Football Manager 2006



Une base de donnée étourdissante

Avant tout chose, il est bon de préciser que sous un nom différent (Football Manager), se cache en fait un jeu bien connu des aficionados du genre : L’Entraîneur.
En effet, en conflit avec leur éditeur, l’équipe de Sports Interactive a récemment migré pour atterrir chez SEGA, emportant avec eux leur bébé, mais pas son nom.
Inutile de préciser également que Football Manager ne s’adresse pas à n’importe quel joueur. Ici pas de graphismes en haute résolution avec des noms barbares tels que Anti-alliasing, Normal Mapping, Effet machin truc muche de la mort qui tue. Non, le dernier né de Sports Interactive, comme ses aînés, est sobre, très sobre même.
Pas non plus de gameplay faisant appel à vos réflexes ou à votre dextérité, dans Football Manager vous ne contrôlerez pas les joueurs, ne pourrez pas frapper comme une mule, faire un petit pont enchaîné d’un passement de jambe, coup du sombrero et frappe en pleine lucarne opposée. Ici vos joueurs seront entièrement dirigés par l’I.A., pire, ils seront représentés à l’écran sous forme de petit rond en 2D sur un rectangle vert représentant la pelouse. Dans Football Manager vous allez passer le plus clair de votre temps dans des menus interminables, qui vous emmèneront dans d’autres sous menus guère plus enthousiasmant et ainsi de suite, indéfiniment, et seulement entre coupé de ces matchs en 2D représentés par des ronds glissant sur un rectangle vert.
Si vous avez décroché, fermez donc la fenêtre et revenez me voir pour le test prochain de Coupe du Monde FIFA 2006 édité par Electronic Arts, les autres bienvenue dans cette ode au tout premier jeu de gestion footballistique « console » abouti.

Tout comme son homologue PC donc, Football Manager 2006 sur Xbox 360 vous propose ni plus ni moins qu’une base de données étourdissante, regroupant près de 280.000 joueurs et personnel technique de plus de 5.000 équipes réparties dans 50 pays différents à travers le globe. Toutes les données étant mise à jour au 1er janvier 2006. C’est tout simplement du jamais vu sur nos machines de jeu.
Seulement, et ce sera le premier bémol de ce test, tous ces joueurs et équipes ne seront pas accessibles à chaque partie. En effet, pour des raisons qu’on imagine technique, vos parties sont limitées à un choix de 10 ligues maximum, vous privant ainsi des joueurs de toutes les autres représentées. Inutile donc de préciser qu’il va vous falloir choisir judicieusement les ligues pour lesquelles vous allez opter en début de partie pour ne pas vous priver de possibles recrues talentueuses (ce qui sera forcément le cas). Attention par exemple, si vous décider de jouer en France, de ne pas vous casser les dents en choisissant que des ligues sud américaines et asiatiques, les étrangers à la communauté européenne n’étant engageables qu’au maximum de 4 par clubs.

Plan de carrière

Une fois vos ligues et votre club de départ choisis, vous voilà fin prêt à débuter dans la peau d’un entraîneur de foot stressé (ou du moins si vous ne l’êtes pas encore, ça ne devrait tarder).
Au départ il faut bien avouer qu’on se sent un peu désorienté dans ce vaste univers pleins à craquer de menus et graphiques en tout genre (je ne saurais dire si la notice est d’une aide précieuse étant donné que SEGA ne me l’a pas fournie). Désorienté c’est le mot, tant l’interface s’avère délicate. Le choix des boutons est assez curieux et les combinaisons tellement nombreuses qu’on n’y comprend pas grand-chose et qu’on se contente au départ d’en faire le minimum. Puis, par la suite, les défaites s’accumulant proportionnellement à la perte de vos cheveux, vous commencerez alors à vous poser quelques minutes et à bien étudier les possibilités que Sports Interactive a mis à votre disposition.

Sachez tout d’abord que les gâchette ne vous serviront pas à grand-chose ; du moins si, elles vous serviront au même titre que les pages précédentes et suivantes de votre navigateur Internet. Les touches les plus importantes, une fois n’est pas coutume, ce sont les touches de tranches, plus communément appelées RB et LB. Attention, car si la touche LB vous ouvrira toujours le même menu déroulant (le menu principal), la touche RB, elle, vous ouvrira un menu pratiquement toujours différent selon l’endroit où vous vous trouvez. Une fois ce système assimilé, la navigation se fera de façon bien plus fluide et on finira même par trouver ses automatismes à force d’heures passées à jouer.
Pour résumer le gameplay de Football Manager 2006, je dirais qu’il est assez curieusement défini, qu’il est très rébarbatif, qu’il demande pas mal d’apprentissage mais qu’il reste tout de même apprivoisable et il faut bien reconnaître que c’est sans doute la condition sine qua non pour nous permettre de profiter de tous les avantages du titre vu l’absence de souris.

Au niveau des possibilités, je vous l’ai dit, c’est assez énorme.
Ce qui vous est offert dans ce jeu, c’est de diriger un club dans la peau d’un entraîneur/manager. C'est-à-dire que non seulement vous allez devoir gérer les entraînements, mais vous allez également devoir gérer votre personnel, votre recrutement, vos relations avec les médias, vos relations avec vos pairs et bien entendu votre centre de formation. Car dans ce titre, vous n’allez pas jouer une saison, croyez moi ça n’en vaut pas la peine, mais vous allez vivre toute une carrière, que vous allez devoir construire en préparant votre avenir.
Vous allez donc devoir préparer des programmes d’entraînement spécifique pour chaque joueur ou type de joueur, embaucher (ou licencier) du personnel, les assigner à des tâches précises pour accroître leur efficacité, élaborer des tactiques, gérer les blessures, les mécontents, les matchs de vos joueurs en sélection nationale, le tempérament de chacun et bien sûr faire signer ou rompre des contrats à tout va.
Le tout sans perdre de vue qu’il vous faut engranger un maximum de victoires, pour amasser de l’argent, réaliser les objectifs qui vous sont fixés par vos dirigeants et de vos supporters et vous assurer une place parmi l’élite de la profession… et pourquoi pas entrer au Panthéon du football.

C’est tout de même bien fade

A aucun moment donc vous ne dirigerez les joueurs sur le terrain. Vous aller leur donner des directives, oui, vous pourrez même leur parler à la mi-temps pour les galvaniser mais en aucun cas vous allez prendre le pad en main et entrer sur le terrain.
De ce fait, il valait mieux que Football Manager soit doté d’une Intelligence Artificielle élaborée.
Bien entendu avec une telle expérience dans la gestion footballistique, il ne pouvait en être autrement ; et mis à part quelques bugs et quelques errances pour les moins curieuses de vos joueurs, il faut bien avouer que les choses se déroulent de façon réellement satisfaisante et surtout très réaliste. Le souci dans ce cas là, c’est que si vos joueurs se comportent de façon très réalistes lorsque les choses se passent bien, ils se comportent de la même façon lorsqu’elles se passent mal. Donc si vous n’exploitez pas au mieux les possibilités que vous offre le soft pour optimiser vos entraînements, adapter vos tactiques à vos adversaires et gérer la fatigue et les blessures de vos joueurs, vous courrez à l’échec… même avec une équipe de tueurs comme le Barça, le Real ou la Juve. Dans tous les cas, partez du principe que si les choses se passent mal de façon récurrente, c’est que la faute vous en incombe et qu’il va falloir que vous vous remettiez sérieusement en question pour trouver rapidement une solution. Sinon, c’est la porte assurée.

A côté de toute cette facette « gestion » extrêmement pointue, Football Manager 2006 présente malheureusement bien des défauts. L’impossibilité de jouer avec plus de 10 ligues en base de données en est une, la difficulté d’adaptation aux possibilités du gameplay en est une autre, on pourrait également citer l’excessive sobriété esthétique ou bien l’insipidité des bruitages. On aurait tout de même aimé qu’à côté d’une base de données époustouflante et d’une I.A. travaillée, les développeurs soigne un peu plus la réalisation en nous proposant des bruitages plus réalistes, des chants de supporters adaptés aux clubs, ou au moins ressemblant à des chants de supporters et non à un brouhaha inaudible. On aurait bien aimé également quelques effets sympas sur les différents menus et graphiques, des fonds d’écrans aux couleurs de votre club comme c’était le cas sur d’anciennes versions de L’Entraîneur, une représentation graphique un peu plus soignée des matchs voire même quelques animations pour amener un peu de vie à ces menus fades et sans saveur.

Source: www.xbox-attitude.com

Technique
Etant donné qu’on ne peut pas réellement parler de la qualité des graphismes et des animations dans un jeu de gestion, cette note sera surtout consacrée à juger l’esthétisme général du jeu et l’Intelligence Artificielle. Outre le fait qu’il ne s’agit que d’une succession de menus, Sports Interactive aurait pu s’atteler d’avantage à les rendre plus attractifs. Je me souviens par exemple des anciens volets de L’Entraîneur où des fonds d’écran sur le thème du football venaient agrémenter les pages. Là pas de fond d’écran, pas d’effets sympathiques et une représentation des matchs très terne. A côté de ça, le jeu présente une I.A. assez exceptionnelle qui mis à part quelques rares écarts, fera réagir vos joueurs aux situations données de manière extraordinairement réaliste.
Gameplay
Il n’est pas évident de faire un jeu de gestion sur console, compte tenu du fait que la jouabilité au pad devient très vite rébarbative. Football Manager 2006 n’échappe donc pas à la règle et demande une bonne période d’apprentissage avant de maîtriser les possibilités du jeu. Ceci dit, par la suite on finit par s’y habituer et à prendre des automatismes. Pour une fois, et grâce à la puissance de la 360, un jeu de gestion console se voit doté des mêmes fonctionnalités et de la même base de données que son homologue PC. On s’en réjouira, même si on peut regretter au final de ne pas pouvoir activer plus de 10 championnats parmi les nombreux proposés. Attendez-vous tout de même à jouer une demie saison, voire une saison complète avant de bien maîtriser la totalité des possibilités qui vous sont offertes.
Ambiance sonore
Pas de musique et en y réfléchissant bien, ce n’est pas plus mal. Les bruitages sont bien trop minimalistes, les bruits de foule ne sont pas vraiment convaincant, les chants de supporters inexistants. Bref c’est mauvais, très mauvais… trop mauvais.
Durée de vie
Football Manager 2006 est de ces jeux qui durent une année, jusqu'à la sortie de l'opus suivant, de ces jeux sur lesquels on découvre toujours des trucs, même après de nombreuses partie. D’autant plus que l’intérêt du soft réside surtout dans les deuxième et troisième années (voire même au-delà) à la tête d’une équipe, lorsque vous voyez vos jeunes recrues évoluer et devenir des stars. La durée de vie énorme est en plus accrue ici par les possibilités Xbox Live.
Intérêt
Pour les fans du genre, il n’y a aucun doute à avoir. Football Manager est déjà la référence sur PC, il devient sans aucun problème la référence console grâce aux nombreuses possibilités offertes, impossibles dans les jeux d’actuelle génération.
Attention, Football Manager 2006 n’est pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Si vous n’êtes pas friand des jeux de gestion footballistique, passez votre chemin, vous vous ennuierez comme jamais sur le titre de Sports Interactive. Si par contre vous êtes accro à ce genre et que vous ne possédez pas un ordinateur assez puissant pour faire tourner correctement la version PC, jetez vous sur la version 360 vous devriez trouver votre bonheur. Plus qu’un jeu, une véritable drogue dure dont on devient très rapidement dépendant si tant est qu’on ait le courage de se plonger dans cet univers si particulier.


Fiche jeu

Editeur : SEGA Europe Ltd.
Développeur : Sports Interactive
Genre : Gestion
Date de sortie : 14 Avril 2006