Forza Motorsport 2
Graphiquement décevant
Ça y est, il est enfin là. Après la déception engendrée par Project Gotham Racing 3 au lancement de la console, Forza n’avait pas le droit de se finir dans les graviers, lui. C’est donc armé de plus de 300 bolides qu’il se présente sur la grille de départ.
Malheureusement, d’emblée il prend un mauvais départ. Avec son aliasing un peu trop présent et la modélisation assez rudimentaire du public et des décors avoisinant les bords de pistes, il faut bien avouer que le premier sentiment qui nous traverse l’esprit, c’est la déception.
Heureusement, à l’amorce du premier virage, il reprend du poil de la bête et se place parfaitement dans la trajectoire. Et justement, ces fameuses trajectoires qui font le bonheur des aficionados de courses automobiles et le malheur des néophytes, n’ont jamais été aussi importantes dans un jeu de courses automobiles sur consoles (je précise sur console pour mettre GTR hors course). En effet, pour aborder un virage en parfaite condition et éviter les pertes de temps, dérapages intempestifs et autres sorties de route, mieux vaut suivre une trajectoire parfaite. En gros, pour faire simple, à l’amorce d’un virage il faut se planter à l’extérieur, pour couper la courbe à l’intérieur. C’est ce bon vieux principe de la ligne droite et du plus court chemin. Vous savez, le truc qu’on vous a appris en CM2 en cours de mathématique ? Même constat pour le freinage. Mieux vaut freiner avant le virage et accélérer à sa sortie, que de freiner pendant et se retrouver à peiner comme un bœuf une fois en ligne droite. Bref, ici les trajectoires sont non seulement importantes pour les raisons susnommées, mais également parce que chaque petite imperfection de la route va avoir une incidence sur votre conduite et peut tourner à la catastrophe.
Need some help ?
En effet, les développeurs ont particulièrement soigné leur travail sur la physique et l’adhérence entre les quatre pneus complètement indépendant et le sol (piste, bordures, graviers, herbes, commissaire de course…). Il en résulte une cohésion totale entre le joueur et le jeu. Aucun tour de piste ne ressemblera au précédent et la moindre perte d’attention propulsera le joueur dans les tas de pneus ou contre un mur.
Après ce premier virage, Forza entame la chicane avec brio. En effet, avec ses nombreuses aides à la conduite et paramètres de courses, le titre se veut accessible à tous, aux deux extrémités. Certes, les fans de Burnout ne devraient pas s’y retrouver en termes de sensations, mais ils devraient cependant pouvoir s’accommoder au gamepay après quelques tours de circuit. En effet, outre les différents degrés d’intelligence artificielle de vos adversaires, vous pourrez également activer ou désactiver certaines aides comme la visibilité des trajectoires et des zones de freinage, l’ABS, l’ESP, la gestion des dommages et bien d’autres. Si les fans se précipiteront sur une conduite sans aucune aide, les débutants pourront progresser à leur rythme, avec plaisir, en désactivant ses paramètres les uns après les autres en fonction de l’évolution de leur niveau.
J’évoquais rapidement le paramétrage de l’Intelligence Artificielle un peu plus haut et il me semble que celle-ci mérite qu’on se penche d’avantage sur son sujet. En effet, s’il est clair qu’en mode facile et normal, l’I.A. peut sembler à désirer, une fois passée en mode difficile c’est tout autre. Voir les autres pilotes s’attaquer les uns les autres, se déporter, feinter, faire des erreurs ou s’intimider par des manœuvres d’attaque est assez impressionnant. Lorsque vous êtes en tête et que vous jetez un œil derrière sur cette armada qui vous talonne de près, on ressent une terrible pression et il faut des nerfs d’acier pour ne pas commettre des erreurs qui pourraient vous être fatales.
Conséquence du réchauffement climatique
Mais après cette chicane, Forza fait un écart dans l’épingle et se fait distancer par un Gran Turismo, qui vient de communiquer sur la présence d’effets météorologiques évolutifs. Car là c’est encore un gros point faible du titre de Turn10 : Il fait toujours beau ! Ou du moins il ne pleut jamais. Or, avez-vous déjà vu un championnat de courses automobiles quel qu’il soit où aucune goutte de pluie ne vient arbitrer les joutes motorisés ? Si on pouvait pardonner cet oubli au premier opus sorti sur Xbox, on peut difficilement leur accorder encore notre clémence sur 360, d’autant plus que graphiquement Forza n’impressionne pas plus que ça.
D’ailleurs, puisqu’on parle du premier Forza, soulignons que les ressemblances entre les deux volets sont bien trop accentuées, notamment au niveau des circuits. Alors oui, pour ce qui est des circuits officiels, il me paraît normal que les titres se ressemblent. Malheureusement, pour ce qui est des circuits non officiels, c’est toujours le cas. En fait, il y a très peu de circuits dans Forza 2. La plupart des courses que vous effectuerez se feront sur des portions de circuits, ou sur des versions inversées de ces portions. Du coup la redondance est inévitable et on a parfois, voire souvent, le sentiment de courir toujours dans les mêmes environnements et de seulement changer de véhicule. C’est vraiment dommage et dommageable et on aurait aimé plus d’inventivité et de prise de risque des développeurs pour nous pondre d’autres circuits fictifs, ou alors carrément d’allonger la liste des officiels.
On regrettera également l’absence des pistes point à point du premier titre. Ici il ne s’agit à chaque fois, que de courses sur circuits fermés, avec plus ou moins de tours.
C’est la manie, du décalco !
Heureusement, grâce à sa vitesse de pointe, le titre de Turn10 aborde le dernier virage en bonne position et nous offre un superbe retour grâce notamment à sa panoplie de véhicules variés et personnalisables à souhaits. Plus de 300 véhicules sont présents (et pas des versions de versions de versions… suivez mon regard) sur lesquels vous pourrez monter différentes pièces mécaniques pour améliorer vos performances ou régler moult paramètres pour gagner quelques dixièmes.
Mais Forza 2, à l’instar de son grand frère, permet également de personnaliser la couleur et les décalcomanies de ses bolides par le biais d’un outil simple et terriblement efficace. Alors oui, la plupart des joueurs ne se plongeront pas des heures dans cet outil et se contenteront de décorations sommaires, mais sachez qu’il est possible de tout recréer graphiquement sur vos véhicules, comme peuvent en témoigner certaines photos d’écran que vous pourrez trouver ça et là sur le net.
Peut-être même que, si vous avez de la chance (et de l’argent), pourrez-vous faire l’acquisition d’une de ces pièces de collection, car dans Forza, vous pourrez vendre vos voitures sur le Xbox Live.
D’ailleurs c’est l’un des points très important du titre, car chaque véhicule possède un niveau de rareté. Ce niveau varie en fonction de la marque du véhicule, du modèle, du continent que vous avez choisi en début de partie (généralement celui où vous vivez) et des différentes pièces que vous changerez sur votre voiture. Ce niveau de rareté aura un impact essentiel sur le prix de vente d’un véhicule et pour acquérir des pièces de collection, il faudra mettre la main au porte monnaie.
Restez branchés
Mais le principal attrait du online, c’est bien entendu les courses à 8 joueurs en simultané. Sachez que chacune des courses auxquelles vous participerez sur le live vous rapporteront des crédits, qu’il vous sera possible de dépenser dans votre carrière. Elles vous feront également grimper de niveau et vous ouvriront alors les portes de certains championnats jusqu’alors fermés pour des raisons de manque d’expérience. Ces courses sur le live bénéficient d’une fluidité constante, qui n’a rien à envier à celle déjà excellente des courses offline, et différents paramètres vous permettront de trier les joueurs contre qui vous voulez courir. Si vous êtes un accroc de la simu, rien ne vous empêchera d’interdire les aides à la conduite pour vous et vos concurrents, et réciproquement. Même chose concernant la restriction d’une ou plusieurs classes de véhicules pour éviter de voire une Ferrari mettre un vent à une Ford Fiesta.
Bref, malgré de gros défauts et un manque évident d’évolution entre les deux volets, Forza Motorsport 2 s’appuie sur des bases solides pour passez la ligne d’arrivée en tête, suffisamment sereinement pour voir la concurrence arriver et fermer la porte à tout dépassement. Une chose est sûre, c’est qu’une fois le pad en main (ou de préférence un volant), les sensations sont telles qu’on en oublie le reste et qu’on ne se préoccupe que du plaisir que la conduite procure. Un peu plus et on brancherait le ventilo pour sentir le vent caresser généreusement la coupe de cheveux à effet mini-vague [Mode pas_si_private_joke_que_ça : Off]
Source: www.xbox-attitude.com
Non, graphiquement il ne s’agit pas de la tuerie à laquelle nous étions en droit de nous attendre. Les voitures sont parfaitement modélisées, les décors au lointain photo-réalistes, les effets de lumière absolument superbes, mais les environnements aux abords de la piste sont assez grossiers et l’aliasing est bel et bien présent. Par contre, niveau framerate aucun soucis.
Niveau conduite, c’est excellent et terriblement prenant. On ressent véritablement la route et les réactions des véhicules diffèrent énormément de l’un à l’autre ou quand on modifie son bolide. Les différentes aides à la conduite permettent aux plus néophytes de s’initier à une conduite moins arcade qu’un PGR, bien que moins simulation qu’un GTR. On regrettera par contre l’absence d’intempérie et les circuits peu nombreux qui donnent un peu l’impression de faire toujours la même chose.
La foule réagit à votre passage, les moteurs vrombissent et ont leur propre intonation et les musiques, bien que déjà entendues ici et là (je pense notamment à SSX3), sont très rythmés. Rien à redire à ce niveau.
Avec son système d’évolution de carrière, ses niveaux de difficulté et aides à la conduite paramétrables, ses 300 voitures, son mode Time Attack, sa personnalisation des réglages et, bien entendu, ses modes Xbox Live, Forza Motorsport 2 est parti pour durer.
Fan ou non de courses automobiles, le plaisir est immédiat, l’achat indispensable.



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