Crackdown
Le pacificateur
La ville de Pacific City porte mal son nom puisqu’elle est pour ainsi dire contrôlée par le syndicat du crime. Divisée en 3 îles pour autant de gangs, chacune comporte son lot de chefs criminels. Dans cette ambiance malsaine les forces de l’ordre, baptisées « les pacificateurs », ont un peu de mal à lutter et c’est en guise de dernier recours qu’elles font appel à un scientifique peu fréquentable pour créer un prototype d’agent un peu spécial, vous (différents skins de personnages se proposent à votre choix à chaque début ou reprise de partie). Modifié génétiquement vous êtes capable de sauter incroyablement haut et loin, de courir très vite, de soulever des charges humainement impossibles, mais aussi de manier le flingue, les explosifs et les véhicules comme personne. Heureusement pour l’intérêt du jeu, un système d’évolution permet de décupler ces capacités atypiques qui deviendront de plus en plus spectaculaires pour ne pas que l’on dispose tout de suite de pouvoirs trop importants. Ce n’est pas tout puisque vous êtes aussi capable de vous régénérer, ainsi le fameux système de barre de vie qui se rempli seule (pour peu que l’on se mette à l’abris des balles) est habilement justifié et le fait de ne jamais vraiment mourir également puisque dès que vous passez l’arme à gauche vous pouvez réapparaître à un point de ravitaillement choisit (que l’on devra découvrir avant de pouvoir s’y régénérer) que les développeurs expliquent par un procédé de clonage, intelligent.
Si « pouvoir se promener dans un monde ouvert où la liberté d’action et de mouvement est très poussée » correspond à la définition du GTA-Like alors Crackdown en est bel et bien un. Aucun temps de chargement ne sépare les îles de la ville où l’on peut globalement aller partout (bien qu’il y ait peu d’intérieur), y compris (et surtout) sur les toits, ce qui est plutôt nouveau pour le genre. On peut aussi défoncer n’importe quel PNJ croisé (et pour la première fois on sera vraiment pénalisé en cas de meurtres d’innocents avec une chute des points d’évolution en conséquence et les pacificateurs à nos trousses en prime si l’abus est trop important), piquer n’importe quelle bagnole (c’est chiant de reprendre une phrase après une longue parenthèse hein ?) qui passe par là etc… Donc Crackdown un GTA-Like pourquoi pas, mais sans aucun doute le plus original de tous, sans conteste celui qui apporte une véritable nouvelle approche au genre depuis Grand Theft Auto 3, je m’explique.
Renouveau d’un genre
Aucun magasin à visiter où acheter sappes, flingues et autres, aucun garage où tuner sa caisse, aucune sous mission ni même aucune mission scénarisée à proprement parlé. Crackdown vous lâche dans la ville et vous laisse vous démerder. Votre but et de localiser et d’anéantir la totalité des chefs de gang (31 en tout), comme bon vous semble, dans l’ordre que vous voulez. Vous pouvez même directement vous attaquer aux plus balaises à vos risques et périls. La seule petite chose scénarisée est un briefing vidéo qui intervient à chaque localisation d’un caïd et à chaque mort d’un de ces derniers. A noter qu’un pourcentage de probabilité s’affiche lorsqu’un caïd est à proximité, plus il est élevé plus il devrait vous être facile de le tuer. On pourra de toutes façons choisir d’augmenter à fond toutes ses capacités avant de se mettre à tuer et ça ne sera pas de trop vu le nombres de sbires armés jusqu’aux dents qu’il faudra shooter avant d’atteindre un chef dans son petit QG. Pour ne pas trop dérouter, une voix off (en français) vous accompagne et vous explique diverses choses au fur et à mesure de votre progression dans le jeu.
Agilité, Force, Explosif, Conduite et Tir, voici les 5 capacités qui composent votre (super) héros. Chacune atteindra son maximum au bout de 4 étoiles d’évolution, chaque étoile étant composée de 100 points, pour augmenter les skills il faudra donc récupérer des points (ça va vous suivez ?).
Pour faire évoluer l’agilité il y a tout un tas d’orbes fluorescents placés dans la ville à ramasser, souvent au sommet d’un toit, ce qui nous oblige à bien explorer partout, on constatera au passage le level design très bien pensé où chaque petit rebord de fenêtre pourra nous servir d’accroche pour atteindre un endroit à priori inaccessible. Pour récupérer des points d’agilités il existe également bons nombres de « courses à pieds » où l’on devra passer par un tas de checkpoints le plus vite possible, ça permet en prime, encore une fois, d’explorer la ville et de découvrir des endroits bien sympas (en plus d’ajouter un petit challenge au jeu). Le niveau maximum permet de courir extrêmement vite et de sauter à des distances vertigineuses, purement jouissif.
Pour augmenter la force il faut tuer du scélérat à coups de latte ou en leurs jetant des objets sur le coin de la gueule. Le niveau maximum permettra de tuer n’importe qui en un seul coup de pied ou presque mais aussi de pouvoir shooter ou soulever des objets énormes (grosses voitures par exemple) et de les jeter super loin ce qui est également purement jouissif, ouaip.
Pour les explosifs il faut tuer à coup… D’explosifs. Le niveau maximum augmente la taille des explosions de manière conséquente. D’ailleurs une fois l’espèce de lance roquettes à tête chercheuses trouvées vous n’allez plus vous en séparer, j’en profite au passage pour signaler une bonne variété d’armes à feu, dommage qu’il n’y ait pas d’armes blanches en prime.
Pour le tir il faut tuer en tirant (ouais je sais c’est logique, vos gueules), un système de lock aide à la visée et permet même de localiser les parties du corps où tirer, mais ce n’est pas franchement ce qu’on a vu de mieux. Etant assez mal fichu on ne vise pour ainsi dire jamais telle ou telle partie du corps, on shoote point final. Le lock est un peu (beaucoup ?) trop automatisé à mon goût, bref ça n’atteint pas ce qu’a fait Saints Row par exemple, mais c’est déjà beaucoup mieux que ce qu’a fait Rockstar à ce niveau, pas de doute, on arrive à prendre plaisir dans les phases de shoot malgré tout donc on s’en contentera. Le niveau maximum augmente la précision et la portée des tirs.
Enfin pour la conduite il faut tuer des méchants en les écrasant, faire des « courses sur route » (même procédé que pour les courses à pieds mais sur la route et en voiture si possible) ou passer dans des sortes de cercles fluorescents placés ça et là, souvent derrière un tremplin histoire de faire faire des sauts classieux. A noter qu’une centaine de morceaux musicaux sont de la partie une fois en voiture, il n’y a pas de station de radio c’est juste 100 titres à la file. Le niveau maximum en conduite nous permettra de mieux maîtriser les bagnoles (qui ressemblent légèrement à des savonnettes au début), mais aussi de faire évoluer les véhicules de l’agence qui nous emploie (3 en tout, bagnole de sports, 4x4 et camion) au point de les faire devenir presque indestructibles et de pouvoir les maîtriser à donf jusque dans les airs après un saut (on s’amusera à faire des saltos et des tonneaux).
Faire des bonds de 20 mètres de toit en toit, balancer des grenades aux explosions gigantesques, donner des coups de lattes qui peuvent faire valdinguer des voitures, soulever ces mêmes voitures et les balancer 12 mètres plus loin, bref, le sentiment d’être un super héros aura rarement était si brillement atteint et ça, c’est bien. Pour les ratisseurs de première ordre il existe aussi des orbes cachés (300) permettant d’augmenter (mollement) en même temps chacun de vos skills.
Comic Book en mouvements
Graphiquement aussi Crackdown a le mérite d’être totalement atypique (et ça ne plaira probablement pas à tout le monde), le rendu est un mélange de cell-shading et de graphisme dit « réaliste ». C’est une sorte de placage de textures simples et bariolées sur des modèles en 3D, rien à voir avec un jeu en pur cell-shading comme Jet Set Radio donc. Et ça contribue grandement au trip super héros que le gameplay impose puisqu’on se croirait en plein dans une bande dessinée. Et ce jusque dans le moindre petit détail comme les petites fissures qui apparaissent sur le sol à la réception de notre personnage suite à un énorme bond, classe
Les ralentissements sont rares (des petits interviennent lors des grosses phases de shoot avec plein d’explosions), les temps de chargement inexistants malgré un terrain de jeu conséquent, il y a juste parfois un peu de clipping (décor ou objets qui surgissent à l’image au dernier moment) mais c’est suffisamment rare et discret. La distance d’affichage en impose et du haut de la plus haute tour de Pacific City on ne peut pas ne pas apprécier apercevoir les PNJ et les bagnoles au loin mener leur petite vie sur les 3 îles que l’on distingue parfaitement. En parlant de ça c’est sans conteste le GTA-Like (ou le jeu d’action si vous le considérez comme tel) où l’on croise le plus de PNJ (Personnage Non Joueur pour les incultes) à ce jour. Respect. Un certain niveau de détail leur a même été apporté, j’ai par exemple croisé un type se jeter du haut d’un toit pour se suicider, on voit des couples bras dessus bras dessous, si on bouscule certains d’entre eux ils font des bras d’honneur etc…
Duo d’enfer
Si l’action est en partie originale elle est un peu répétitive en dépit d’un level design relativement bien varié (centre ville, usines, montagnes, plage etc…). Tuer des chefs de gangs, même en ayant des super pouvoirs, même s’ils sont situés à des endroits variés, ça peut devenir lassant. Surtout qu’il n’y a vraiment pas de scénario, on aurait aimé avoir des missions scénarisées qui nous auraient fait vivre des courses poursuites spectaculaires sur les toits par exemple, des missions qui auraient exploité le gameplay avec une histoire derrière. Mais bon tant pis on s’en passera, le jeu est assez amusant pour qu’on ferme les yeux, y compris sur la durée de vie qui nous laissera torcher le tout en pas plus de trois ou quatre belles après-midi (c’est tristement à la mode). On pourrait aussi décrier le fait qu’il n’y ait que des véhicules à quatre roues, mais franchement on s’en fout pas mal vu que l’on passe le plus clair de son temps à pieds à sauter partout comme un taré. Ceci dit il aurait été amusant de fracasser des avions en sautant dessus…
En fait, plus que de tuer les chefs de gangs, on s’amusera bien plus à faire le con grâce aux super pouvoirs d’homme génétiquement modifiés, on se lance des challenges perso du style grimper au sommet de tel bâtiment etc… Et c’est aussi ce qui devient le plus amusant dans le mode coop’. A l’instar de Gears of War on pourra jouer entièrement le mode solo en link ou sur le Xbox Live avec un pote (coop’ jouable à 2 maximum). Ici n’importe quel joueur pourra venir nous prêter main forte à tout moment et quitter la partie en nous laissant finir seul n’importe quand (et vice versa). Les courses à pieds et courses sur routes prennent tout leur sens à deux, de même que ces petits défis qu’on se lance naturellement du style « le dernier arrivé à la grande roue est une grosse merde » ou « celui qui jette cette bagnole le plus loin a gagné ». L’évolution de son personnage n’interférera pas sur celle de son pote puisque, par exemple, les orbes d’agilité sont propres à chacun. Par exemple si je prend tel orbe que le deuxième joueur n’a pas eu, il restera visible sur son écran pour qu’il puisse lui aussi en profiter, tant mieux.
Pour ce qui est du multijoueur « classique » il s’arrête à un classement en ligne où l’on pourra comparer ses chronos. Mais quels chronos bon sang de bois ? Et bien ceux d’une sorte de mode Time Attack qui chronomètre le temps que l’on met à tuer tel chef de gang et ceux des courses à pieds et courses sur routes aussi bien en solo qu’en coop’. Ca reste basique et globalement inintéressant pour ce cas précis. A noter pour finir la présence d’achievements qui ne donnent pas de points (« achievements secondaires » comme ils disent)… On pense alors au fait que Microsoft a indiqué il y a peu que le jeu ne comporte que 900 points et qu’un contenu téléchargeable gratuit sera mis en ligne prochainement comprenant les 100 points manquants… Il ne serait donc pas étonnant que Real Time Worlds ait du retirer 100 points à la va vite pour faire plaisir à leur éditeur, étrange...
Source: www.xbox-attitude.com
Un mélange entre cell-shading et graphismes "réalistes" pour un rendu très atypique qui s'il ne fera peut-être pas l'unanimité colle extrêmement bien à l'ambiance super héros de comic-book, classe. Juste pour l'originalité ça mérite la note maximum. La ville est assez conséquente, le champ de vision est superbe (surtout du haut d'un gratte ciel) et il n'y aucun temps de chargement en court de partie, on constate rarement des ralentissements et le clipping, présent, sait se faire discret.
Sauter à des hauteurs vertigineuses, porter des bagnoles à bout de bras et les jeter à une bonne distance, jouer à jongler avec des cadavres (ou autres) à l'aide d'un lance roquette, faire des saltos en 4x4, un gameplay tout bonnement jouissif et simple à prendre en main. Cependant le système de visée est peut-être un peu trop automatisé, de ce fait son principe de localisation des dégâts n'est pas assez souple et au final très anecdotique.
Les bruitages sont excellents, la voix off qui nous accompagne (en français) l'est tout autant mais à vrai dire la partie sonore est relativement discrète. Musicalement les voitures offrent une centaine de morceaux en pagaille, surtout electro donc pas vraiment variés. Correct dans l'ensemble.
C'est une durée de vie assez particulière que voilà. Franchement courte si vous ne vous occuppez purement que de dézinguer les 31 chefs de gang (seul et encore plus à deux), mais infinie si vous souhaitez juste faire le con avec le gameplay (seul et encore plus à deux). Dans le deuxième cas on trouve toujours quelque chose de débile à faire, du plus gros tas de voitures possible à entasser jusqu'à un dérivé de basket-ball avec les boules de lumière des lampadaires, infini je vous dis.
Si vous cherchez un jeu pour vous détendre, pour faire des choses débiles, bref pour le fun, vous allez trouver Crackdown essentiel. Si vous cherchez un jeu où le scénario est important, où les missions sont variées, où tout est mis en scène, Crackdown n'est pas fait pour vous.










