Richard Burns Rally
Le nom de Richard Burns n’est pas inconnu des fans avertis de rallye. Le pilote anglais a commencé sa carrière dans le championnat WRC en 1996, au volant d’un Mitsubishi Lancer. En 1999, il entre chez Subaru pour remplacer Colin McRae et il le fera avec brio puisqu’il deviendra champion du monde en 2001. Au volant de la 206 WRC, lors des saisons 2002 et 2003, il ne retrouvera pas ses marques même si son équipe devient championne des constructeurs. Il se retire des circuits en 2004. La même année, SCI Games annonce l’arrivée d’un jeu portant son nom. Le développement est confié au studio Warthog qui n’est pas un débutant puisqu’ils ont déjà travaillé sur Rally Championship, sur Playstation 2. On peut, donc, considérer ce Richard Burns Rally (RBR) comme la suite de ce médiocre soft.
Back to school
On ne devient pas pilote de rallye en claquant des doigts. Il faut, donc, passer par l’inévitable école de rallye. Elle est divisée en deux catégories de leçons, à savoir Basique et Avancée. La première permet de débloquer le mode Saison tandis que le succès, dans la seconde, sera récompensée par la voiture préférée de Richard Burns. Ces épreuves sont très difficiles, surtout les leçons avancées. Il faudra donc souvent plusieurs essais avant de réussir l’enchaînement demandé. Pour vous donner une idée, les dernières épreuves sont beaucoup plus ardues que le permis Rallye de Gran Turismo 3.
Après avoir bouclé en moins d’une heure les leçons basiques, vous pourrez débuter votre saison au sein de l’élite du Rallye, même si tous les pilotes sont factices. Tout d’abord, il va falloir choisir votre écurie parmi les trois proposées, à savoir Subaru, Toyota et Mitsubishi. Le mode saison reste très classique mais, en fin de compte, il est très réaliste. Il faudra, par exemple, gérer votre emploi du temps pendant vos rallyes, jongler entre parc technique et spéciales tout en respectant les horaires fixés. Tout cela dans le but de vous immerger dans l’univers d’un pilote comme Richard Burns.
Le pilote anglais a surveillé toutes les étapes de fabrication du soft en tant que consultant. Mais il a aussi joué et il a réalisé des temps sur différentes spéciales du jeu qu‘il faudra battre dans le mode Défi . Par exemple, sur la spéciale française de Côte d’Arbroz, le temps record est de 02’48’’00 alors que celui de Richard Burns est de 02’45’’78. Après plusieurs essais, il semble très difficile de battre le temps impressionnant du pilote anglais. Seuls quelques joueurs expérimentés ou même un vrai pilote pourront réussir à faire mieux. Les novices peuvent passer leur chemin ou alors il leur faudra une bonne dose de patience et de persévérance.
Restent deux autres modes plus classiques. Le mode Rallye Rapide permet de s’entraîner et de mémoriser les spéciales après les avoir débloqué dans le mode Saison. Enfin, RBR propose un mode multi-joueurs jouable jusqu’à quatre. Malheureusement, il ne propose pas d’écran splitté mais des parties en alternance qui lasseront vite vos amis.
The Real Rally Simulator
Au niveau du gameplay, Richard Burns Rally a voulu placer la barre très haut. La conduite est donc extrêmement réaliste. Profitant de l’expérience de Richard Burns, les développeurs ont suivi, à la lettre, ses consignes concernant les réactions de la voiture et les différentes facettes du pilotage. On note l’apparition d’une fonction "Freinage Pied Gauche" qui permet de mieux négocier les virages en accélérant et en freinant simultanément. Le souci de réalisme se retrouve dans les réglages techniques de votre véhicule. De plus, le moteur physique demeure convaincant même si votre voiture effectue des tonneaux surréalistes lors d’un accident. Malgré tout, le comportement de votre véhicule, lors des sauts, est réaliste.
Contrairement à Colin McRae, l’adhérence de votre voiture diffère fortement, selon le type de revêtement. Ainsi, le véhicule reste collé au sol sur de l’asphalte. En revanche, dans les épreuves de neige, la voiture a tendance à glisser fortement. C'est, donc, un bon point pour le réalisme. Pour ressentir l’adrénaline du pilotage, un bon volant à retour de force est indispensable car le maniement à la manette trouve vite ses limites au niveau sensation.
Malheureusement, le jeu a un gros défaut, sa difficulté. RBR est un jeu élitiste réservé aux fans de sport automobile et aux pilotes expérimentés. Si vous êtes un débutant en matière de jeux de rallye ou que vous cherchez un jeu accessible, passez votre chemin. Même si RBR propose une difficulté Novice pour le mode Saison, obtenir un bon chrono, lors d’une spéciale, révèle soit de la chance, soit de l’exploit. Heureusement, on peut désactiver les dégâts pour rendre le jeu plus facile mais les sorties de routes et les tonneaux seront encore légions. Cette aspect « Simulation » à outrance risque de rebuter les novices. Par contre, les aficionados seront comblés et en redemanderont.
Photo-réalisme
Warthog a voulu pousser le réalisme encore plus loin en modélisant de vrais environnements. Des milliers de photos ont servi de référence aux level-designers. Ainsi, on retrouve six rallyes dispersés sur presque tous les continents: Grande-Bretagne (boue), France (asphalte), Japon (asphalte), Finlande (neige), Etats-Unis (terre) et Australie (terre). Cela fait un total de trente-six spéciales. On regrettera, seulement, l’absence d’autres rallyes réputés comme la Nouvelle-Zélande ou la Grèce. Sinon, c’est du tout bon. Les courses sont suffisamment vivantes pour être crédibles avec, par exemple, des spectateurs qui vous aident après un accident ou des animaux qui traversent la route. La modélisation des décors a été soignée et on admire le travail de Warthog à chaque virage. On déplore juste la discrétion des effets de lumière et d’ombre.
Concernant les voitures disponibles, elles sont au nombre de huit. Trois sont disponibles dès le début du jeu, à savoir la Toyota Corolla, la Mitsubishi Lancer et la Subaru Impreza. Ensuite, au gré de vos victoires, viendront s’ajouter la MG ZR, la 206, la Xsara, la Hyundai Accent et, enfin, la Impreza Version 2000. A titre de comparaison, Colin McRae 2005 propose trenre-quatre véhicules et WRC 3 en propose vingt-huit. L’équipe de développement a réalisé un joli travail de modélisation puisque les véhicules ont été reproduits avec précision. Bien entendu, ce soft propose une gestion des dégâts poussée, même si la localisation reste moins précise que dans Colin McRae. Par contre, il faut noter que les dégâts influent vraiment sur le comportement de la voiture. Dans l’ensemble, Warthog a effectué un joli travail de recherche graphique.
Un jeu de rallye n’est rien sans co-pilote. Dans RBR, il est même indispensable vu que les panneaux signalétiques ne donnent pas assez d’informations. En version originale, Richard Reid, le copilote de Burns, s’est occupé des indications. Gage de qualité, il les a écrit lui-même comme s’il devait reconnaître une spéciale pendant un rallye. En français, c’est Stéphane Cornicard qui sera votre co-pilote. Par contre, lui n’a rien à voir avec le monde du rallye puisqu'il est acteur et a, notamment, joué un petit rôle dans Il Faut Sauver le Soldat Ryan). Malgré tout, ses indications restent de qualité.
Source: www.play-attitude.com
Warthog a réalisé un joli travail de modélisation concernant les décors et les véhicules. On ressent parfaitement la froideur de la Finlande, la moiteur du Japon, la chaleur australienne ou l’enfer boueux du Royaume-Uni. On regrette le manque d’effets bluffants comme les ombres ou les effets de chaleur.
Une conduite hyper-réaliste vous est proposée. Les sensations de vitesse sont très bien retranscrites. Avec les sticks analogiques ou, encore mieux, avec un volant à retour de force, l’expérience est quasi-parfaite. Dommage que le moteur physique connaisse quelques ratés.
Le grand DJ Paul Oakenfold a contribué à la bande-son du jeu en signant le morceau original "Burns Attack". Qu’ils soient en VF ou en VO, les commentaires du co-pilote sont convaincants. Quant aux moteurs, ce sont des bruits authentiques qui ont été enregistrés.
Sa difficulté est proportionnelle à sa durée de vie. Pour devenir champion du monde, il va falloir être patient et surtout faire preuve de persévérance. Soit vous serez vite rebuté par la difficulté élitiste, soit vous accrocherez et vous serez aux anges. Notez que, contrairement à WRC4 ou CMR2005, ce soft ne propose pas de mode online.
Même si des efforts ont été consentis dans le moteur physique, Richard Burns Rally manque cruellement de charme par rapport à ses concurrents directs que sont Colin McRae et WRC.









