croirait vraiment, il suffit de se laisser prendre au jeu pour vivre l’aventure à fond.
Une durée de vie honnête, de nombreuses missions vous attendent, certaines étant peut-être un peu trop difficiles. Si vous accrochez, vous vous replongerez dans certaines missions avec grand plaisir histoire de tester d’autres stratégies.
Si vous aimez les simulations militaires et que le système vous inspire, n’hésitez pas.












