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Call of Duty 2



La triple nationalité

Russe, anglaise et américaine, voilà les 3 campagnes que vous allez avoir à accomplir dans le jeu. 3 campagnes vous mettant dans la peau de 3 soldats différents, vous faisant découvrir 3 environnements tout aussi différents.
Le camarade soviétique vous plonge en plein Stalingrad assiégé par l’Allemagne nazie, la belle Russie est bien entendu enneigée et l’armée rouge est chaudement vêtu avec des superbes redingotes polaires et des chapeaux à doublure histoire de ne pas crever de froid. C’est cette campagne qui vous fera faire vos premières armes, dans la peau du 2nd classe Vasili Koslov (un type qu’on suppose débauché de son petit patelin pour servir la mère patrie). Votre supérieur vous apprend à vous et vos petits copains à vous servir de vos armes (2 armes à feu, grenades à fragmentation et grenades fumigènes) en vous faisant tirer sur des bouteilles et des assiettes, puis en jetant des patates à travers des fenêtres (les munitions se faisant rare au pays des soviets, il ne faut pas gâcher de belles grenades !). Ce “didacticiel” est vite interrompu par une offensive allemande sur laquelle vous allez pouvoir étrenner vos nouveaux joujoux.
Le soldat “so british” quant à lui vous placera au beau milieu de l’Afrique du nord luttant contre l’Afrika Korps d’Erwinn Rommel à travers le désert ou quelques villes à défendre/assiéger. Un short et un beau p’tit chapeau façon Safari sont donc de circonstances sous ce soleil tapageur, seules les balles qui sifflent à côté de vos oreilles ou les obus de 12 qui tombent à 2 mètres de vous vous feront un peu d’air…
Enfin l’US Ranger américain nous place dans une campagne habituelle dans les jeux du genre sous le signe du débarquement alliés en Normandie qui compte, selon moi, le plus de phases anthologiques au sein du jeu, j’y reviendrais.

Les campagnes se jouent dans l’ordre que je viens d’annoncer bien que la campagne anglaise se débloque (et peut donc être joué) après la première mission russe, histoire de ne pas crisper le joueur si la froideur soviétique le glace de trop sûrement…


Dans les yeux du soldat

Que ça soit pour une des campagnes comme pour une autre vous serez automatiquement frappé (même si vous connaissez par cœur le premier Call of Duty sorti uniquement sur PC) par l’immersion dans laquelle vous plonge le jeu. Vous avez vraiment l’impression d’être au beau milieu de la guerre, la vraie. Les balles fusent de partout, les avions passent au dessus de votre tête et mitraillent ou bombardent ce qu’ils voient, vous devez vous mettre à couvert, des soldats ennemis jouent les kamikazes, vous snipent, jettent des grenades pour vous déloger de votre planque, les cadavres restent au sol (et ne disparaissent pas comme par magie comme on en a l’habitude), vos potes vous couvrent, interagissent avec l’événement etc etc etc… Alors bien sûr le but principal du jeu est de dézinguer tout ce qui passe mais Infinity Ward a le don de nous le faire faire avec panache et jubilation à travers des objectifs et des phases de gameplay variés. Chaque campagne propose ses moments d’anthologie que ça soit la traversée d’un vieux pipeline rouillé au dessus des nazis à Stalingrad, le rush en char anglais en plein désert ou encore le débarquement à la Pointe du Hoc normande avec les US rangers mais surtout cet assaut phénoménal des bunkers sur la colline 400. Vous commencez en bas de la colline alors que les allemands sont planqués dessus à vous attendre et que les 5 bunkers présents doivent être nettoyés par vos soins. Autant dire qu’une fois tout en haut vous serez content mais vous ne serez pas au bout de vos peines pour autant… Enorme. Ce passage me restera en mémoire pendant encore longtemps, vous m’en direz des nouvelles, ultra jouissif. Vous l’aurez compris, le mot immersion prend tout son sens dans ce jeu et c’est bien là sa principale qualité.
Malgré ça le studio de développement américain aurait pu pousser la chose encore un peu plus, non pas à travers le gameplay en lui-même mais tout simplement au niveau du scénario et des liens entre les missions. En effet celles-ci s’enchaînent une à une sans de “vrais” liens entre elles, entrecoupées par de réelles images d’archive de la seconde guerre mondiale, vous allez à chaque fois revivre une bataille ayant vraiment eu lieu. Malheureusement jamais vous n’allez vivre de liens scénaristiques entre ces batailles où l’ont auraient pu, par exemple, s’attacher un peu plus à notre soldat et à la troupe qui l’accompagne. Dans la campagne anglaise on regrettera par exemple de ne pas avoir à faire en détail à des événements liés à l’emblématique Price, votre supérieur moustachu et charismatique qui en dégage dès le premier coup d’œil. Call of Duty 2 n’est au final qu’un enchaînement de batailles, très immersives certes, mais qui reste un vulgaire enchaînement comme un jeu de foot qui enchaîne match après match, c’est peut-être un peu léger pour un FPS. De même je soulignerais le fait que l’on ne voit pas les pieds de notre héros ni ses mains lorsqu’il monte à l’échelle et pour un jeu qui se veut immersif c’est le comble, quand est-ce que les développeurs saisiront cette petite chose pourtant si importante ?



Contrôle technique au rapport

L’immersion ne serait rien sans une ambiance sonore à la hauteur et encore une fois elle l’est et ce n’est pas peu dire ! Dans un jeu tel que celui-ci la moitié des effets qui vous font jubiler sont dû au son, mention spéciale sur le boulot fourni donc que ça soit pour les bruitages magistraux, la petite touche musicale au bon moment ou les doublages (VF intégrale) très bien retranscrits. On pourra aussi apprécier les messages diffusés par les hauts parleurs dans les rues de Stalingrad faisant passer l’armée allemande pour des héros et tentant de toucher le moral des troupes de l’armée rouge de manière psychologique (sachant que les soldats russes sont menacés d’être exécutés s’il ne vont pas au combat je pense que certains d’entres eux ont dû fortement penser au fait de se rendre…), sympa. A souligner, niveau sonore, le cri de vos alliés ou de vos adversaires lors des assauts à plusieurs façons tribus préhistoriques (“YAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA”) qui vous fera frissonner.
Le graphisme a lui aussi à faire sa part des choses pour donner au joueur le sentiment d’évoluer dans un univers réel, Call of Duty 2 nous montre ainsi, toute proportion gardée, de quoi est capable une Xbox 360 et c’est plutôt pas mal. Etant sur une télé 4/3 (je n’ai pas les moyens de me munir d’un écran HDTV mais j’accepte les dons…) aucun aliasing ni même scintillement vient pointer le bout de son nez, des graphismes déjà assez fin donc, de belles textures notamment celles des visages, aucun ralentissement ni temps de chargement une fois la mission lancée, des effets de fumée sublimes bref on tient là un beau jeu. Sûrement encore loin de ce qu’est capable de faire la nouvelle console de Microsoft poussée au maximum mais c’est là un des plus beaux jeux du lancement sans aucun doute (pas difficile lorsqu’on le compare à des adaptations de jeux PS2 faites à la va-vite ceci dit…). Je n’oublierait pas de mentionner des bugs d’affichage de ci de là puisque certains cadavres passent à travers les murs ce qui est tout de même assez scandaleux tout comme les dégâts qui ne sont toujours pas localisés, une balle dans le pied pourra tuer votre ennemi.
On finit dans les petits côtés techniques qui joue sur l’immersion du joueur avec l’Intelligence Artificielle qui même si elle est encore perfectible (le tir ennemi se concentre très très souvent sur vous-même si un allié est debout à découvert comme un con) s’en sort plutôt bien. Vos potes vous couvrent autant qu’ils peuvent, se cachent, vous avertissent qu’une grenade est proche de vous, les adversaires eux cherchent un bon angle de tir pour vous loger une balle meurtrière et jettent des grenades pour vous déloger. Bon, il y a toujours quelques phases dignes de parfaits abrutis, qui font parfois rire d’ailleurs, comme lors d’une fusillade où un type se ramène en courant vers nous comme s’il était perdu, puis fait demi tour d’un seul coup pour se cacher derrière un tonneau… On peut se dire qu’il a bu trop de bière avant de partir au combat, lui inventer sa petite histoire pour rendre le truc crédible mais à vrai dire je pense que c’est juste un petit problème d’I.A. L’Intelligence Artificielle a donc ses moments de gloire comme ses moments de faiblesse et là aussi on se dit que ce n’est qu’un début au niveau des capacités de la 360 surtout que, rappelons-le, Call of Duty 2 est bien plus une adaptation du jeu déjà sorti sur PC qu’un jeu développé avant tout sur Xbox 360 et utilisant donc les capacités de la machine à fond les manettes.


La taqueuh taqueuh tac tactique du gendarme

En ce qui concerne la jouabilité vous n’aurez plus à vous préoccuper des sempiternelles trousses de soin, plus de barre de vie non plus. Lorsque l’écran devient rouge c’est signe qu’il faut vous mettre à couvert ou dans le cas contraire rendez-vous six pieds sous terre, un système vraiment très pratique et sympathique qui ne vous empêchera pas de mourir pour autant. Le level design vous permet dorénavant (quelques fois) une certaine liberté et vous n’aurez donc plus systématiquement des attaques de face à réaliser, rien ne vous empêche de vous faufiler sur les côtés histoires de prendre l’ennemi par un flanc pendant que votre unité les arrose de face. De même plusieurs objectifs peuvent apparaître en même temps et vous pouvez vous balader à votre guise pour les réaliser dans le sens que vous voulez. Cependant le jeu est globalement hyper scripté et c’est ce qui le rend si immersif, vous l’aurez compris. Un autre aspect “tactique” fait son apparition grâce aux grenades fumigènes, leur efficacité est remarquable, imaginez un barrage difficile à atteindre à cause d’une puissance de feu ennemie bien supérieure à la votre, hop une grenade fumigène devant eux et ils ne voient plus rien et sont donc obligés de cessez le feu ou de tirer à l’aveuglette, ce qui vous laisse le temps de vous déplacez et pourquoi pas de foncer dans le tas en sachant que vous non plus ne verrez rien, montée d’adrénaline garantie.
Pad en main les deux boutons sur la tranche, au dessus des gâchettes, font merveilles et donnent de nouvelles possibilités de jeu, sur Xbox l’utilisation des boutons blanc et noir était très secondaire vu leur accessibilité difficile, ici ces boutons de tranches servent au cœur de l’action. Dans le jeu ils sont dédiés aux grenades (un pour les fragmentations, l’autre pour les fumigènes) tandis que les gâchettes servent à viser et tirer. Un bouton pour recharger, un pour les coups de crosse et un pour se baisser et voilà une configuration idéale et hyper efficace. Je n’ai vraiment rien à reprocher sur la jouabilité si ce n’est quelques bugs de déplacement, on peine parfois à passer une porte sans trop savoir pour quelle raison, on doit reculer et à nouveau avancer pour décrisper la situation.


A 8, c’est mieux

Une fois le mode solo torché en une dizaine d’heures (en mode normal) il reste le multijoueur en écran splitté (pas de mode coop’), en link ou sur Xbox Live. Sur ce dernier vous allez pouvoir participer à des parties pour le fun ou à des parties avec classement. Chacune d’entre elles comporte 5 modes : Les classiques Deathmatch, Team deathmatch, Capture de Drapeau, ainsi que le mode Q.G (qui consiste à installer des radios et à les défendre tout en dézinguant les radios posées par les adversaires) et le mode Recherche et Destruction (qui consiste en gros à poser des explosifs chez l’ennemi tandis que lui doit les désamorcer). Des modes sympa donc mais pas très originaux au travers des 13 maps disponibles.


Source: www.xbox-attitude.com

Technique
Call of Duty 2 nous montre, toute proportion gardée, ce dont est capable une Xbox 360 avec de sublimes effets de fumée, des textures travaillées, aucun ralentissement, pas d’aliasing et tout ça sur une télé 4/3 pour rassurer les plus sceptiques. Pas exempt de quelques bugs d’affichage (les cadavres qui passent à travers les murs) pour autant, c’est tout de même un des plus beaux jeux du lancement (ce n’était pas dur ?).
Gameplay
Seuls quelques bugs de mouvements étranges viennent légèrement gâcher une jouabilité très bonne. Merci aux deux boutons de tranches qui ont un bel avenir devant eux !
Ambiance sonore
Ambiance sonore magistrale ! Je n’ai rien d’autre à dire, du grand art. Bruitages énormes, doublages bien réalisés, que du bon.
Durée de vie
Malheureusement le mode solo ne mettra qu’une dizaine d’heures à vous tenir tête en mode normal, le mode multijoueurs malgré un manque de nouveautés originales vaut tout de même un petit coup de pad.
Intérêt
Amateurs de FPS ce jeu est fait pour vous tout simplement. Pas de grandes innovations mais du très bon.
Sans être incroyablement original aussi bien en solo qu’en multi, Call of Duty 2 est un des FPS les plus immersifs qui puisse exister grâce à des événements scriptés maîtrisés par les développeurs jusqu’au bout des doigts. On regrettera cependant un scénario inexistant (on enchaîne vulgairement les batailles ayant réellement existées) à travers une ambiance sonore magistrale et une technique plutôt encourageante pour un des premiers jeu de la Xbox 360.





Fiche jeu

Editeur : Activision
Développeur : Infinity Ward
Genre : FPS
Date de sortie : 2 Décembre 2005