Juiced
Depuis 2003, le jeu vidéo connaît une avalanche de titres estampillés course-tuning. Un peu comme si tous les éditeurs s’étaient passés le mot. Apparu avec Midnight Club ou des titres japonais comme Option Tuning Car Battle, le tuning vidéoludique a connu son apogée avec la sortie de Need for Speed Underground. S’inspirant de Fast & Furious, NFSU s’est imposé grâce à un subtil mélange de japonaises surboostées et de rap américain. Puis tous les jeux de course ont proposé du tuning. De Forza Motorsport à GTA, en passant par RPM Tuning et Midnight Club Dub Edition. Juiced arrive dans une catégorie très concurrentielle.
Argent et respect
Le mode carrière est le mode principal de Juiced. L’histoire est très classique : vous êtes un jeune pilote peu expérimenté qui arrive en ville. Vous faites la connaissance de TK qui vous défie. Ainsi, vous commencez tout en bas de l’échelle et vous découvrez petit à petit les différentes équipes de la ville. La gestion des équipes prend une place importante dans le mode carrière et il faut savoir gérer ses contacts. A chaque course, vous gagnez des points de respect qui sont répartis dans chaque équipe. Plus une équipe vous respecte, plus il sera facile de rentrer dans cette équipe ou la défier dans les courses en ville. Autre nouveauté intéressante, il est possible d’augmenter ses gains de course grâce aux paris. Ainsi, en pariant sur votre victoire avec un autre concurrent, vous pouvez remporter beaucoup d’argent. Enfin, si vous voulez encore plus progresser, vous avez la possibilité de créer de toutes pièces votre crew en recrutant des pilotes. Bref, les possibilités sont nombreuses.
Malgré ses nombreuses nouveautés, le mode carrière est un peu trop classique pour captiver le joueur. Vous devez choisir les courses à réaliser dans un calendrier ou par téléphone et non en défiant vos adversaires directement dans la rue à la manière d’un NFSU ou d’un Midnight Club. Les courses manquent d’originalité et la monotonie guette vite le joueur. On a l’impression de faire toujours la même chose : on customise sa caisse, puis on fait une course pour gagner de l’argent pour customiser encore plus sa voiture. Bref, on tourne en rond. De plus, les possibilités de tuning sont très limitées par rapport à Need for Speed Underground qui est certainement le plus complet sur le marché. Certes, les évolutions techniques se font progressivement par niveau mais les carrosseries et tout ce qui touche au design sont trop réduits en possibilité. Pas de spinners (jantes qui tournent), pas de vraies changements d’habitacle, pas de prise d’air sur le toit… Soit vous accrochez au fait d’enchaîner les courses et de gagner les véhicules progressivement, soit vous décrochez vite devant la répétitivité des circuits et des challenges. Comptez tout de même une bonne semaine pour venir à bout du mode carrière.
Arcade et online
Outre son mode carrière, Juiced propose une multitude de modes plus ou moins intéressants. Le mode arcade propose un grand nombre de championnats répartis selon les différentes catégories. Plus vous montez dans les challenges, plus vous débloquez de nouvelles voitures plus puissantes. Ce mode rappelle un peu le principe du premier Burnout où il fallait enchaîner les courses et les challenges pour gagner de nouveaux circuits et véhicules. L’innovation se situe dans la diversité des challenges proposés. Entre les épreuves de figures et les challenges de tour parfait, le mode arcade sait renouveler l’intérêt. De plus, la difficulté des dernières épreuves oblige le joueur à s’accrocher pour débloquer les ultimes voitures de classe A. Les véhicules et les circuits sont ensuite disponibles dans le mode Custom.
Juice Games n’a pas oublié les modes multijoueurs. Pour jouer à plusieurs, trois possibilités s’offrent à vous. Avec deux manettes, vous pouvez jouer en mode écran splitté. Le moteur du jeu supporte presque parfaitement les deux écrans et aucun ralentissement n’est à signaler. Cependant, le fun et la convivialité sont aux abonnés absents. Si vous avez six jeux, six télévisions et six PS2, vous pouvez jouer jusqu’à six dans des parties endiablées. C’est très certainement la meilleure façon de jouer à Juiced à plusieurs. Malheureusement, la complexité et le coût de l’installation en rebuteront plus d’un. Enfin, Juiced propose un mode en ligne, indispensable dans un jeu de course arcade depuis Midnight Club 2 et NFS Underground. Une petite communauté est en train de se créer autour de Juiced. Il est possible d’importer ses voitures et surtout d’en gagner de nouvelles en défiant d’autres pilotes. Un peu comme dans le mode carrière, vous pouvez créer une équipe et devenir les numéros 1 mondiaux ! Le système de paris est également de la partie. Malgré quelques lags, le mode online ne déçoit pas.
Tuning et Californie
Une cinquantaine de voitures est proposée dans Juiced et elles sont rangées dans sept classes distinctes. Vous les débloquez progressivement dans le mode Arcade et le mode Carrière. Tout en bas de l’échelle, on retrouve la 206 ou la New Beetle, puis dans la classe F, la Clio, la MR5 ou la Golf. Plus vous montez, plus vous trouverez des japonaises et des américaines surboostées. RSX (classe E), Corvette (classe D), Lancer Evolution (classe C), RX7 et S2000 (classe B) sont ainsi disponibles. Enfin, vous débloquez la classe A et ses bolides : Skyline GT-R, Viper GTS et Acura NSX. Chaque voiture offre de nombreuses possibilités de customisation. Toutefois, si Juiced fait dans l‘exhaustivité, la qualité de la modélisation laisse à désirer. Certes on reconnaît les véhicules du premier coup d’œil mais on est loin de la précision d’un Need for Speed Underground. Cependant, on apprécie le fait que les carrosseries soient déformables. Ce point ajoute cette petite touche de réalisme que le titre essaye d’insuffler dans sa charte graphique.
Les courses de Juiced se passe dans Angel City. Oh ! Comme c’est bizarre, ça rappelle Los Angeles et en plus, la ville proposée dans Juiced est une copie (presque) parfaite de la Cité des Anges. Manque d’inspiration ? On retrouve donc tous les coins typiques de LA : le Downtown, la plage (appelée Southside Beach), le quartier latino, la zone portuaire et même la sinistre Suburb de LA. Visuellement, la ville est agréable à l’œil. Dommage que l’on ne puisse pas s’y balader librement. Les bâtiments sont plutôt bien modélisés et le décor fourmille de détails. Juiced multiplie les effets graphiques. A grande vitesse, l’écran se déforme et laisse apparaître un très joli effet de blur. Sous la pluie, les gouttes ruissellent sur l’écran rendant l’expérience de jeu chaotique mais existante. Avec la chaleur californienne, on aperçoit des effets de chaleur au loin. En outre, le pop-up et l’aliasing se font discrets et ne viennent pas gâcher le visuel de Juiced.
Réalisme et spectacle
La conduite dans les jeux estampillés tuning est toujours très simple, voire basique. Les moteurs physiques ne sont pas réalistes et les différences de poids entre les différents véhicules ne sont pas prises en compte avec exactitude. L’équipe de Juice Games prend à contre-pied les autres productions. Pas étonnant, lorsque l’on connaît l’expérience de l’équipe sur un titre comme Lamborghini. Juiced mise donc sur un réalisme surprenant. On ressent tout le poids des véhicules et leurs comportements sont réalistes. Dans un tête-à-queue, votre voiture ne fait pas des tonneaux surréalistes. Chaque véhicule a des réactions différentes : une Clio Sport ne se conduit pas de la même manière qu’une Impreza WRX. L’adhérence est également différente selon la surface. Sur de l’asphalte mouillé, la voiture devient presque incontrôlable à grande vitesse et la conduite sous la pluie demande une attention toute particulière. La gestion des dégâts est réaliste et localisée. De nombreux crashs dans les glissières de sécurité peuvent entraîner une fuite de nitro. Enfin, Juiced a repris le système de pression de R. Racing Evolution : lorsque vous collez au train un adversaire, vous poussez ce dernier à l’erreur.
Outre des variantes de courses sur un circuit, Juiced propose deux autres façons de jouer. La première est une reprise du mode Drag de NFSU2 renommé ici Sprint. Sur une grande ligne droite, il faut pousser à fond les performances de votre moteur. Il faut passer ses vitesses au bon moment pour ne pas se faire distancer par vos adversaires. Le deuxième mode est original dans les jeux de caisses. Il s’agit du Show Off. Vous avez 2 minutes pour enchaîner les prises et impressionner le public. A vous d’exécuter les Donuts, J-Turn et autres 360 Spin. Il est même possible de faire des combos. Le mode Show Off mérite un léger temps d’adaptation car il est loin d’être évident. Cependant, malgré ses modes de jeux excellents, il manque un petit quelque chose pour que Juiced entre dans le panthéon des très bons jeux de courses arcade. L’IA est très relevé, un peu comme Burnout. Mais contrairement à ce dernier, les circuits de Juiced ne retrouvent pas dans les conditions de circulation. Il manque donc cette intensité et ce punch que l’on retrouve dans Burnout.
Source: www.play-attitude.com
Juiced n’est pas une grosse claque graphique. Les véhicules manquent de détails. Les nombreux effets et les décors rattrapent le visuel.
Le jeu apporte une touche de réalisme encore jamais vu dans ce type de jeu. Cependant, le manque de punch se fait vite ressentir.
Des grands noms ont participé: Xzibit, Kasabian ou TV on the Radio (pour Tsokoa). Mais, l’ensemble est inférieur aux autres jeux du genre
On enchaîne les courses sans vraiment d’envie. Comptez moins d’une semaine pour boucler la carrière. Le mode online est un plus.
Un jeu de tuning de plus sur PS2. Inférieur à un NFSU2 mais supérieur à un RPM Tuning ou à Street Racing Syndicate.









