Tekken 5
Heihachi Mishima... is dead
Une nouvelle fois, on échappe pas à l'annonce; « oui Tekken Tag Tournament c'était juste pour la déconne car on avait pas le temps de faire du neuf d'ici la sortie de la console... bon pour Tekken 4 c'est vrai qu'il y a toujours rien de neuf mais bon le jeu est pas si mal après tout, non ?... mais là, vous allez voir, pour le 5 c'est vraiment novateur... ». On enfourne donc le jeu dans la Playstation 2, pas forcément convaincu.
Après une séquence de shoot de Starblade un peu anachronique mais marrante en ouverture (c’est la mode, Namco ayant fait quelque chose de similaire avec Ridge Racers sur PSP), on tombe sur la cinématique d'intro en images de synthèse.
En terme de technique voire même de mise en scène, c'est vraiment bien foutu et beau à voir, mais niveau histoire et personnages, là aussi on est encore un peu dans l'anachronisme. D’accord les jeux de baston sont à peine plus réputés pour leur scénario que les shoot'em up mais on a vraiment l'impression d'un coté série Z parfois. C'est le style de jeu d'accord, mais ce qui était déjà limite dans les années 90 commence a vraiment être dépassé au XXIème siècle. On assiste donc à l'attaque par des robots « Jack » de la G Corporation du temple des Mishima où se trouvent Heihachi et Kazuya, le tout étant surveillé par un personnage sombre, sorte de sosie de Wesley Snipes dans Blade qui semblerait avoir le même coiffeur que Djibril Cissé. Après cette scène d'action et de combat stylée qui mène à l'explosion du temple ainsi que la mort supposée de Heihachi (un des personnages centraux de la série), on a le droit à une présentation rythmée des différents personnages dans des scénettes qui définissent bien la personnalité de chacun, le tout sur un air de J-Rock plutôt accrocheur.
Virtua Tekken 4 Evolution
Autant le dire tout de suite, même si c'est un bon jeu, Tekken 5 ne brille pas par son originalité. En arrivant sur le menu principal, vous pouvez choisir le mode Story qui propose, en quelques combats, de vivre l'aventure d'un personnage lors du Iron Fist Tournament. Les séquences introduisant les histoires de chacun sont illustrées par des artwoks au charme certain mais qui ne parviennent pas à faire oublier la vacuité de leurs motivations (vengeance, défi personnel ou juste « j'ai vu de la lumière et je suis d'un naturel curieux alors me voilà ») et des fins assez peu intéressantes. Les fans hard-core de la série pourront un peu poursuivre le cheminement des personnages principaux, mais le tout reste sans surprise et assez banal.
Le mode arcade permet, lui, de prendre un personnage et de lui faire monter les échelons au fil des combats. Les adversaires que vous rencontrez ont un rang (kyu) et selon vos résultats vous pourrez monter ou descendre. Ce mode est une bonne idée puisqu'il a été copié sur Virtua Fighter 4 Evolution mais du coup l'originalité en prend un coup.
Dans ce mode, vous gagnez des points qui servent à acheter des objets pour personnaliser l'apparence de votre avatar. Encore une bonne idée mais qui tire son inspiration, une nouvelle fois, de VF4Evo.
En plus des classiques du genre avec les modes Survival, Time Attack ou Combat en équipe, ce Tekken permet de jouer à d'anciennes versions de Tekken 1,2 et 3. Ces ajouts sont dans le fond une bonne idée mais il aurait fallu aller jusqu'au bout et proposer les jeux en entier d'autant que le troisième épisode est vraiment agréable à jouer mais les deux premiers ont quand même pris un sacré coup de vieux, ce qui donne un petit coté gadget à cette initiative.
Devil Inside
Une des particularité des Tekken est d'offrir un mini-jeu sous forme de beat'em all 3D. Pour ce cinquième épisode, le jeu s'appelle « Devil Within » et vous met dans la peau de Jin parcourant les couloirs de la G Corporation. Autant les anciens Tekken Force étaient très répétitifs, bourrins et sans grand intérêt, autant cette fois ils ont vraiment réussi à toucher le fond vidéoludiquement (Note de Fred : Ce mot est Copyright Tsokoa) parlant. Il n'y a donc qu'un personnage jouable et à peine plus d'ennemis différents. Les décors sont ultra répétitifs et moches en plus. Même les missions de réalité virtuelle des Metal Gear sont cent fois plus stylées. On retrouve ce trait de faute de goût et de répétitivité dans la musique du mode purement et simplement ridicule, sorte de remix techno de musique d'ascenseur apocalyptique. Pour ce qui est du level design, on approche du zéro absolu, on a le droit à des problèmes de caméra et des combats brouillons sans aucun plaisir de jeu.
On en vient à se poser LA question : « Pourquoi ?! ». Ce mini-jeu bonus fait plus office de cadeau empoisonné et apparaît véritablement sans aucune utilité. Ah si, si vous avez du temps à perdre et aucun amour propre vous pourrez gagner pas mal de points pour le mode personnalisation.
Fist Fighting
Malgré tout ça, Tekken 5 en soi reste plutôt un très bon jeu de combat. L'écran de sélection du personnage est vraiment bien fourni dès le départ et vous pourrez débloquer des combattants au fur et à mesure de l'avancement dans le jeu. Les nouveaux personnages ont un profil intéressant et complètent bien la liste des anciens combattants. Asuka (« Eh Jin tu nous avais caché que t'avais une cousine mignonne! ») est un personnage féminin pas forcément très original mais toujours plaisant à voir. Raven n'est pas une adolescente de sitcom douée de talents de voyance, mais le fameux clone de Blade au style de combat rapide quand on enchaîne mais qui demande un peu de pratique pour maîtriser les différentes positions et ne pas offrir d’ouvertures trop faciles à son adversaire. Enfin Feng Wei est, lui, un personnage qui maîtrise l'art martial du Kempo, c'est un personnage sombre et puissant qui combat d'une manière stylée et violente.
Niveau combat, pas de révolution mais quelques petits ajustements. Tekken reste un jeu relativement arcade. Ce qui est un peu débile à dire, les jeux de combats étant sur des bornes d'arcade par essence, mais le jeu de Namco se caractérise par sa prise en main et ses combats assez rapides. Comme toujours, les boutons fonctionnent par pairs comme les membres qu’ils commandent. Un bouton pour le bras gauche, un pour le bras droit... à part Steeve le boxer qui ne combat qu'avec ses poings, les deux autres boutons faisant des esquives spéciales.
On a souvent critiqué le jeu pour dire que le bourrinage aléatoire de boutons permettait de battre n'importe qui, ce qui n'est pas totalement faux et vaut pour a peu près tous les jeux du genre mais qui est à relativiser dans cet épisode. Même si les esquives laissent encore à désirer, il est primordial de connaître les combinaisons de touches pour faire effectuer des mouvements classieux et destructeurs à son combattant. Les combats semblent plus puissants, plus massifs, se rapprochant ainsi un peu des Dead Or Alive. Les styles de combat des différents personnages sont variés et demandent un peu de temps pour être totalement maîtrisés.
Ceci est d'autant plus vrai pour le boss de fin, les développeurs ayant pris la fâcheuse habitude de mettre des persos énormes entourés de millions d'effets lumineux qui n'offrent aucune lisibilité de l'écran et de les pourvoir d'un coup qui enlève plus de la moitié de votre vie.
L'efficacité prend ainsi parfois malheureusement le pas sur l'art du combat (un peu à la Devil May Cry 3), ce qui laisse encore le jeu derrière Virtua Fighter.
Niveau réalisation technique, pas grand chose à dire. Les décors sont vraiment superbes, certains atteignent même le somptueux comme ce niveau au ciel rouge si japonisant, ou l'extérieur d'un château par une nuit bleue avec un champ d'ou émane une lumière blême et irréelle qui rappelle le dernier combat de Metal Gear Solid 3. Le décor est en partie destructible, sans que cela soit trop ostentatoire, ce qui permet de parfaitement accompagner l'action.
Pour ce qui est de la musique enfin, on peut remarquer certains thèmes épiques et galvanisant qui soutiennent parfaitement l'action des combats mais d'autres relèvent, quand à eux, plus des compilation techno de la fin des années 90.
Source: www.play-attitude.com
Qu’il s’agisse des cinématiques ou les phases de combat, pas grand chose à reprocher au jeu, peut être juste la modélisation des visages qui aurait pu se placer un cran au dessus, et le mode Devil Within qui fait honte au jeu.
Pas aussi technique qu'un Virtua Fighter, ni aussi puissant qu'un SoulCalibur, Tekken 5 offre un système de jeu abordable, varié et assez profond pour satisfaire les fans du genre. On ne peut pas en dire autant du mode Devil Within qui est risible à ce niveau.
Certains thèmes musicaux sont vraiment bons et collent parfaitement à l'action, d'autres font preuve de moins de goût, notamment pour le mode Devil Within où on touche le fond musicalement parlant aussi.
Comme tout jeu de combat, il ne faut pas se contenter de finir les modes story, même si, vu le nombre de combattants disponible, c'est déjà un défi,mais les ajouts du jeu, même si certains sont intéressants, manquent clairement d'originalité.
Un bon jeu de combat qui a la chance de sortir avant ses concurrents directs, une façon d'éviter l'affrontement même si c'est un peu un aveu de faiblesse, surtout pour un jeu de combat.





















