Dead Rising



En plein dans un film de genre

Avant même de quitter le toit on rencontre un certain Carlito qui se trouve être assez énigmatique, même très énigmatique, en gros quand il nous parle on ne sait rien mais c’est louche. Et puis on descend pour se retrouver à l’intérieur du poste de sécurité, un endroit que l’on va vite beaucoup apprécier car on peut sauvegarder (j’y reviendrai). On quitte le poste et je vous zappe certains passages pour arriver au moment où l’on est dans le centre commercial où des gens comme vous et moi barricadent la grande porte d’entrée en train de se faire assiégée par des zombies. Parmi les gens présents dans le coin il y a une jolie brune, énigmatique, et y a une vieille qui pleure parce qu’elle a perdu son clébard aussi. Un type nous demande, enfin me demande, enfin demande à Frank West, d’aller chercher des trucs (banc, télé etc, des trucs quoi) quelques mètres plus loin pour renforcer la barrière. Lorsqu’on y arrive une cinématique s’enclenche où un papy énigmatique, même très énigmatique manque de nous coller un coup de canne dans l’œil à travers un rideau de fer derrière lequel il s’est enfermé dans la galerie marchande, soit. Quelques secondes après la vieille a retrouvé son chien, manque de bol il est de l’autre côté de la barricade (et il est moche, c’est un caniche). Dans un élan de folie elle pète presque la gueule aux types qui veulent l’empêcher de le récupérer, elle ouvre une des portes d’entrée et forcément les zombies entrent par centaine dans le Carrefour local (ou Auchan ou Géant ou comme vous voulez je m’en fou) et voilà comment le bordel a commencé. Je ramasse un bout de barricade de fortune (une télé HD) et je m’en sers pour péter la gueule aux zombies (p’tain dire que j’ai même pas de télé HD et que dans le jeu je m’en sers pour leur foutre sur le coin de la trogne…) quand un gars, nommé Brad, nous cri de monter par les escaliers. Pendant ce temps là s’affiche à l’écran le nom des gens qui crèvent rongés par les dents des morts vivants. Et puis hop nous voilà de retour dans le poste de sécurité avec Brad, une certaine Jessie (jolie blonde à lunette habillé en secrétaire et avec du gloss sur les lèvres, les détails sont importants) et Otis le chef de la sécu du centre (un p’tit vieux). Les autres sont sûrement tous morts (sinon tant pis), Brad fait souder la porte du poste par Otis pour ne pas que les zombies la défonce et nous voilà enfermés à 3 garçons une fille dans un petit poste de sécurité. « Ca sent la partouze, Jessie tu vas en prendre plein le boule », c’est ce que je m’étais dit mais finalement on n’est pas si enfermés que ça vu qu’il y a un conduit d’aération, qui donne sur le centre commercial, par lequel on peut aller et venir en étant certain que ces débiles de morts qui ne le sont pas ne nous suivront pas. Frank ne sait toujours pas ce qu’il se passe et il sent bien que Brad et Jessie savent quelque chose, en échange de bons procédés ils finissent par faire équipe tous ensemble. Et tout se goupille au fur et à mesure du temps pour dévoiler un scénario réellement digne d’un film de genre tout aussi classe ou péjoratif que ça puisse être (c’est selon votre point de vue, moi j’adore).

En plein dans la gueule

L’une des première chose qui frappe dans Dead Rising c’est le réalisme de ses scènes cinématiques, Capcom prouve qu’ils sont toujours l’un des maîtres du monde en la matière et ils en profitent puisqu’il y en a énormément. Elles servent à raconter l’histoire bien entendu mais aussi à intégrer des personnages comme les « psychopathes ». Ce sont des humains qui ont pétés les plombs comme ce gérant de super marché qui ne veut pas qu’on le pille, ce père et ses fils qui snipent tout ce qui bouge même si c’est humain ou encore ce clown avec ses tronçonneuses ou ce vétéran du Vietnam presque émouvant. Il y a toute une ribambelle de cinglés comme ça. On les rencontre au hasard des objectifs, secondaires ou principaux, et la firme japonaise les utilise l’air de rien pour critiquer finement la société de consommation américaine, tout comme le film de Romero d’ailleurs. Le centre commercial est divisé en une multitude de zones séparées par des temps de chargements (presque à chaque porte en fait) très courts mais très présents. La vie à l’intérieur du centre commercial est très active, avec bien sûr des zombies, par centaine et sans aucun ralentissement mais alors vraiment aucun même quand il y en a un nombre incroyable à l’écran (le passage dans le parking souterrain est ahurissant). La barre est placée très haut techniquement, tout est beau et bien fait, les effets sont placés où il faut et avec classe (le parquet du super marché à North Plaza ouuuuuh). On trouve cependant toujours le moyen de chipoter avec parfois des bras qui passent à travers un mur ou des cravates qui restent plaquer contre le torse lors des cinématiques ou encore les cheveux d’Isabella (la belle brune) très bien rendus graphiquement mais tout raide (bon c’est vrai qu’il n’y a pas de shampooing dans ce centre commercial mais quand même). Il est certain qu’un effort aurait pu être fait à ce sujet sans problème. Effort qui a été magistralement accompli au niveau sonore avec un doublage (version américaine sous-titrée) très bon et des musiques d’ambiance vraiment parfaite. A part ça pour vous frayer un chemin à travers les zombies, l’interactivité avec les objets est très importante et se trouve être tout simplement incroyable. Presque tout dans le centre commercial est interactif, un magasin d’habits ? Hop on se change. Un magasin de guitares ? Dans l’estomac. Un panneau publicitaire ? Dans les dents. Un boomerang ? Dans la gueule. Une boule de bowling ? Dans les jambes. Un skate ? C’est parti pour un tour. Une moto ou une voiture ? Vive le pare choc. Un pot de peinture ? Pleine tête et une petite photo souvenir. Résultat ? Des cadavres et du sang partout, même sur nos habits, fun. On appréciera également que tout soit parfaitement intégré dans le gameplay, par exemple pour reprendre de la vie pas question de chercher quelconque trousse de soin fictive sur laquelle marcher, non. Il faudra « simplement » se rendre dans un super marché ou un restau pour ingurgiter de la bouffe ou de la boisson mais attention, avaler quelque chose d’avarié donnera méchamment mal au ventre. On pourra même, via un mixer, faire ses propres cocktails (dont certains ont un effet très sympa), faire cuire sa bouffe dans un micro ondes du coin ou faire chauffer une poêle pour cramer la gueule des zombies. C’est extrêmement, mais alors à l’extrême de l’extrême, jouissif.

En plein dans la merde

Même le système de sauvegarde est intégré subtilement puisque vous ne pourrez sauver que dans des endroits calmes comme le poste de sécurité et son canapé ou les chiottes (le zombie ne fait pas caca). Et autant dire tout de suite que ces endroits sont rares et que pour sauvegarder c’est donc légèrement le bordel. Surtout que le système ne nous permet que d’utiliser une seule et unique sauvegarde qui écrase la précédente, que si nous mourrons et que nous sauvegardons/quittons juste derrière grâce au menu proposé on reprendra la partie de zéro (il ne faut jamais, ô grand jamais sauvegarder après sa mort sous peine de crise d’hystérie furieuse), que si on a envie de quitter la partie en court de jeu on ne peut pas sans sauvegarder (et les points de sauvegardes sont donc rares et loiiiiiiin très loiiiiiiin) et que pour ne rien gâcher le temps nous est compté et nous met grave la pression.

Et oui, rien à voir avec la démo, vous avez 72 heures pour comprendre le pourquoi du comment avant le retour de l’hélico, 72 heures qui s’écoulent en pseudo temps réel (une minute dans le jeu est égale à une poignée de secondes chez nous). Plusieurs objectifs vous sont proposés durant ce temps, tout d’abord ceux de la trame scénaristique principale (nommés CAS) où l’on aide Brad et Jessie et qui nous permettront de comprendre pourquoi il y a des zombies doudou dit donc. Et puis ceux refilés par Otis qui reluque les caméras de surveillance et qui nous indique par l’intermédiaire d’un talkie-walkie des choses du genre « hé frank y a une fille à tel endroit, elle a l’air apeurée, tu pourrais y faire un tour ? ».


– Au passage j’en profite pour faire une petite aparté sur ces passages avec le talkie walkie : Vous devez prendre l’appel à chaque fois, en cliquant sur une direction de la croix, pour que l’objectif s’inscrive bien dans le menu. Mais lorsque l’on a le talkie à l’oreille il est impossible de sauter ni d’ouvrir une porte ce qui devient très vite embarrassant surtout que l’on doit vraiment bien attendre la fin du message, de longues secondes, même si on a tout bien lu, pour que l’objectif daigne se valider. Sinon paf, Otis vous rappelle sans cesse en vous engueulant en prime parce que vous l’avez coupé. Imaginez vous avec une horde de zombies au derche, plus qu’un carré de vie et vous êtes comme un con sans pouvoir ni sauter ni ouvrir une porte parce que vous attendez que l’objectif finisse par s’inscrire dans le menu… Frustrant.-


Les objectifs d’Otis consistent donc à trouver des survivants que l’on devra ramener à chaque fois au poste de sécurité. Et il faudra bien « débrousailler » le chemin pour le passage du survivant car bien souvent il est idiot et se laisse bouffer. Heureusement il y a des fois où on peut le prendre sur son dos ou le tenir par la main histoire d’aller plus vite. Tient au passage un petit défaut me vient à l’esprit, on pourra regretter le fait de tout détruire dans un magasin, des vitres jusqu’aux objets et que tout redevienne nickel dès que l’on quitte et revient dans la zone… Otis a le talkie facile et les objectifs s’entassent en plus des CAS qui se débloquent un à un. Chacun a une durée limitée dans le temps avant de disparaître que ça soit pour les CAS ou les sauvetages, du coup on est rapidement avec plusieurs buts et il faut faire des choix. Est-ce que j’ai le temps d’aller voir cette fille et ce type à l’autre bout du centre commercial et de revenir à temps pour lancer le prochain CAS sachant que je risque de me faire toucher et qu’il n’y a pas forcément de quoi récupérer de la vie là-bas et qu’en plus je vais devoir les ramener au poste de sécurité ? Est-ce que je me laisse emporter par les possibilités qu’offre le jeu pour faire une virée dans la tripotée de magasin à disposition ? Est-ce que je défonce la gueule à des tas de zombies pour le fun ? Et si je rencontre un psychopathe je vais être dans la merde ou pas ? Mmmmmh choix difficile, difficile car prendre le risque de perdre est une vraie pression. Essentiellement à cause (ou grâce c’est selon) du système de sauvegarde qui nous obligera bien souvent à recommencer tout un long et périlleux passage en cas de mort. C’est à la fois rageant et à la fois une mise à l’épreuve, un défi que l’on doit relever. De toutes façons c’est soit ça et on relève le défi soit on jette le jeu par la fenêtre.



Niveau jouabilité pure, il est très simple de manier Frank qui répond au doigt et à l’œil, glisser d’arme en arme (à noté qu’elles sont destructibles ce qui augmente le petit côté « j’ai la pression ») est on ne peut plus simple et on appréciera le panel de coups disponible qui augmente au fur et à mesure via un système de level up. Ce système est basé sur les points de prestige (PP), PP que l’on obtient en dézinguant du zombie de tel ou tel manière, en sauvant des survivants, en débloquant des CAS et en prenant des photos sensationnelles. Photos qui sont classées par catégorie qui vont de l’horreur au bêtisier en passant par l’érotisme (photographier le décolleté plongeant d’un personnage féminin sera donc gratifier, ça fera plaisir à Franck (celui de chez nous, pas Frank West hein)). Les PP augmenteront donc notre barre de level up qui pourra faire augmenter barre de vie comme inventaire et coups disponibles. Enfin il est important de noter qu’il y a plusieurs fins (6 en tout) qui arriveront selon vos performances (résoudre tout les CAS et arriver à temps à l’héliport ou non, sauver beaucoup de survivants etc…). Résoudre tout les CAS débloquera le mode Extra (une sorte de suite du scénario) et finir le mode extra avec la vraie fin débloquera le mode « overtime » (un mode de cinglé où la barre de vie diminue régulièrement mais sans limite de temps). C'est une façon plutôt intelligente de "forcer" le joueur à refaire quelques parties en tout cas.



Ah oui et puis au fait, il paraît que sur les télés SD (les télés normales quoi) les sous titrages sont merdiques, à peine visibles. Capcom ne patchera malheureusement pas le jeu en conséquence… On raconte que le producteur de Dead Rising a dit « tant pis pour les pauvres et leur télé pourrie, j’ai des actions chez Samsung ». Du coup faite comme moi : Jouez sur écran PC grâce au câble VGA, le rendu est proche d’un écran HD et c’est 100 fois moins cher. Hé ouais un pauvre ça se débrouille.




Source: www.xbox-attitude.com

Technique
Très joli, beau, magnifique et autre adjectifs du genre peuvent servir à décrire l'aspect technique du jeu. Aucun ralentissement, des centaines de zombies à l'écran, des cinématiques magnifiques... La classe. On pourra tout de même chipoter sur des détails histoire de se dire que le jeu parfait n'existe pas et souligner les temps de chargement très courts mais très présents mais qu'importe.
Gameplay
Frank se manie très facilement et précisément mais certains passages comme les coups de fil d'Otis frustrent.
Ambiance sonore
Un doublage américain (sous titré) très bon, de jolis bruitages et une musique pile dans le ton à chaque fois. Parfait.
Durée de vie
Une partie se finit en moins de dix heures mais ce sont dix heures très intense. Et il existe une rejouabilité très présente.
Intérêt
Les fans de films de genre vont littéralement adorer, les fans de beat'em all aussi vu l'aspect totalement atypique mais le système de sauvegarde est tellement spécial qu'il en refroidira plus d'un, c'est une certitude. A essayé avant d'acheter, plus que jamais.
Si on exclu le système de sauvegarde incroyablement aberrant et ce qu’il implique, Dead Rising est un jeu atypique et jouissif à l’ambiance très marquée qui fera jouir les fans de film de genre mais qui pourra peut-être refroidir les autres. Si on intègre le système de sauvegarde immensément aberrant, Dead Rising est encore plus atypique et tout aussi jouissif bien que foutrement oppressant. On aime ou on déteste, c’est pas plus compliqué.


Fiche jeu

Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
Genre : Action
Date de sortie : 7 Septembre 2006