Devil May Cry 3 : Dante's Awakening
L'âge ingrat
Intitulé Dante's Awakening (l'éveil de Dante) ce troisième opus nous propose de revenir sur la jeunesse du héros mi-homme, mi-démon. Petit rappel des faits: Sparda un démon a scellé le monde des ténèbres pour protéger les humains, il a également eu avec une femme humaine deux fils: Dante et Virgil qui ont hérité d'une partie de son pouvoir démoniaque. Aujourd'hui, Virgil voudrait s'emparer de ce pouvoir et les ténèbres menacent à nouveau de déferler sur le monde des hommes. Le scénario n'est pas d'une originalité ou d'une profondeur mémorable, celui du premier épisode ne l'était pas non plus, mais l'histoire est ici bien plus mise en avant et les lacunes scénaristiques en sont d'autant plus visibles. Pire encore, l'évolution de l'histoire se suit au travers de scènes cinématiques au style lourd et tape-à-l'oeil. Ces séquences très longues, ultra répétitives et totalement inintéressantes sont là pour masquer la vacuité du titre et n'en sont que plus risibles.
On a beaucoup dit que le premier Devil May Cry et son héros Dante étaient marqués par une certain style cool et classieux. DMC3 essaye de reprendre cette formule mais puissance mille. Du coup ce qui était déjà du second degré dans le premier épisode devient vraiment du n'importe quoi ici. La où vous aviez, au milieu de deux ou trois heures de gameplay, un Dante qui se mettait à danser avec son épée pendant une cut-scene de trente secondes, vous avez maintenant au moins deux fois par mission une séquence interminable et aberrante où notre héros fait du surf sur une roquette ou bien se bat à coups de moto tout en volant bien sûr. Le tout est ponctué de scènes de gunfight toutes similaires mettant en scène Dante ou bien Lady, un personnage féminin que l'on va rencontrer à diverses occasions. C'est donc avec un oeil médusé que l'on subit ces scènes de gesticulations grotesques que l'on doit en grande partie à Kitamura Ryuhei, réalisateur du film Versus, et qui avait déjà commis les cinématiques de Metal Gear Solid: The Twin Snakes sur Gamecube.
Pour parachever le tout, Dante est franchement insupportable avec son show-off ridicule et ses couinements incontrôlés, à croire qu'il tire une véritable jouissance adolescente du fait de tripoter le manche de ses flingues. Ce qui sauve notre héros, malgré lui, c'est que son frère est pire que lui. Avec sa voix nasillarde on a aucun mal à imaginer à quel point Virgil a dû se faire chambrer à l'école et à comprendre sa soif de vengeance actuelle.
Highway to Hell
Tous les goûts sont dans la nature, certes, et il y aura même des personnes qui aimeront vraiment ce style. On peut aussi prétexter que c'est parce que Dante est jeune et un peu foufou... Mais, objectivement, dans ce jeu, c'est vraiment exagéré, d'autant que cette impression de répétitivité et de vide se retrouve aussi dans d'autres aspects du jeu comme les décors. La majeure partie de l'aventure se déroule dans une tour de Babel infernale, sorte d'enfer de Dante version vidéoludique où presque toutes les pièces seraient des copies d'une même salle elle même plagiée d'un autre jeu. Devil May Cry 3 tente en effet de reprendre l'ambiance gothique du premier opus, ce qu'il réussit à certaines occasions, en recyclant les architectures inspirées de Gaudi mais cela n'est guère original. De plus, les différentes zones se ressemblent énormément et il n'y a que peu d'audace que cela soit au niveau de l'habillage ou du level-design. Le soft multiplie les passages à certains endroits, ce qui achève de nous faire penser que l'on tourne en rond, que ça n'avance pas et que l'on passe notre temps à refaire la même chose au même endroit.
On a bien le droit à un passage avec des décors plus organiques qui rappellent l'enfer du premier épisode, mais là aussi ce n'est donc pas tellement original, et surtout une fois passé cette séquence on se demande un peu à quoi elle servait. Tout n'est pas négatif, de rares passages parviennent à retenir l'attention, et le reste même si c'est assez répétitif et peu original est plutôt bien réalisé, mais on ressent une grosse impression de déjà vu et de répétitivité.
3-Hit Combo
Côté gameplay Devil May Cry 3 apporte quelques nouveautés mais celles-ci apparaissent mal exploitées. Pour se défaire des hordes d'ennemis, le joueur aura à sa disposition et progressivement un véritable arsenal d'armes à feu et d'armes de mêlée, mais il ne pourra en avoir que deux de chaque en même temps lorsqu'il jouera; il faut en effet choisir en début de mission ou près de statues spécifiques dans les niveaux quelles armes placer dans son inventaire. Il est aussi possible d'acheter des coups spéciaux pour ces différentes armes grâce aux orbes récoltées en tuant les ennemis. Enfin cette expérience acquise vous permet aussi d'améliorer le niveau de vos différents styles de combat que vous devez choisir tout comme vos armes et qui donne droit à un mouvement spécial par le biais du bouton rond. Rien d'infamant me direz vous. Le problème c'est que les différentes capacités que vous acquérez sont dispatchées entre ces différentes armes ou styles, et qu'étant limités vous n'avez pas forcément la bonne arme ou le bon style quand il faudrait. Vous pouvez recommencer le niveau ou chercher la statue pour en changer, mais il est aussi largement possible de se contenter de faire le niveau avec l'arme et le style que vous avez car les capacités spéciales ne sont pas forcément indispensables. Du coup on est pas forcément très incité à explorer les capacités de chaque arme et style.
Cela est aussi dû à une difficulté assez mal réglée. Le jeu est plutôt difficile notamment pour les boss. Mais ceux-ci dotés d'une barre de vie conséquente et infligeant de gros dégâts sont plus longs que vraiment durs à battre; souvent il ne s'agit pas de trouver un véritable point faible avec l'une des armes, mais juste à trouver la séquence qui lui inflige des dégâts de la façon la moins risquée et de répéter cette séquence. De plus, la mort n'est pas tellement pénalisante puisque vous disposez d'un nombre de continue illimités.
L'état diabolique si impressionnant dans le premier épisode est ici totalement sous exploité et même quasi inutile. On arguera que Dante découvre ces pouvoir, certes; mais les passages démoniaques sont très décevants et le seul moment un peu prenant du jeu est justement un passage ou transformé en démon vous devez combattre de façon effrénée car votre jauge de vie se vide au fur et à mesure. Les combats sont plus dynamiques et les combos plus speed, mais il faut un peu de temps pour acquérir les pouvoirs et les maîtriser, le gameplay prenant tout son interet qu'en refaisant le jeu. De plus les caméras sont vraiment gênantes pour les combats et phases de plate forme ce qui parachève cette impression de jeu franchement perfectible.
Rude Awakening
Devil May Cry 3 devait sonner le réveil de la série, mais on plus l'impression d'un mauvais rêve, d'un bad trip qu'on préférerait oublier. Le jeu n'est pas mauvais mais on a une grosse impression de vide et de manque d'interet. Capcom a bien tenté d'enrober le tout d'un habillage "djeune" et supposément cool, mais les personnages et les scènes cinématiques d'un ridicule sans nom ne font qu'accentuer cette impression. Le jeu n'apporte pas grand chose à la série, il parvient juste à être un ersatz parodique involontaire de lui même laissant même une impression moins forte que l'oeuvre originelle. Devil May Cry 3 apparaît donc comme une suite avec un manque d'interet intrinsèque, et il vaudra mieux se tourner vers le God Of War à venir pour retrouver ses sensations oubliées depuis DMC1.
Source: www.play-attitude.com
Graphiquement, le jeu est plutot réussi mais on a l'impression que cela n'a pas tellement évolué que ce soit au niveau technique, ou de l'ambiance qui semble même moins inspirée que pour le premier opus.
Le principe du jeu reste basiquement le même. Ce troisième épisode apporte quelques nouveautés mal exploitées qui dynamisent quand même un peu le système de combos qui ne divertit vraiment qu'une fois maitrisé.
Les musiques ne sont guère originales et encore moins variées, les voix sont plutôt réussies à part celle de Virgil et les cris de Dante.
Comptez une petite dizaine d'heures pour finir le jeu en mode normal. Quelques petites missions annexes sont présentes. Il est possible de débloquer des modes de difficulté supplémentaires qui permettront à ceux qui maitrisent le système de combat et supportent l'ambiance du jeu d'approfondir un peu.
On a du mal à voir le véritable intérêt de cette suite qui n'apporte pas grand chose à la série tant sur le plan de l'histoire que du gameplay.










