Pro Evolution Soccer 6
« La moitié de mon équipe travaille sur la version Xbox 360 »
Cette phrase qui me sert de titre de paragraphe date d’il y a quelques mois et a été prononcée par Seabass, le fameux producteur du jeu. On y a tous compris une volonté de sa part de fabriquer l’ultime version de Pro Evolution Soccer 6 (qui est aussi disponible sur PC et PS2), mais c’était en fait uniquement une volonté de sa part de commercialiser une version 360 qui se rapproche au maximum des autres versions en terme de contenu, Konami ayant reçu les kits de développement sur le tard. Et… c’est raté. Soit PES 6 360 sortait en même temps que les autres versions mais avec du contenu en moins, soit PES 6 360 sortait avec le même contenu que les autres mais quelques mois plus tard. A notre grand désespoir c’est la première solution qui a été choisit et comme beaucoup trop de jeux multi supports en ce moment, la version Next Gen se retrouve amputée niveau contenu. (Vivement que la Wii et la PS3 sortent pour que la Old Gen soit morte et enterrée, je vous le dis !) Du coup si vous avez l’occasion de jouer aux versions PC et PS2 avant, vous allez vous apercevoir que sur 360 il manque (reprenez votre souffle) : Plus d’une vingtaine de stades, la possibilité de sauvegarder ses ralentis, les nouveaux modes de jeu International Challenge et Random Selection Match, les statistiques individuelles à chaque fin de match, la possibilité de jouer avec son équipe de Ligue des masters sur le Live, la moitié du mode Entraînement et les trois quart du mode Edit, qui ne permettra ici uniquement que de modifier les caractéristiques de base des joueurs. Résultat, on a la désagréable impression d’assister à une régression dans la saga même si en soit, ce ne sont que des détails, PES ayant toujours été orienté sur le gameplay. Mais quand même bordel de merde hein ! Alors ! ? Boudiou ! C’est quoi son problème à Konami là ? Ils ont envie de se faire gueuler dessus pour voir comment ça fait ?
Sur le contenu de base et commun à toutes les versions du jeu, la Ligue 1 dispose maintenant de la licence officielle, du coup et pour le plus grand bonheur de Tsokoa, on peut se faire un passionnant Sedan – Valencienne avec les vrais maillots, les vrais noms et tout le toutim. Pas trop tôt. La ligue anglaise, si ce n’est pour Arsenal et Manchester United, restera par contre pour cette fois avec les faux noms (et n’espérez pas les changer manuellement sur 360 puisque le mode Edit a donc été zappé) et les ligues espagnole et italienne restent elles sous licence. Pour ce qui est de la ligue allemande, allez faire un tour du côté de chez FIFA 07 puisqu’Electronic Arts en a obtenu la scandaleuse exclusivité. En lot de consolation il y a le Bayern de Munich qui traîne dans les formations hors ligue en compagnie, entre autres, de la Juventus qui n’est pas en Serie A puisque reléguée durant l’été comme vous devez le savoir. A part ça, les transferts sont presque tous à jour (si ce n’est pour quelques rares exceptions comme Dhorasso toujours au PSG par exemple, ahahah), du moins en club. En équipe nationale les formations sont celles de la dernière coupe du monde avec un Zidane en équipe de France ou encore un Pauleta en équipe du Portugal, dommage. Equipes nationales dont la liste sous licence s’allonge un peu plus avec à rajouter cette année la France, l'Italie, l'Espagne, l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Argentine, la République Tchèque et l'Australie. Aussi, on aurait pu se réjouir de voir une poignée de nouvelles formations nationales faire leur apparition mais malheureusement elles en remplacent d’autres, à croire que Konami le fait exprès et ne souhaite surtout pas étoffer son panel de teams disponibles. C’est plutôt aberrant lorsque des équipes pas trop mauvaises et assez jouées comme le Maroc ou le Sénégal disparaissent pour laisser place à, par exemple, Trinidad & Tobago ou le Togo… Génial…
Eternel recommencement
Comme à chaque nouvel opus de PES, on doit réapprendre à jouer grâce à un recalibrage de gameplay assez souvent bien vu. Avant d’attaquer les changements en détails, je centre les débats sur le pad 360 qui correspond réellement au jeu, n’en déplaise aux pro-PES version PS2 qui ne sont pas au courant que Sony est en retard de 10 ans avec ses sticks pourraves. Sticks qui obligent les joueurs à se rabattre sur la croix, croix qu’une idée générale toute bizarre taxe faussement de plus précise. Non messieurs, sur 360 comme sur N64, Gamecube et Xbox, le stick est le bouton directionnel par défaut, disposant de mouvements analogiques et de directions que les croix n’ont pas… Bref, que je ne vous vois plus dire « mais la croix est pas terrible sur 360 », puisque les gamers normaux (qui n’ont pas uniquement que la PS2 en tête) jouent avec le stick par défaut depuis environ 10 ans bordel de dieu ! Y a pas que PES dans le jeu vidéo ! A part ça Konami a quand même cherché à faire son malin en plaçant les accélérations et le changement de curseur sur les boutons de tranches alors qu’il y a deux gâchettes bien nickelles avec des fonctions analogiques. Le fait est que nos doigts se dirigent instinctivement vers les gâchettes mais nan, ça marche pas. Heureusement, on peut changer la configuration des touches (ouf Konami a eu le temps de l’intégrer… Ca a du leur prendre 8 mois de développement sûrement, ce qui expliquerait la moitié de contenu manquant ahahaha). Les habitués des derniers PES sur Xbox (ouais y en a, un peu) seront d’ailleurs ravis de pouvoir enfin utiliser correctement les boutons de feintes sans avoir à se déboîter les mains, les boutons de tranches étant très accessibles contrairement aux boutons noir et blanc de la première Xbox. Et ça tombe plutôt bien parce que dans ce sixième épisode, les boutons de feintes, on en a besoin. Notamment pour effectuer les fameux pas chassés (les espèces de dribble en décalage sur le côté) qui se faisaient avec le stick directionnel sur PES 5, puisqu’ici ils ont déménagés sur la gâchette droite.
La vitesse de jeu a été légèrement diminuée par rapport à Pro Evolution Soccer 5, ça surprend un peu au début mais on comprend vite que le tout tire beaucoup plus vers le réalisme qu’avant grâce à des joueurs aux capacités véritablement différentes. Ainsi, un joueur peu technique, pas tellement vif et pas vraiment rapide a de fortes chances de ne jamais réussir à effacer son vis-à-vis en un contre un. Un Koller se traîne bien plus qu’un Henry, un Zidane va foutrement mieux réaliser ses dribbles qu’un Ziani, un Ronaldinho va exécuter ses gestes bien plus rapidement qu’un Adebayor, bref vous m’avez compris. On ressent la différence de lourdeur et de vivacité entre les joueurs et c’est très agréable, du coup fini les débordements incroyables avec n’importe quel pèlerin ou les tricotages affolants avec un plot. Il devient donc impératif de privilégier la construction du jeu avec une équipe moyenne, d’affûter son jeu de passe. Des passes qui justement sont devenues encore plus libres qu’avant, encore moins automatisées. Une impression qui se ressent également sur les courses où l’on a une bonne sensation de liberté, plus palpable que dans les précédentes versions. Ici il faudra impeccablement orienter la direction pour que la passe atteigne son objectif, et diriger son joueur (lorsqu’il court loin derrière le ballon surtout) au millimètre dans ses courses. Une façon de jouer qui nous fera bien pester durant les premières heures de jeu où l’on a encore en tête les automatismes de PES 5. On sera également surpris en défense de constater que le pressing (avec A) n’est plus aussi efficace (et c’est tant mieux au final), on se fera très vite troué en fonçant bêtement comme on en avait l’habitude. Il faudra dorénavant être plus tactique, moins se livrer, attendre le bon moment. C’est d’autant plus agréable que les tacles glissés servent enfin à quelque chose, on a d’ailleurs parfois l’impression qu’ils ont été exagérés tellement le joueur glisse. Mais ça a l’avantage de rendre le geste beaucoup plus spectaculaire et sympathique à voir lorsqu’on arrête net un attaquant avec un tacle bien placé. Les corners défensifs sont devenus extrêmement importants, un mauvais marquage sera quasiment à chaque fois pénalisé par un but. Défensivement parlant, la stratégie est donc à l’honneur. Pour ce qui est des gardiens ils sont beaucoup plus compétitifs et il est beaucoup moins rare de perdre un face à face contre l’un d’entre eux. Ceci dit, de la même manière que pour les joueurs de champ, on sent bien la diff’ entre les pointures et les portiers de base, ainsi on sera plus serein avec un Dida dans ses cages qu’avec un Lee Woon-jae, les bourdes étant bien plus rares du côté des gardiens prestigieux. En attaque il devient moins facile de trouver un bon angle de tir, surtout au début, et on se rend compte que les passes en retrait s’avèrent tout de suite efficaces. Le timing des têtes a été modifié, on doit sauter plus tôt que dans le 5 et ça demande donc un temps d’adaptation supplémentaire. La jauge de frappe est elle aussi modifiée et dépend vraiment de la vitesse à laquelle arrive le joueur sur le ballon mais aussi de sa position, d’un point de vue général elle monte beaucoup plus vite et les drops ne sont donc pas à exclure lors de vos premiers pas dans cette nouvelle mouture. Les petites balles piquées sont cette fois un peu plus efficaces (pas autant que dans le 4 ceci dit et heureusement) et on ne s’en privera pas, pareil pour les lobs. Globalement ce PES 6 nécessite un temps d’adaptation un peu plus long qu’a l’accoutumé (selon moi en tout cas) mais le plaisir de jeu n’en sera que plus grand une fois la bête maîtrisée. Parce que oui le plaisir de jeu est toujours là et suffira à lui seul à satisfaire les fans. L’arbitrage étant bien mieux calibré on profitera d’autant plus du titre (fini les coups de sifflets injustifiés parce qu’on a toussé à côté d’un joueur). On notera également le côté stratégique plus détaillé qui permettra à tout les Arsène Wenger en herbe de passer de longues minutes à faire du réglage dans les options.
Il y a bien entendu plusieurs nouveaux gestes (sans parler des animations), comme par exemple la possibilité de jouer les coups francs rapidement, possibilité hérité de Winning Eleven 10 (la version japonaise de Pro Evolution Soccer, on le rappelle). Par contre après une balle mise en touche les joueurs se replacent automatiquement ce qui devient totalement incohérent par rapport aux coups francs que l’on peut jouer rapidement, surtout que dans PES 5 les joueurs n’étaient pas replacés comme par magie dès la remise en jeu… On regrettera aussi, et encore plus du fait que l’on soit sur 360, une I.A des partenaires toujours discutable par moment. On assiste parfois à des coéquipiers en attaque qui stoppent leur course sans raison au lieu de nous proposer une solution par exemple.
En surface, rien n’a changé
Niveau modes de jeu c’est du vu et revu (puisque les nouveautés ont été « oubliées » sur cette version 360), on a bien la coupe Reebok mais c’est en fait une simple petite gâterie pour le sponsor étant donné que le principe est identique à la coupe Konami à très peu de chose près. L’interface des menus a bien sûr était refait, c’est assez classe et simple. La Ligue des masters prend encore un petit coup de vieux (il n’y a que la présentation des différentes possibilités qui a changé en fait, rendant le tout plus visuel) même si cette fois les différents championnats sont à peu près rangés par pays à chaque fois, (quand est-ce qu’ils vont se décider à fusionner les ligues et la ligue des masters ?) donc à moins de le changer manuellement, fini d’être dans un championnat avec des équipes anglaises, françaises, italiennes, espagnoles etc… Concernant la difficulté on ne parle maintenant plus en étoile mais en catégorie à la FIFA genre « amateur », « professionnel » etc… (Et encore une fois il y a peu de différence entre le mode normal et le mode le plus difficile).
Le graphisme est un des sujets qui fâche sur cette version puisque, ok l’image est bien nette et le graphisme bien affiné en HD, mais putain, c’est moche ! Si ce rendu peut être affilié à un rendu « Next Gen » alors la Xbox première du nom est la console du futur… Le fait que les PES n’ont jamais été vraiment beau n’est pas une excuse, au contraire. L’effort a été minime histoire de rendre le public enfin légèrement humain, de rendre la pelouse un peu plus réelle (et encore je suis gentil) et basta. La modélisation des footballeurs a été réalisée de manière totalement aléatoire avec des joueurs célèbres bien ressemblants et d’autres tout aussi connu totalement raté… Pour l’ambiance sonore ce sont les mêmes commentaires (à quelques phrases près) que ceux de PES 5 qui étaient déjà les mêmes (à quelques phrases près) que ceux de PES 4... On peut donc difficilement faire plus aberrant dans le concept étant donné que ce sont les pires commentaires qu’un jeu de foot puisse avoir, et je pèse mes mots. Konami aura le mérite d’avoir définitivement fait de Christian Jean-Pierre et Jean-luc Arribart une belle paire de glandus (qui a dit « c’était pas dur » ?). Il n’y a que très peu de cohérence entre les commentaires et ce qui se passe sur le terrain, les phrases bateau s’enchaînent avec une interprétation aussi professionnelle et criante de vérité qu’une moule qui fait du trampoline, bref… Je retiendrai tout particulièrement une phrase prononcée régulièrement lors des matchs par notre ami Christian : « Ah ça la défense c’est un sacré art hein ! ». Ca résume la qualité globale des commentaires du jeu. Du point de vue de l’ambiance des stades, on constate enfin une progression ! Le public réagit bien aux actions et se fait entendre constamment dans une sorte de brouhaha général, ici pas de chants officiels (une histoire de licence probablement) mais ça rend plutôt pas mal, surtout lorsqu’on a un matos audio de bonne qualité. Du coup c’est pas très beau et moyennement audible mais en HD et avec de quoi bien faire passer le son, en coupant les commentaires bien sûr, la pilule passe mieux (faudrait pas que ça se reproduise ceci dit parce que ça commence à devenir assez énervant depuis le temps).
Le jeu dans le jeu
Le mode Xbox Live de Pro Evolution Soccer 6 possède une bien étrange particularité. Ca ne réside pas dans les modes de jeu puisqu’il n’y a que du matchranking et du match entre amis (ce qui peut, au passage, être considéré comme un défaut de plus), ni même dans le concept donc. Ca vient tout simplement du fait qu’il est quasi impossible de jouer un match avec classement, un comble ! La liste des joueurs apparaît, on choisit qui affronter et puis là… Rien. « La session n’existe plus». Alors on réessaye avec quelqu’un d’autre et là… La même chose. J’ai passé un temps incalculable, durant différentes heures et différents jours, à tenter de trouver une partie, en vain ou presque. C’est donc on ne peut plus énervant ! Les plus enfants d’entre vous y trouveront là un jeu dans le jeu « toi aussi, essaye de trouver une partie online avec classement ». On comprend alors pourquoi on débloque un achievement en jouant son premier match dans ce mode… Ironie à part, Konami a plutôt intérêt à se magner le fion de régler le problème. Un patch a tout intérêt à être téléchargeable dans les semaines à venir et tout porte à croire que ça sera le cas (on ne peut décemment pas croire que le problème persistera sans que quelqu’un ne s’en occupe pour un jeu d’une telle dimension). Espérons que cet éventuel patch règle également le mini temps de latence lors des parties, qui n’empêche pas de jouer mais qui nous oblige à aborder le jeu d’une manière un petit peu différente qu’en offline… Je dirais même que ça oblige à réapprendre à jouer une deuxième fois, le temps de latence est vraiment minime mais nous fera tacler dans le vent, frapper trop tôt ou trop tard etc… C’est très énervant au début. Un mode Xbox Live qui nous laissera donc sur notre faim, jusqu’à nouvel ordre. Et comme on avance dans le floue total (on ne sait pas quand ça sera corrigé, Konami n’ayant pour le moment pas du tout communiqué à ce sujet), notre véritable avis concernant la chose restera en suspens. Personnellement je ne joue plus online avant le patch.
Source: www.xbox-attitude.com
Les animations sont toujours très réalistes mais pas spécialement bluffantes pour de la Next Gen par rapport à ce qu'on connait, quant aux graphismes... C'est beau, pour de la Xbox 1... On appréciera tout de même la finesse des traits en HD pour se consoler comme on peut.
Un temps d'adaptation un peu plus long qu'à l'accoutumée est nécessaire, et une fois le tout bien assimilé on est de nouveau face à ce qui se fait de mieux en matière de simulation footbalistique ma bonne dame. Le pad 360 est parfaitement adapté (merci le stick et les boutons de tranche).
L'ambiance des stades a enfin été améliorée mais les commentaires sont toujours extrêmement mauvais, pire se sont les mêmes (à quelques phrases près) que ceux de PES 5 qui étaient déjà les mêmes que ceux de PES 4...
Quand on aime on ne compte pas (les heures passées sur le jeu).
Le meilleur jeu de foot sur 360 est là. Mais si vous possédez une PS2 ou un PC (sur lequel vous jouez), l'intérêt est objectivement moindre à cause d'un contenu à moitié "oublié".










