Sonic Mega Collection Plus
Le jeu se lance sur le logo et surtout sur la voix digitalisée lançant le célèbre « SEEEEGAAAAA ». Le fan verse une larme et repense à tous ces mercredis après-midi passés devant sa Megadrive à chercher les Chaos Emerald et en tentant de finir le jeu le plus rapidement possible. Et là, on se frotte les mains ! On se dit que SEGA a tout compris ! On se dit que Sonic Mega Collection Plus est la compilation ultime mettant en scène notre héros culte du début des années 90 ! Et on découvre les jeux disponibles dans cette compilation.
Les 4 opus Megadrive : des valeurs sûres
C’est en 1991 que sort le premier opus sur Megadrive. A l’époque, Sonic the Hedgehog est LE jeu qui fallait avoir. Une véritable aubaine pour SEGA. Un don de Dieu enfanté par Yuji Naka et la Sonic Team (anciennement appelé AM8). Le gameplay est toujours aussi basique (un seul bouton utilisé) mais les sensations sont toujours aussi fortes. Si Mario misaient sur un gameplay basé sur l’exploration et sur des phases de plate-forme ardues, Sonic préfère miser sur le fun et la vitesse. Au niveau graphique, c’était du jamais vu ! Avec ses sprites détaillés, ses décors magnifiques et son scrolling étonnant, Sonic a longtemps été ce qui se faisait de mieux en 2D. Une référence absolue.
En 1992, SEGA et la Sonic Team remettent le couvert avec Sonic 2. Ce nouvel épisode apporte quelques nouveautés intéressantes. Sonic a à ses côtés Miles « Tails » Prower, un renard à deux queues qui a la capacité de s‘envoler tel un hélicoptère. Ainsi, Tails peut découvrir des passages cachés ou survoler les niveaux pour les finir plus rapidement. On peut également faire des Spin Dash avec Bas et Croix. Il consiste à se mettre en boule pour effectuer un démarrage canon. Le gameplay devient plus consistant grâce à cette nouvelle possibilité. Enfin, l’aventure de Sonic 2 est plus longue et surtout plus difficile que celle du premier Sonic.
Après un break de 2 ans, Sonic revient en pleine forme dans Sonic 3. Le personnage de Knuckles apparaît. Le Porc-épic est le gardien de la Master Emerald et à voler les Chaos Emerald qui permettent au hérisson de se transformer en Super Sonic. Ce Sonic 3 offre la possibilité d’utiliser des pouvoirs. Avec la bulle, Sonic peut rebondir et est protégé de la noyade. Avec l’électricité, le hérisson peut attirer les anneaux et faire un double saut. Avec le feu, Sonic se transforme en boule de feu et ne craint plus les attaques de certains ennemis. Excepté le design des personnages, le moteur utilisé semble plus performant même si on relève çà et là des petits ralentissements. Un bon jeu mais qui a déçu beaucoup de gamers à sa sortie.
Après le manque d’inspiration de Sonic 3, les développeurs de la Sonic Team livre aux fans le Sonic & Knuckles que tout le monde attendait. Avec ce nouvel opus, la série se dote d’un nouveau personnage jouable : Knuckles, le porc-épic bad boy qui a la capacité de planer et de s’agripper aux parois. Selon le personnage choisi, le déroulement de l’histoire ainsi que les chemins empruntés dans les niveaux seront différents. De plus, sachez que la difficulté a été revue à la hausse et il faudra économiser vos vies pour pouvoir voir la fin de l‘histoire.
Les Sonic atypiques
Conscient du potentiel commercial du personnage de Sonic, SEGA avait eu la « bonne » idée de lancer son personnage dans des genres éloignés du concept original. Sonic se la jouait à la Mario en apparaissant dans des jeux ludiquement contestables.
On commence avec le moins mauvais. Dr Robotnik’s Mean Bean Machine est un clone de Columns. Le principe est simple : empiler des blocs de couleur et effectuer des combos dévastateurs. L’univers de Sonic n’est qu’un prétexte commercial Ne boudons pas notre plaisir puisque ce Tetris-Like se révèle très fun à deux. Par contre, en solo, on s‘ennuie vite.
Dans la série « Je fais du n’importe quoi avec mon héros charismatique », je demande Sonic Spinball. Comme son nom l’indique, c’est un jeu de flipper. Malheureusement, si le concept de départ était intéressant, le jeu l’est beaucoup moins. Les graphismes sont ternes, la maniabilité est laborieuse et la difficulté est trop élevée. Sonic Spinball sent le jeu à licence sorti à la va-vite pour combler un vide (Noël 1993 plus précisément).
Enfin, le dernier Sonic « Alternatif » est l’œuvre de Traveller’s Tales. Il s’agit de Sonic 3D, un jeu d’exploration en 3D isométrique. A l’époque, le mot «3D» était à la mode et la cartouche de Sonic 3D était vendue au alentour de 530F (soit deux fois plus cher qu’une cartouche classique). Beaucoup d’argent pour pas grand chose. L’esprit Sonic a disparu de cet opus lent et gauche. La maniabilité est loin d’être agréable et on traverse les niveaux sans ce fun qui guidait nos pas dans les Sonic 2D.
Les Sonic (trans)portables
Pour justifier la mention « Plus », SEGA a inséré six jeux Game Gear. Certes, il n’y a aucun intérêt de jouer à une console portable sur sa télé. Certes, ça pixellise beaucoup. Mais, c’est toujours agréable de jeter un œil sur ces jeux 8 Bits qui bouffaient en moins de 2h, six piles LR6. Le premier Sonic à être sorti sur Game Gear est l’adaptation Master System de Sonic 1. Le jeu perd son scrolling hallucinant mais cette perte est compensée par un aspect plate-forme plus poussé. Adaptation de Sonic 2, Sonic Chaos offre la possibilité de choisir entre Sonic et Tails. Le jeu est agréable à jouer même si les graphismes font un peu pitié. Avec Sonic Blast, SEGA a tenté de reproduire un effet 3D à ses sprites et à ses décors. Le résultat est décevant et, pire, cela ralentit le jeu. Pour concurrencer Mario sur tous les terrains, SEGA avait lancé Sonic Drift, un jeu de kart à la maniabilité pitoyable. Dans cette compilation, on retrouve le premier épisode inédit en France (contrairement à Sonic Drift Racing). Reprenant la 3D isométrique de Sonic 3D, Sonic Labyrinth est lent, injouable et inintéressant. Enfin, SEGA a ajouté l’adaptation Game Gear de Dr Robotnik’s Mean Bean Machine. Inutile puisque l’épisode Megadrive est déjà présent dans la compilation.
Au final, ça sent un peu l’escroquerie. Oscillant entre l’inutile, le discutable et le médiocre, les épisodes Game Gear sont dispensables sauf si vous vous intéressez à l’histoire du jeu vidéo. On pourrait également reprocher à SEGA d’avoir choisi la Game Gear : l’écran de la portable s’adapte mal à nos télévisions. Il aurait été plus judicieux de proposer les adaptations Master System.
Le Musée et les Bonus
Avec les goodies et les jeux à débloquer, SEGA a voulu justifier son côté « Mega Collection ». Dans le menu Musée, l’éditeur au hérisson bleu a également voulu faire plaisir aux fans. On retrouve donc une bonne centaine d’illustrations plus ou moins récentes touchant à l’univers de Sonic. Chaque personnage principal a sa galerie. Cependant, si vous vous attendiez à découvrir des artworks originaux et datant du début des années 90, vous risquerez d’être déçu puisque la majorité des illustrations reprennent le character design actuel. De plus, on ne retrouve pas les Wallpapers qui étaient inclus dans Sonic the Screen Saver (Sorti en 1997 sur PC). Ensuite, le musée offre une dizaine de vidéo tirée de Sonic Heroes, qui décortiquent les étapes de production d’une séquence en image de synthèse (Story-board, essai et montage finale). Puis, on retrouve les Comics qui sont là pour nous rappeler que Sonic a également eu une belle carrière dans la BD. Malheureusement, un seul numéro est disponible entièrement; pour les autres, il faudra se contenter de la couverture. Enfin, les manuels de tous les jeux disponibles sont consultables. Toutefois, il faudra comprendre l’anglais puisque aucun n’est traduit dans la langue de Molière.
Pour maintenir le joueur en haleine, certains jeux sont à débloquer. Déjà présent dans la version Game Cube, Flicky vous met dans la peau d’un petit oiseau qui doit sauver ses amis dans des niveaux de plus en plus difficiles. Marrant 10 minutes. On continue ce tour d’horizon avec les 3 jeux disponibles grâce à la technologie Lock-On. Cette technologie permettait de connecter les anciennes versions de Sonic sur la cartouche de Sonic & Knuckles. Si l’on branchait le premier Sonic, on obtenait Blue Spheres (qui permettait de jouer les Emerald Stage de Sonic 3). Si l’on connectait Sonic 2, on pouvait débloquer le personnage de Knuckles. Enfin, si l’on connectait Sonic 3, on obtenait une méga-aventure avec un scénario inédit. Trois petits plus qui sont aujourd’hui débloquables dans Sonic Mega Collection Plus. Et ce n’est pas tout puisque l’on peut également débloquer trois jeux Megadrive : Ristar (un excellent jeu de plate-forme bourré de bonnes idées), Comix Zone (un beat’em all assez ardu) et The Ooze (un jeu relativement médiocre). En attendant la sortie d’un « Megadrive Mega Collection ».
Est-ce la compilation ultime ?
Malheureusement, Sonic Mega Collection Plus n’est pas encore la compilation ultime que tous les fans attendent. SEGA accumule les oublis impardonnables. Tout d’abord, la compilation s’arrête à l’année 96. Aucune trace des jeux Saturn : la vraie version de Sonic 3D (avec ses stages en 3D temps réel), Sonic the Fighters (un jeu de baston 3D reprenant le système de Virtua Fighter), Sonic R (un jeu de courses très fun) ou même Sonic Xtrem (qui n‘est jamais sorti en version officielle). SEGA a également fait impasse sur les SONIC moins connus. Sonic CD et ses voyages dans le temps sont donc absents, tout comme Knuckles Chaotix (sur 32X). En ce qui concerne les jeux Game Gear, de nombreux titres manquent à l’appel : Sonic Triple Trouble (un jeu de plate-forme marrant), Sonic Drift 2 (bien meilleur que le premier opus) et les deux jeux mettant en scène Tails (qui ont laissé de bons souvenirs). Enfin, SEGA s’est contenté du minimum syndical pour le musée avec des illustrations (trop) officielles, des vidéos inintéressantes et peu de Comics entiers. Où sont les anecdotes, l’historique de l‘univers de Sonic, les OAV, les musiques, les séries animés, les produits dérivés en tout genre ?? Peut-être dans la nouvelle compilation intitulée Sonic Gems Collection…
Source: www.play-attitude.com
Les jeux Megadrive sont toujours aussi beaux et colorés. Quant aux jeux Game Gear, la taille des écrans TV semble être inadaptée. Enfin, SEGA a oublié le mode 60Hz pourtant présent dans la version Game Cube.
Côté ange, la maniabilité oscille entre l’intuitif (les quatre Sonic originels) et le sympathique (Mean Bean‘s Machine). Côté démon, on touche le fond avec un Sonic Labyrinth totalement injouable et un Sonic Spinball poussif.
Toutes les musiques qui ont bercé notre jeunesse sont présentes ! Aucun remix hideux à déplorer; c’est du 100% oldies ! Cependant, il est impossible de les écouter dans le Musée.
Avec ses 20 jeux d’une qualité inégale, Sonic Mega Collection Plus possède une durée de vie proche des 25 heures ! Sonic CD et Knuckles Chaotix brillent par leurs absences.
L'aspect compilation peut rebuter. Le but est ici de faire découvrir aux jeunes générations tous les charmes du jeu de plate-forme 2D. Par contre, niveau jeu, on est en terrain connu. Où sont les raretés ?










