lifestyle gamer




FIFA Football 2005



Après une cinématique d’introduction qui en met plein les mirettes, FIFA dévoile son nouveau menu. Ce dernier bénéficie d’une navigation aisée grâce à son design clair et à son ambiance agréable. On y découvre les nouveaux modes de jeu de ce volet 2005.

Mode Carrière

La grosse nouveauté de FIFA 2005 réside dans son mode Carrière. Équivalent de la Ligue des Masters de Pro Evolution Soccer, il vous permettra de diriger une équipe aussi bien sur le terrain que dans les coulisses. Se déroulant en quinze saisons, votre carrière commencera à l’échelon le plus bas, c’est-à-dire avec une équipe de Ligue 2 comme Amiens, Montpellier, Reims ou Brest. Aux commandes de votre club, vous allez devoir satisfaire les attentes des dirigeants, des supporters et de la presse sportive, via votre taux de confiance. Pour vous aider dans votre travail, une équipe sera à votre disposition. Tout d’abord, il faudra tenir compte de vos différents entraîneurs spécialisés (gardien, défense, milieu et attaque). C’est grâce à eux que votre équipe évolue au niveau technique. Ensuite, le préparateur physique sera très efficace pour améliorer l’endurance et réduire les effets de la fatigue tandis que le staff médical gérera les blessés. Enfin, le service financier tiendra compte de votre bilan économique et la cellule recrutement recherchera des jeunes talents pour votre effectif. Outre cet aspect management très convaincant, l’autre nouveauté se situe dans l’option Simuler un Match. Cette dernière permet de mieux visualiser les actions grâce à des indications textuelles en temps réel et des statistiques. Vous pourrez, également, intervenir dans le match. Comme dans la Ligue des Masters de PES, les transferts gardent une place importante dans votre travail de manager.

Malheureusement, ceux-ci sont plutôt limités par rapport à ceux de la série de Konami puisqu'il n'y a, ici, ni contrats, ni de salaires. Les développeurs ont voulu faire dans l’accessible. Par ailleurs, sachez que les joueurs évoluent dans le temps, c‘est-à-dire que les Nedved, Zidane ou Figo partent vite à la retraite, après seulement une ou deux saisons. Vous n’aurez, donc, peut-être pas la joie de les diriger dans le mode carrière. Même les jeunes joueurs partiront raccrocheront, un jour, les crampons. Lors de votre quinzième saison, Henry aura quarante ans et Rooney fêtera ses trente-cinq printemps. Pour pallier ces départs, EA a crée une base de données comportant de futures stars du ballon rond. Malgré tout, seuls les joueurs les plus persévérants iront au bout du mode carrière qui offre une durée de vie proche des 90 heures de jeu.

Une base de données hallucinante

Autre point fort de FIFA 2005, la base de données du jeu d'EA peut se vanter d’être la plus complète du marché. L’éditeur annonce 11 000 joueurs dans 18 championnats situés aux quatre coins du monde! Les deux divisions de la Bundesliga allemande, les Primera et Segunda espagnoles, les Serie A et B italiennes, les Ligue 1 et 2 françaises ainsi que quatre divisions anglaises et les championnats néerlandais, suisse et écossais sont présents avec toutes les équipes sous licence. On note l’absence du championnat argentin, d’une division grecque, tchèque ou turque ainsi que la J-League nipponne malgré la présence de la Korean League. Dans l’ensemble, les transferts de cet été sont bien respectés (Rooney à Manchester United, Owen à Madrid et Drogba à Chelsea) sauf quelques exceptions dues mouvements tardifs comme Mido à l’OM, Fiorèse au PSG ou Manchev encore à Lille.

Au niveau des sélections, on reste sur notre faim puisque seules 38 nations sont proposées. A titre de comparaison, PES4 en met 57 à la disposition du joueur. Les Pays-Bas et le Japon sont les grands absents de ce jeu. Malgré tout, EA a raflé toutes les autres licences de la FIFA. Ainsi, vous jouerez avec les vraies maillots et les vrais équipementiers! En revanche, les sélections n’ont pas été mises à jour. On retrouve, donc, Zidane, Makelele ou Thuram en 2quipe de France. Un moyen comme un autre de remercier le magicien marseillais pour ses dix ans passés en sélection nationale.

Personnalisation et bonus

Si vous n’êtes pas satisfait par la base de données, vous aurez accès à un mode Création de joueur qui était déjà présent dans les anciennes versions et qui avait injustement disparu il y a trois ans. Il se révèle être aussi complet que celui de Club Football 2005. Tout est paramétrable: taille, corpulence mais aussi pommettes, yeux, coupe de cheveux... Avec un peu de talent, vous arriverez facilement à créer un avatar. Après avoir réparti vos capacités, vous pourrez rejoindre une équipe du jeu. Ainsi, vous deviendrez le défenseur qui manque au Real Madrid ou le nouvel attaquant vedette du PSG.
EA a poussé la personnalisation à fond puisqu’ils ont pensé à intégrer des tournois. A la manière d’une Coupe Konami sur PES4, il est possible d’inviter sept amis dans une coupe. Intéressants à plusieurs, ces tournois personnalisables n’ont pas grand intérêt lorsque l'on joue seul. On note l’apparition d’éléments à débloquer, ce qui augmente sensiblement la durée de vie. Encore plus fou de la part d’EA: il est possible de choisir une équipe favorite. Celle-ci sera directement sélectionnée lors des matches rapides mais surtout son adversaire automatique sera son grand rival. Par exemple, lorsque vous choisirez le Milan AC, votre adversaire sera l’Inter Milan ! Un petit plus qui permet de faire rapidement des Everton - Liverpool ou des FC Barcelone - Real Madrid.

Football Fusion et Online

Comme pour FIFA 2004, EA a inclus la fonction Football Fusion. Derrière ce nom un brin prétentieux se cache, en fait, la possibilité d'associer FIFA Football 2005 et le prochain LFP Manager 2005. Concrètement, il permet de charger son équipe LFP Manager pour jouer avec, dans FIFA. On aurait aimé un bundle FIFA-LFP Manager pour un prix abordable. Pour l’instant, il n’est pas d’actualité et il faudra débourser 120€ pour bénéficier de l’option Football Fusion.
Apparu dans FIFA 2004, le mode online refait surface dans cet opus 2005. Pas de gros changements concernant ce mode si ce n’est l’optimisation des conditions de jeux. Les lags intempestifs de la version précédente ont presque disparu et, à présent, ils ne gênent plus le jeu. Par contre, la navigation dans les menus est très désagréable. On trouve, également, le EA Messenger qui permet de discuter avec ses adversaires potentiels. FIFA 2005 reste le seul bon jeu de football jouable en ligne. A quand un PES sur PS2 en ligne?

Quelques oublis fâcheux

Malgré sa longue durée de vie, FIFA 2005 manque, cruellement, de quelques modes de jeu. Certes, le mode entraînement est bien présent mais on l’aurait aimé plus didactique avec des leçons détaillées. Il manque, aussi, un mode Scénario. Ce dernier est à la mode dans les jeux de foot: on le retrouve, notamment, dans Club Football ou dans ISS. Par exemple, vous être propulsé à la 85eme minute de France-Italie en 2000 et vous devez égaliser, puis gagner dans les arrêts de jeu. Ce mode Scénario était, pourtant, présent dans Euro 2004. Également présents dans Euro 2004 et absents de FIFA 2005, les modes Match Aller/Retour et Équipe de rêve. Le premier permettait de faire deux matchs amicaux à domicile et à l’extérieur en respectant les règles de l’aller/retour (but compte double à l’extérieur). Le second donnait la possibilité de créer une Dream Team composée de joueurs du monde entier et par la suite d'affronter une autre équipe de stars. Autre oubli de la part de EA, il est impossible de sauvegarder ses plus beaux ralentis. Après avoir marqué un but d’anthologie, vous ne pourrez pas immortaliser votre geste et le montrer à vos amis. Espérons que les développeurs corrigeront tout ça dans l’opus 2006.


Un gameplay renouvellé

Cette année, FIFA a bénéficié d’une refonte quasi-totale du gameplay. L’objectif affiché est clair: rendre le jeu accessible, confortable et agréable au toucher. Pour cela, EA s’est penché sur les contrôles en proposant aux joueurs le First-Touch Control. Concrètement, il permet d’effectuer des contrôles orientés très facilement. Dans l’opus 2004, les joueurs contrôlaient mollement le cuir et cela cassait le rythme des matches. Ici, le contrôle est la base même du jeu. Une pression sur le stick analogique droit vers la direction du contrôle et c’est toute la défense adverse qui est mise dans le vent. Spectaculaire, le First-Touch Control demande tout de même un bref entraînement avant d’être totalement maîtrisé.

Décidément très exploité, le stick droit permet, également, d’effectuer des dribbles. Si, dans Euro 2004, on retrouvait déjà cette option avec, notamment, la possibilité de faire des petits ponts, l’utilisation du stick droit dans FIFA 2005 est essentielle. Passements de jambes, râteau, roulette ou autre coup du sombrero sont possibles. Malgré tout, il vous faudra respecter le timing pour voir votre roulette être exécutée à la perfection. Réussir ces gestes ou un lob astucieux avec L1 + rond est particulièrement gratifiant.
Par ailleurs, on retrouve le très inutile Off the Ball Control qui permet de contrôler un joueur qui n’a pas le ballon pour faire des appels de balle. D’autant plus inutile que maintenant vos joueurs font automatiquement des appels de balle et il ne vous reste plus qu’à les servir avec triangle, pour faire une passe en profondeur, ou croix pour une passe dans les pieds. On remarque l’apparition d’une passe en profondeur lobée très efficace avec L1+triangle.

Si FIFA a fait des nets progrès concernant le confort du jeu offensif, l’aspect défensif est quelque peu délaissé. Vous pourrez toujours faire pression sur l’adversaire avec le bouton rond et tacler avec carré. Malheureusement, ces mouvements restent très approximatifs et vos défenseurs resteront, la plupart du temps, passifs. Trop souvent, ils oublient le marquage et laissent filer l’attaquant vers votre but . Si vous ne les sélectionnez pas avec le bouton croix, ils risquent fortement de se faire dribbler par l’adversaire. On peut, également, reprocher aux tacles d’être très difficiles à placer près de la surface de réparation. L’arbitre n’hésitera pas à vous sanctionner si vous êtes en retard ou si vous ne jouez pas le ballon. D’ailleurs, il faut souligner l’excellent arbitrage du jeu qui ne fait aucune erreur notamment dans la règle de l’avantage ou du hors-jeu.

Pas de grands chamboulements dans les coups de pied arrêtés. Les corners reproduisent les bagarres qui peuvent se passer dans les surfaces. Le tireur a trois possibilités de frappe: au premier poteau, au second poteau ou un centre précis. On regrettera que les corners soient un peu limités même si l’on peut changer les combinaisons. De plus, il est très difficile de marquer sur un corner. Cela contraste avec les coups francs beaucoup trop faciles à rentrer. Il suffit de mettre un effet intérieur ou extérieur à la balle, diriger une cible dans le but et tirer avec une jauge comme dans un jeu de golf. Beaucoup plus originales, les touches utilisent le Off the Ball Control, ce qui qui permet d'envoyer la balle dans la profondeur. Quant aux penaltys, ils prennent toute leur dimension à plusieurs et provoquent souvent des instants de colère ou de joie.

Formations et Stratégies

FIFA n’a jamais eu de vrai menu Formation et Stratégies, contrairement à Pro Evolutin Soccer. Dans le jeu de Konami, on reste souvent des heures à peaufiner ses stratégies, donner des indications défensives à tel joueur ou demander à ce milieu latéral de repiquer vers le centreDans FIFA 2004, on se souvient que la navigation dans le menu Formation était plus que déplaisante. Conscient de son erreur, EA a apporté une touche d’ergonomie ce qui rend la lecture beaucoup plus rapide et claire. Malgré tout, on reste sur notre faim: les réglages sont peu exhaustifs par rapport à PES4 qui propose un menu formation très complet. EA a sans doute voulu garder le côté accessible en minimisant les stratégies et en privilégiant des systèmes simples avec des étoiles pour noter les joueurs ou un smiley pour rendre compte de son état physique. On aurait aimé avoir quelque chose de plus complet.

Une Intelligence Artificielle encore imparfaite

FIFA propose plusieurs niveaux de difficulté. Si vous n’avez jamais joué à un FIFA, mieux vaut sélectionner le semi-pro et le pro si vous êtes plus ou moins rodés. La difficulté amateur est beaucoup trop facile et la défense se transperce sans effort. Ceci contraste avec la difficulté International où l’équipe adverse est beaucoup trop forte! On avait reproché à FIFA 2004 son Intelligence Artificielle défaillante, notamment au niveau du gardien. Dans ce nouvel épisode, l’intelligence du portier a été retravaillée: il est beaucoup plus fort et sort plus souvent le grand jeu. Il est plus réactif et anticipe beaucoup plus qu’avant. Les défenseurs, quant à eux, sont moins laxistes et vous mettent plus fréquemment la pression. Malgré tout, il suffit d’une action bien construite autour d’un une-deux pour les déstabiliser. On en vient alors à l’énorme défaut du jeu. FIFA 2005 n’échappe pas à la répétitivité des actions. Ces dernières deviennent vite systématiques car il existe trois façons pour marquer quasiment à tous les coups. Les débordements sur le côté avec une tête du joueur au centre rentrent presque à chaque fois. Ensuite les une-deux couplés à un appel de balle permettent d’ébranler la défense adverse et de se retrouver facilement devant le gardien. Enfin, avec un peu d’entraînement, les coups francs tromperont même les meilleurs portiers.

Un visuel au top...

Il y a un domaine où FIFA restera toujours supérieur à PES: les graphismes. Même si, cette année, PES a fait un bond en avant au niveau de la modélisation faciale, FIFA est le plus beau jeu de football sur PS2. On apprécie, particulièrement, les petits détails qui font la différence, à savoir les boucles d’oreille de Christiano Ronaldo, les affiches de supporters dans les stades ou la modélisation particulièrement réussie de Ronaldinho! Les animations des joueurs imposent, elles aussi, le respect. On se croirait réellement en train de regarder un vrai match. Par exemple, lors des contacts, les joueurs jouent de l’épaule, font des croches-pied mesquins, trébuchent et tombent avec un réalisme saisissant! Le nouveau moteur physique fait des merveilles. D’autres effets participent au réalisme, notamment les salissures en temps réel ou les effets de pluie sur la pelouse.

...mais la PS2 devient trop limitée

Il faut se rendre à l’évidence, le moteur de cette version n’est qu’une amélioration du moteur graphique de FIFA 2004. Il est simplement plus coloré, plus détaillé et, surtout, plus fluide. EA s’est vraiment concentré sur le gameplay. On sent vraiment que l’on ne pourra pas faire mieux sur PS2, sous peine d'occasionner des ralentissements. La PS2 est désormais trop limitée pour permettre de créer un jeu encore plus beau. EA a même dû enlever des éléments graphiques. Dans FIFA 2001, par exemple, on pouvait voir l’entraîneur et les remplaçants sur le banc de touche ou la petite bouteille d’eau du gardien de but. Dans FIFA 2005, même l’arbitre est absent du terrain. EA Sports a dû enlever tous ces détails pour permettre des animations toujours plus gourmandes en ressources.

Un plaisir pour les oreilles

Comme d’habitude, EA soigne sa bande-son. Le duo Grégoire Margotton - Rémi Garde de Canal + fonctionne à merveille. Margotton commente les actions avec précision et rend le match vivant tandis que Rémi Garde analyse les buts et la partie technique du jeu. Les phrases sont suffisamment nombreuses pour ne pas être lassantes. Ensuite, les chants de supporters sont très réalistes étant donné qu’ils ont été directement enregistrés dans les stades. On retrouve, donc, la plupart des hymnes des grands clubs européens. C'est un vrai plus pour l’ambiance sonore du jeu. Cette dernière est renforcée par une playlist très éclectique. Atmosphère très British avec Franz Ferdinand, The Streets et les Scissors Sisters. Ensuite, un cadre plus latino avec Los Amigos Invisibles, Gusanito et Ivete Sangale, entre autres. Enfin un petit coup de techno italienne avec Brothers et Sandro Bit. A noter la présence de Paul Oakenfold décidément très présent dans le monde du jeu vidéo et d’Air, grand représentant de la French Touch. Dommage que la majorité des titres ne colle pas vraiment à l’ambiance football (notamment Oomph ! ou Flogging Molly)

Source: www.play-attitude.com

Technique
Les animations ont bénéficié de l’expérience d'Electronic Arts et les stades sont toujours aussi beaux. Espérons simplement que la prochaine fois, le moteur graphique soit réellement neuf.
Gameplay
FIFA a fait de gros progrès dans ce domaine. Le First Touch Control fait des merveilles et le gameplay est à la fois accessible et profond. Mais le plaisir est gâché par le jeu défensif trop approximatif
Ambiance sonore
Le duo Garde-Margotton remplit son contrat avec des commentaires vivants et intéressants. L’ambiance dans les stades est au top. En revanche, la playlist est un peu décevante.
Durée de vie
Un mode carrière d’un bonne centaine d’heures, un mode online, des tournois multi-joueurs… En solo et à plusieurs, FIFA 2005 possède une excellente durée de vie.
Intérêt
FIFA possède une licence en béton : 11 000 joueurs et 18 championnats...dont la plupart ne sont là que pour faire beau. Au lieu de mettre la Serie B, EA aurait dû insérer les championnats turcs, argentins, grecs ou brésiliens.
Grâce à cette édition 2005, FIFA est presque revenu à la hauteur de Pro Evolution Soccer. Le jeu d'EA est à la fois réaliste et accessible mais il est, aussi, suffisamment profond pour être intéressant sur le long terme. Désormais, FIFA possède l’argument du confort de jeu en plus de sa gigantesque base de données et de ses animations très réalistes. Il subsiste, cependant, quelques défauts comme le jeu défensif ou l’Intelligence Artificielle souvent défaillante des adversaires. PES reste, donc, pour le moment, la référence mais, l'année prochaine, FIFA pourrait bien lui ravir le titre de meilleure simulation de football sur console.


Fiche jeu

Editeur : Electronic Arts
Développeur : Electronic Arts Sports
Genre : Sports
Date de sortie : 7 Octobre 2004