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Katamari Damacy



Un jeu de boules
La comparaison en introduction est un peu tirée par les cheveux, mais pas tant que ça, surtout quand on voit le jeu de mot en titre de ce paragraphe. A GTA le jeu emprunte une certaine liberté d'action d'évoluer dans un décor énorme, à Tetris il emprunte une certaine logique de réflexion et un concept simple mais accrocheur.
Concept pour le gameplay, le jeu l'est aussi pour son histoire. Ivre, le roi du cosmos a détruit toutes les étoiles, son fils haut de 5 cm et vivant seul sur une petite étoile est chargé de réparer cette erreur. Pour cela il va devoir collecter des objets sur Terre pour que son père puisse faire renaitre les étoiles dans le ciel. On suit en parrallèle les aventures d'une famille dont le père est astronaute. Ne cherchez pas une quelconque logique dans cette histoire, vous pouvez le comprendre dès la scène d'intro du jeu, celui-ci est un énorme délire. Un délire oui, mais un délire extrêmement fun à jouer.

Toujours plus loin toujours plus gros
On pourrait traduire le titre du jeu par « esprit d'accumulation », plutôt que de faire un parralèle douteux avec la definition du capitalisme, nous allons en faire un avec la théorie de l'évolution, car Katamari Damacy c'est un peu le Darwinisme puissance mille.
Vous vous retrouvez à devoir collecter des objets affublé d'une espèce de boule. Vous controllez la boule d'une façon un peu surprenante au début mais très intuitive en fait, à l'aide des deux sticks analogiques tout simplement. Les autres boutons servent uniquement à faire demi tour ou avoir une autre vue de l'aire de jeu. Ensuite il suffit de passer sur un objet pour coller celui-ci. Bien sur vous ne pouvez pas non plus accrocher n'importe quel objet. Au début vous ne pouvez agriper que de tout petits objets, des punaises par exemple, puis à force d'accumuler les objets la boule grandit et vous pouvez attirer à vous des objets de plus en plus volumineux. L'évolution est donc très progressive, d'abord des petits objets dans une maison pour faire des boules de quelques dizaines de centimètres, pour finir à l'échelle d'une région entière avec une boule de plusieurs centaines de mètres à laquelle pas même un gratte-ciel, un nuage, un avion ne peuvent résister. Se voir commencer dans une carte avec une boule minuscule à agriper les cerises au pieds des humains, puis revenir quelques minutes plus tard et accrocher ces mêmes personnes est vraiment jouissif. De plus techniquement le jeu est très réussi, le moteur physique prend en compte la forme des objets que vous ramassez (un crayon ou reverbere très long fera rouler la boule bizarement), la caméra dézoome très progressivement à mesure que la taille de la boule augmente, l'horizon est dégagé, et la réalisation technique générale vraiment astucieuse. On regrette juste de rares fois ou la boule se bloque dans le décor. Votre progression se fera donc sans heurt et de façon très fluide, une facon de ne pas rompre la magie du trip. Dans la même logique, pas vraiment de menus dans le jeu, les phases de déplacements entre deux cartes, pour sauvegarder ou autre sont integrés au gameplay, même la phase de défilement des crédits à la fin du jeu est jouable.
Le but est donc de faire la plus grosse boule possible, une limite vous étant fixé pour chaque niveau, pour d'autres il faudra accumuler le plus d'objets du même genre voire même éviter certains objets.
Aussi original que le concept soit, le gameplay est heureusement agrémenté d'autres éléments plus classiques pour rendre le challenge intéressant. Vous êtes donc bien sur chronometré, de plus heurter des objets plus grand que vous éjectera des objets de votre boule. Enfin, les cartes vraiment énorme à l'échelle de la taille de votre boule au départ, sont délimitées en zones qui ne sont accessibles qu'à partir d'une certaine taille. Ainsi il y a une part de stratégie dans l'odre dans lequel vous devrez collecter les objets et le chemin que vous prendrez.
Le jeu est jouable à deux mais les maps plus petites rendent ce mode moins fun à jouer. Le jeu n'est pas très long, même si le finir à 100% l'est, mais le plaisir est de se refaire une petite partie de temps en temps pour décompresser, voir autre chose.

Ka-ta-ma-ri-Da-ma-shiiiiii
Retranscrire en mots l'ambiance et l'univers du jeu est une chose impossible, il faut y jouer pour le croire. L'univers est composé de décors très colorés et d'une faune humaine et animale très délurée. On y croise divers animaux qui tente de vous chasser puis prennent peur de vous la taille aidante mais aussi des humains aux comportements très étranges : les policiers vous tirent dessus, certaines personnes font des pyramides humaines, on peut même apercevoir des monstres godzilesques. Par ce coté, Katamari Damacy est un peu une fable absurde et grotesque, une rêverie surréaliste qui prend place dans un environnement pourtant à la base familier: le monde dans lequel nous évoluons tous les jours. Le design est fait de traits assez simples mais est très efficace. Les « cinématiques » représentent des personnages au look de playmobil cubiques. Le petit prince Ouji est tout mignon, le roi lui, mix improbable entre d'une drag-queen et du souverain du « Roi et l'oiseau » est immense et s'exprime avec des scratchs de vinyle.
L'aspect sonore n'est pas en reste dans le délire vidéoludique du jeu. La bande son est vraiment atypique et colle parfaitement à l'univers, d'autant plus que les bruitages s'y insèrent parfaitement. D'ailleurs les différents bruits que font les objets que vous collez sont vraiment très drôle du « ploc » façon ventouse qui donne le sourire quand on se fait une rangée d'objets et que l'on assiste a une symphonie de bruits délirants, au « meuh » de vache et autres rires d'enfants. D'un point de vue sonore comme visuel on pourrait un peu rapprocher le jeu de Space Channel 5, mais le jeu est techniquement plus abouti.
Tous ces éléments participent a créer cet univers original et loufoque, cette impression est encore accrue du fait qu'il s'agit d'un vrai jeu japonais. Le délire est encore plus fort sur la version originale japonais car tout est bizarre et exotique, trouver comment sauvegarder est déjà une aventure en soi. Mais surtout le jeu s'apprécie en acceptant de rentrer dans cet univers pas forcément japonisant, mais qui n'aurait jamais pu être créer dans aucune autre culture. Imaginez les paroles d'une des chansons du jeu cité en titre de paragraphe avec un jeu français : « la, la-la-la-la-la, la, es-prit-d'a-cu-mu-la-tiooon », franchement ça le ferait beaucoup moins, non ?

Katamari Damacy est le genre de jeu qui fait que votre regard sur le paysage dans le train ne sera plus jamais le même, s'attendant à tout moment à voir apparaître une boule collant à elle les maisons qui défilent un sourire illuminera votre visage, ce que la cadre d'entreprise en face de vous ne comprendra peut-être pas, mais Katamari c'est ça tout simplement, un jeu qui donne le sourire.

Source: www.play-attitude.com

Technique
Il faut rentrer dans l'univers, mais le jeu même si il n'est pas le plus « beau » du moment a une réalisation honnête et astucieuse pour l'impression d'immensité des maps, et l'univers est vraiment original.
Gameplay
Il faut s'habituer à manier la boule avec les deux sticks, quelques problème de caméra viennent aussi du fait qu'il faille s'habituer à cette maniabilité. Le concept est original mais également très simple et accrocheur. La caméra qui dezoome sans que l'on sans rende compte et les phases « non-gameplay » sans menus donnent une très grande fluidité au jeu.
Ambiance sonore
Tout comme l'aspect visuel, il faut rentrer dans l'univers surréaliste du jeu mais les musiques et bruitages sont vraiment réussis, mention spéciale au thème de la planète du prince et a la « voix » du roi.
Durée de vie
Le jeu n'est pas très long à finir, mais certaines map sont vraiment très grandes et le chronomètre peut atteindre la demi-heure. Tenter de battre ses records et ramasser des objets rares permet d'allonger la durée de vie, mais c'est surtout l'envie de se refaire une partie de temps en temps qui fait l'intérêt du jeu.
Intérêt
Katamari Damacy n'est pas un jeu a scénario, mais l'idée de départ est totalment délirante et l'univers original et travaillé.Le jeu pousse à la rêverie et à partir dans des délires personnels sur le darwinisme, le capitalisme, le suréalisme ou encore a avoir des hallucinations dans le train, rien que pour ca il est plus que nécessaire d'y jouer.
Jeu concept si il en est Katamari Damacy est une expérience unique. L'univers vraiment barré ne plaira pas forcément à tout le monde, mais le gameplay simple et accrocheur et une réalisation technique solide font de ce jeu une grande réussite au dela du simple concept de départ. Le jeu est un véritable OJNI (objet jouable non identifié), à mille lieu de tout ce qui se fait généralement; Katamari Damacy offre un vrai trip, un bol d'air frais, un univers foisonnant et délirant. Tout comme les objets du décor, ce jeu va vous scotcher, vous faire rentrer dans une bulle surréaliste, refuge indispensable face aux tourments de la vie quotidienne.








Fiche jeu

Editeur : Namco
Développeur : Namco
Genre : Réflexion
Date de sortie : 30 Novembre 1999