Colin McRae : DIRT

Colin McRae : DIRT

Au menu ce soir

S’il y a bien un genre qui s’épanouit sur 360, c’est bien la course automobile ! Simulation ou arcade, toutes les variantes du genre y sont représentées. De plus, avec des titres tels que Forza 2, Project Gotham Racing 3 ou encore Test Drive Unlimited, on ne peut pas dire que la qualité ne soit pas au rendez-vous. En attendant donc les GTR, PGR4 et autres SEGA Rallye, ce mois de juin nous propose pas moins de trois jeux de courses, chacun dans son propre style : Forza Motorsport 2, Flatout Ultimate Carnage et Colin McRae Dirt.
C’est ce dernier qui nous intéresse ici, et ça tombe plutôt bien puisque le rallye n’avait pas encore sévit sur la console de Microsoft.
Sitôt le jeu lancé, on ne peut s’empêcher de s’enthousiasmer à grands coups d’onomatopées du genre « Whaaaaaaaaaaaaaa » ou encore « Ooooooooooooooooh ». Il faut bien l’avouer, avant même d’avoir lancé la première course, on s’extasie devant la qualité graphique indéniable des menus de Dirt. C’est bête à dire, mais avouez que c’est tout de même bien plus agréable d’évoluer dans un menu joli et pratique, que dans une galère d’ergonomie terne et sans saveur.
De plus, l’enthousiasme ne réduit pas une fois en jeu. Graphiquement, Dirt est juste à tomber. De loin le plus beau jeu de courses à l’heure actuelle. Loin devant Forza 2 et ses décors minimalistes ou PGR 3 et son aliasing trop présent. Dans Dirt, les voitures sont parfaitement modélisées, criantes de réalisme jusque dans les dégâts et ce pare-brise qui se lézarde en vue intérieure. Les environnements ne sont pas en reste, avec de jolis effets de lumière, des paysages photo-réalistes et des pistes qui dégage poussière et boue jusqu’à en peinturlurer nos bolides au fil des kilomètres.
Bref, le jeu est beau c’est indéniable ! Malheureusement, cette qualité n’est pas gratuite et très souvent le framerate le paye cash par des chutes relativement constantes qui hachent la progression et torturent nos yeux. Sans trop me mouiller, je suis intimement persuadé que la majorité des joueurs auraient préféré faire quelques concessions graphiques contre une fluidité constante.
Un frein au succès

Et les soucis ne s’arrêtent pas là pour ce nouveau Colin McRae, loin s’en faut.
Si l’on excepte les jeux sans ambition, sortis à la va vite par des développeurs sans grands talents, de mémoire de joueur, je pense n’avoir jamais vu de moteur de conduite aussi minable. Ça y est, le mot est lâché : Minable.
J’ai beau cherché des synonymes pour arrondir les angles, je n’en trouve pas de suffisamment fort pour décrire la claque qu’on prend une fois au volant.
Les voitures semblent plus glisser sur le sol que rouler sur une piste, chassent de tous cotés comme des savonnettes sous les douches d’un club de rugby et freinent quasi instantanément dès qu’on appuie légèrement sur le bouton concerné.
Si pareilles conditions existaient réellement, nous aurions là la solution miracle aux accidents de la route. Constatez plutôt : Lancé à près de 200 km/h, Dirt vous permet de prendre un virage en épingle, au pas, en réduisant la distance de freinage à quelques mètres, tout juste une dizaine. Très souvent d’ailleurs, freinant légèrement à l’amorce d’un virage, on se retrouve dubitatif, presque à l’arrêt pour négocier un tournant sans grand danger. Pire, les dérapages sont quasiment impossibles à réaliser sans l’utilisation du frein à main, rendant la conduite ennuyeuse au possible, à fond dans les lignes droites, à l’arrêt dans les virages.
J’avoue, je schématise un peu et exagère mes propos pour appuyer ma déception, mais croyez-moi, je ne suis pas bien loin de la vérité tant la conduite de Dirt est ratée, bâclée, bref sans intérêt.
Même constat pour les dégâts merveilleusement modélisés sur la voiture, qui n’ont pourtant aucun effet sur la conduite. Aucun risque de crevaison lorsque la tôle froissée pend dangereusement au dessus de la route. Aucun problème de direction lors d’un choc susceptible d’avoir endommagé les parties mécaniques de la voiture. En fait, à part lors des accidents à grande vitesse où l’on est alors éliminé sur le champ, ces dégâts ne servent juste qu’à accentuer encore la qualité graphique du titre et n’ont pas d’autre utilité.
Trop de variété tue la variété

C’est tout de même rageant de voir un tel gâchis car si on pouvait encore pardonner le manque de fluidité, il est difficile d’en faire de même pour la conduite. Surtout qu’en plus d’être beau comme le diable, Dirt n’en était pas moins complet.
Certes, ce Colin McRae nouvelle formule lorgne plus du coté des Toca que sur son passé de rallye. Les épreuves sont nombreuses et varient énormément. Du Supercar, du buggy, des courses de SUV, Dirt se perd un petit peu en empruntant des routes trop sinueuses et multiples, plutôt que de se concentrer exclusivement sur du rallye pur et dur. Mais cela reste un avis purement subjectif et cette formule à la force de permettre aux joueurs occasionnels de s’essayer à ce genre moins accessible que de la course urbaine ou sur circuits.
Le jeu offre donc de nombreuses épreuves, un bon paquet de véhicules à débloquer et même des kits de peintures et décalcomanies pour donner du style à vos engins. Les courses nous proposent d’arpenter tant des pistes ensablées, que du bitume détrempé ou de la bonne terre parfois boueuse. Malheureusement les sensations ne varient que trop peu d’une surface à l’autre et, là encore, la différence la plus notable restera exclusivement l’aspect graphique.
L’autre différence vient bien sûr, comme dit précédemment, du type d’épreuves qui vous placera tantôt seul contre le chrono, tantôt en compagnie de sept autres concurrents sur la même piste, qui ne vous feront pas de cadeaux. Pour ça, il faut bien avouer que l’Intelligence Artificielle est plutôt réussie. Passé les niveaux de difficulté les plus bas, les joueurs contrôlés par la console seront agressifs et efficaces, de quoi proposer un véritable challenge. Et si ça ne vous suffisait pas, sachez que chaque résultat de course est envoyée sur les serveurs afin d’établir un classement mondial avec les autres joueurs de la communauté. De quoi vous motiver pour faire péter les temps scratch !
C’est d’ailleurs peut-être le seul intérêt du Xbox Live sur ce titre, tant les modes multi en ligne sont anecdotiques.

Technique
Graphiquement, Dirt est somptueux de bout en bout ; sans doute le plus beau jeu de courses automobiles à ce jour. Seulement le framerate en pâtie violemment à de nombreuses reprises et nos yeux auraient sans doute préféré des graphismes un peu moins accrocheurs accompagnés d’une fluidité constante. Mention spéciale au menu particulièrement réussi.
Gameplay
Jamais un jeu de voitures d’envergure n’aura offert une maniabilité aussi ratée. Les voitures semblent flotter sur coussin d’air, les freinages resteront dans l’histoire du jeu vidéo pour leur ridicule exacerbé et les drifts sont quasiment impossibles à réaliser sans l’utilisation du frein à main. De plus, en se situant entre la simulation et l’arcade, le jeu se retrouve inconfortablement « le cul entre deux chaises » et n’arrive du coup pas à trouver son public.
Ambiance sonore
Les bruits de moteur sont relativement bien numérisés et la voix du copilote est particulièrement efficace. La voix off du menu est par contre bien plus risible et complètement fausse alors que les musiques seront rapidement coupées par manque cruel d’intérêt.
Durée de vie
Les nombreuses courses et niveaux de difficulté offrent une durée de vie conséquente au titre. Les modes onlines sont toutefois ratés et ne permettront pas de prolonger l’expérience face à des adversaires humains.
Intérêt
Le seul intérêt qu’on pourrait trouver à Dirt, c’est peut-être celui de pouvoir faire baver les copains en leur en mettant plein la vue. Par contre, mieux vaut éviter de leur mettre le pad en main si vous voulez garder votre superbe… Malheureusement, c’est le seul jeu de rallye à l’heure actuelle sur la console.
Seul jeu de rallye à l’heure actuelle, en attendant SEGA Rallye et un hypothétique Rallisport Challenge 3, Colin McRae s’impose fort logiquement dans sa catégorie. Seulement son moteur de conduite complètement à la rue le destine à un public de joueurs occasionnels qui ne jugent un jeu que sur sa réalisation graphique. Ceux qui aiment les sensations au volant se rabattront sur Forza. A ce niveau là, je crois que même Need For Speed offre de meilleures sensations. C’est tout dire !


Fiche jeu

Editeur : Codemasters
Développeur : Codemasters
Genre : Course
Date de sortie : 15 Juin 2007