Moto GP 4
Le jeu s’ouvre sur une sublime cinématique. Le Moto GP, ce n’est pas que des 1000cc qui tournent autour d’un circuit, c’est également des dépassements millimétrés, des rebondissements toutes les minutes et des chutes spectaculaires. Puis un menu apparaît pour vous faire découvrir les nouveautés de ce quatrième opus. Enfin, les différents modes de jeux se dévoilent.
Base de données plus complète
Les fans les réclamaient à cors et à cris et Namco les a écoutés. Les pilotes et les motos des championnats 125cc et 250cc sont enfin disponibles. Dovizioso, Locatelli, Barbera, Lorenzo, Nieto ou Fabrizio Lei sont évidemment présents ainsi que leurs motos respectives (Honda RSR, Aprilia RSW…). Dans la catégorie 250, on retrouve le pilote français Randy de Puniet sur Aprilia ainsi que l’Equipe de France avec Arnaud Vincent et Grégory Lefort. Toutefois les courses en 250 sont dominés par Daniel Pedrosa sur Honda et Toni Elias sur Aprilia même si Porto et Poggiali jouent les outsiders. En Moto GP (ce qui correspond au 1000 cm³), Rossi, Biaggi, Checa, Gibernau, Hayden, Barros et Nakano ainsi que leurs motos répondent à l’appel. Les amateurs de moto ont tout de suite remarqué l’un des défauts de ce MotoGP4 : la base de données correspond à la saison 2004 ! Dovizioso, Locatelli et Lorenzo sont passés en 250, Pogialli est retourné en 125, Jacque qui a effectué son grand retour, n’est même pas sélectionnables. Petite consolation : des pilotes de légendes sont présents comme Mike Doohan ou Wayne Rainey. Même si elle s’avère complète, la base de donnée de Moto GP4 décevra les fans.
Les seize circuits de la saison 2004 sont présents. De l’Afrique à l’Espagne, en passant par le Japon, le Brésil ou le Qatar ; le calendrier 2004 est un tour du monde passionnant. Les circuits proposés permettent aux novices ainsi qu’aux pros d’apprécier le pilotage des motos. Des tracés comme le Nelson Piquet de Rio ou le circuit de Brno en République Tchèque sont idéaux pour commencer l’apprentissage. Au contraire, les circuits de Donington (Angleterre), Mugello (Italie) ou Es toril (Portugal) sont très difficiles pour les débutants mais raviront les experts en pilotage. Le calendrier 2004 accueille également des circuits au tracé très techniques : c’est le cas de Phakisa en Afrique du Sud, le circuit du Mans ou Valencia. Jerez (Espagne), Motegi (Japon), Sepang (Malaisie) et Phillip Island (Australie) sont quatre circuits très fluides où les dépassements sont légions. On retrouve également des tracés à la fois techniques et rapides avec Assen (Pays-Bas), Sachsenring (Allemagne) ou le circuit de Catalunya (Espagne). A noter l’arrivée du tracé de Losali près de Doha au Qatar. Trois circuits sont à débloquer : le circuit d’entraînement très complet, Suzuka et le mythique Paul Ricard. Exit le GP de Shanghai, le circuit de Laguna Seca et le GP d’Istanbul nouvellement inscrits dans le calendrier 2005.
Mode Saison : de la 125 au Moto GP
Déjà présent dans l’opus 3, le mode saison fait son retour et propose des nouveautés appréciables. Avant de piloter une Moto GP et battre Biaggi ou Rossi, il faudra faire vos preuves en 125, puis en 250. Une progression réaliste en quelque sorte puisque la majorité des pilotes en Moto GP ont d’abord briller dans les championnats inférieurs. Une saison comporte 16 Grands Prix et chaque GP se déroulent en 3 étapes. Les Essais Libres permettent aux pilotes de mieux apprécier les conditions de la course. Vous avez plusieurs tours pour repérer les freinages, les épingles ainsi que les zones d’accélération. Les essais libres permettent également de tester des réglages moteurs ou de frein. Les tracés étant soit rapides, soit techniques ou parfois les deux à la fois, il est préférable de bien connaître le circuit avant de se lancer dans les qualifications. Ces dernières se déroulent en 3 tours et permettent de déterminer les places sur la ligne de départ. Fort heureusement, vous aurez les temps de référence des autres pilotes pour vous repérer. Selon le niveau de difficulté, les temps sont plus ou moins difficiles à battre même si réaliser un tour (presque) parfait est aisé. Enfin, viens le moment de la course. Tout le travail accompli pendant les Essais et les Qualifications se concrétise. La première place ou au pire, le podium n’est qu’une formalité pour les pilotes expérimentés.
J’en vois certains qui redoutent déjà la répétitivité des Grands Prix et du triptyque Essais-Qualif’-Course. Namco a eu la bonne idée de rajouter des mini-jeux entre certains GP. Ces mini-jeux sont des moyens de tester vos capacités au pilotage. Ils permettent également d’upgrader sa moto en réalisant des objectifs faciles au premier abord. Cependant, le joueur n’a le droit qu’à un seul essai. Les pilotes sachant improviser pourront facilement remplir les objectifs; les autres auront le droit à un ferme et définitif « Challenge Échoué ». La difficulté des mini-jeux contraste avec la facilité des courses. L’IA de vos adversaires n’est pas agressive et ils se contentent de suivre une ligne définie un peu comme dans Gran Turismo. Cependant, le mode Saison propose une durée de vie plus qu’acceptable même si la répétitivité des GP se fait ressentir.
Pas de bouleversements concernant les modes solo
Un mode Entraînement fait son apparition. Il permet aux joueurs novices de débuter aisément dans MotoGP4. Plusieurs leçons sont proposées allant de la plus élémentaire (accélérer et tourner) au plus complexe (maîtriser sa bécane sur sol mouillé). A la manière des permis de GT4, il faut réaliser des temps lors des épreuves pour décrocher des médailles (or, argent et bronze). Décrocher toutes les médailles d’or est le défi ultime du fan alors que le novice se contentera du bronze et exultera lorsqu’il décrochera in extremis une médaille d’argent. Ni trop difficile, ni trop facile, le mode Entraînement est malheureusement la seule nouveauté de ce quatrième opus de Moto GP.
Les autres modes solo sentent le réchauffé. Déjà présents, les modes Arcade, Contre-la-Montre et Challenge n’ont connu que de légères évolutions. Dans le mode Arcade, il est désormais possible d’activer le Mode Mêlée qui permet de prendre part à une course folle à n’importe quelle position. Vous pouvez démarrer en Pôle Position et subir la pression de vos poursuivants. Ou vous pouvez commencer à la dernière ligne pour remonter et dépasser tous vos concurrents et finir sur la plus haute marche du podium. Le mode Contre-la-montre permet de sauvegarder plusieurs fantômes de référence pour constater votre évolution. Dans le mode Challenge, vous devez remplir des petits objectifs plutôt sympathiques : battre les meilleurs pilotes, participer à des Survival, faire des tours en temps limité, s’arrêter dans une zone de freinage… La difficulté est croissante et chaque challenge réussi permet de gagner des crédits. Ces derniers sont ensuite utilisables dans le Magasin du Menu Stand. Pilotes, circuits, vidéos, photos… les fans de moto vont sûrement adorer. Même s’ils ne révolutionnent pas la série, les modes solo proposent un challenge souvent relevé et une durée de vie appréciable.
Du jeu à 4, un mode LAN, mais pas de Online
Annoncé il y a quelques mois, le mode online n’est finalement pas de la partie. Un manque de temps serait à l’origine de cette annulation de dernière minute. Ce n’est pas la première fois que sur PS2, les développeurs suppriment un mode online, initialement annoncé : on se souvient de WRC 3 mais aussi de Gran Turismo 4. A la place, Namco a intégré un mode LAN jusqu’à 8 joueurs. Chaque joueur doit posséder sa télévision, sa console et son jeu pour pouvoir s’affronter. Difficile à mettre en place pour les particuliers, cette option permet de jouer à plusieurs dans des bonnes conditions. Pour les moins fortunés, il reste la possibilité de jouer jusqu’à 4 en écran splitté. Il est même possible de jouer en mode grand prix avec des pilotes contrôlés par l’IA. Malheureusement, le plaisir de jeu est loin d’être optimale : le frame-rate est considérablement ralentit et les ralentissements sont légions. De plus, il est très difficile de soigner ses trajectoires sur un aussi petit écran. On fonce dans le tas en espérant que ça passe et tant pis, pour les sorties de route. On regrette également que les développeurs n’aient pas pensé à introduire des challenges, jouables à plusieurs. Contrairement aux modes solo, Les modes multi-joueurs de MotoGP4 déçoivent par leur pauvreté et par leur réalisation.
Gameplay, Moteur physique et plaisir de jeu
MotoGP4 se veut proche de la simulation tout en ne reniant pas ses origines arcade. C’est pour cela que le jeu s’adresse à la fois aux puristes et aux novices. Pour les joueurs débutants, il est possible d’activer l’assistance au freinage. Cette option permet de mieux aborder les virages en anticipant automatiquement les freinages. Une fois activée, il est possible de gagner une course en étant à fond dans les courbes. Idéal pour débuter, l’assistance au freinage s’avère être limitée tant la moto perd de la vitesse. De plus, il est impossible de faire des freinages tardifs avec l’assistance et donc d‘élaborer des stratégies de dépassement. Pour s’approcher de l’expérience réelle, il faut jouer en mode simulation et activer les freins avant-arrière et les transferts de masse. Les puristes devraient retrouver des sensations proches de la réalité : pour aborder les virages, il faut anticiper le freinage et ne pas accélérer brusquement en sortie de courbes. En pratique, le mode simulation se révèle très difficile à prendre en main. Les boutons de la Dual Shock n’étant pas un modèle de précision (contrairement aux gâchettes de la manette XBOX ou Dreamcast), doser son accélération et ses freinages sont laborieux et trop souvent « risqués ». La chute est souvent inévitable.
Prend-t-on vraiment prendre du plaisir à jouer à Moto GP 4 ? Oui, le jeu de Namco est une réussite. Le temps d’adaptation est relativement court et après quelques heures de jeux, on essaye de prendre la meilleure trajectoire possible en dépassant ses concurrents. Même s’il n’est pas parfait, le moteur physique est crédible : les MotoGP sont lourdes et ont une forte accélération tandis que les 250cc et 125cc sont légères mais moins puissantes. Les sensations de vitesse auraient pu être mieux retranscrites. La prise en main est moins souple qu’un Moto GP URT sur Xbox; la faute à un moteur physique moins élaboré. Fort heureusement, il est tout de même possible de réaliser des jolies trajectoires. Moto GP4 est un habile compromis entre arcade et simulation. Il est suffisamment accessible pour le débutant et particulièrement pointu pour le fan. L’IA confirme ce compromis. Elle suit la plupart du temps un rail mais sait tout de même pimenter les courses en tentant des dépassements souvent risqués. C’est grâce à ce gameplay mêlant plaisir et réalisme que Moto GP 4 s’impose comme la référence du genre sur PS2 en attendant la contre-attaque de THQ sur XBOX.
Source: www.play-attitude.com
Même s’il reste des progrès à faire, la modélisation des motos est correcte et réaliste. Les décors manquent un peu de vie. On note de nombreuses chutes de frame-rate lorsque l’écran est trop chargé.
Les comportements des motos sont réalistes et la sensation de vitesse est grisante. Les novices apprécieront l’accessibilité tandis que les experts chercheront à soigner leur trajectoire. Un compromis idéal entre arcade et simu.
Les musiques sont dans la pure tradition Namco : du rock japonais teinté d’electro. Dispensable. Les bruits des motos sont crédibles mais un peu exagérés.
Le mode Saison offre une durée de jeu conséquente avec trois championnats à gagner. Le mode Challenge et le mode Mêlée sont deux bonnes idées. On regrettera l’absence du mode online.
La série des Moto GP est la seule série de moto potable sur PS2. Certes, ce quatrième opus n'apporte rien de nouveau mais il saura plaire aux amateurs de moto.








