Hotel Dusk : Room 215



Un huit-clos haletant

Comme souvent, tout débute par un cauchemar. Kyle Hyde, ex-lieutenant de la NYPD revit ses dernières heures de policier. Les quais de l’Hudson et son coéquipier Bradley qui sombre dans le fleuve après que Kyle ait fait feu.


Aujourd’hui, notre héros a quitté son job et émigré vers la côte Ouest. C’est à Los Angeles qu’il exerce son nouvel emploi, représentant de commerce pour la compagnie Red Crown.
Cette boite est dirigée par un vieil ami du père de Hyde, il l’a spécialement embauché pour effectuer quelques besognes parallèles, pas forcément toujours légales : Retrouver des objets spéciaux réclamés par des clients plein aux as.


C’est cette tâche bien caractéristique qui amène notre ex-flic à l’Hotel Dusk, un hôtel qui ne paie pas de mine et qui pourtant va bouleverser la vie de notre héros.


Cela commence par cette histoire abracadabrantesque de chambre exauçant les souhaits, par l’existence d’un autre Kyle Hyde descendu dans ce même hôtel il y a six mois, puis par la présence d’un ancien pickpocket de New York bien connu de Hyde ou d’une jeune fille muette et belle comme un ange, possédant une gourmette très familière.


Ajoutez un écrivain passionné d’arts, une vieille femme borgne désirant séjourner dans votre chambre, un jeune homme fougueux dont l’amabilité n’est pas la vertu première, une jeune femme séduisante et arrogante, un père et sa fille à la recherche de leur épouse et mère et, bien sûr, les gérants de l’hôtel.


Tous ces personnages se rencontrent dans cet hôtel dans un chassé croisé haletant à huit-clos où chacun semble porter un lourd secret qui pourrait bien influer sur la vie du héros et sa quête tourmentée de la vérité.
Un architecture parfaite

Non content d’offrir sans aucun doute l’un des meilleurs scénarii vu dans un jeu vidéo ; une histoire pleine de suspense, de rebondissements, empreint de magie, de poésie et d’une redoutable authenticité, Hotel Dusk se paie également le luxe de bousculer les mécanismes du Point & Click.


En effet, première surprise, le jeu vous demandera de retourner la DS à la verticale. Dans cette configuration très romanesque, vous vous retrouverez à évoluer tactilement sur une sorte de plan d’architecte dévoilant les pièces de cet hôtel, pendant que le second écran affichera, au rythme de vos déplacements, une vue à la première personne en trois dimensions.
Si cette vue n’aura qu’un rôle informel, l’écran tactile permettra, lui, d’influer sur votre environnement en pointant les personnages auxquels vous souhaitez parler ou en zoomant sur un endroit précis de la pièce pour y récolter les indices qui vous mèneront jusqu’au dénouement final.


Par cette dernière opération, vous ferez alors apparaître la partie de la pièce concernée en 3D, une partie pour laquelle vous pourrez changer l’angle de vue de façon à dévoiler des indices cachés.


A d’autres moments, vous déclencherez de mini-épreuves ou puzzle, s’affichant tels autant d’obstacles à votre quête. Plutôt ingénieuses et bien conçues, ces énigmes pêcheront cependant par une trop grande simplicité, si bien qu’il sera rare d’être bloqué dans l’aventure.
Faux problèmes

Graphiquement, Hotel Dusk est juste magistral. Une réussite dans toute sa splendeur, à mi chemin entre un comic booket un rough de cinéma.


Les personnages possèdent tous un charisme unique qui les rend passionnants et nous donne une irrésistible envie de les découvrir d’avantage.


Le level design nous offre un hôtel renfermant de multiples secrets, dévoilant de nouveaux lieux à explorer au fil du temps.


Certains pourront reprocher au jeu d’incessants aller/retours dans les couloirs de l’hôtel. Je leur répondrai que cela permet au joueur de se familiariser avec l’hôtel, se retrouver presque chez lui, dans une atmosphère confinée et pesante où chacun de ses déplacements semblent épiés par un trou de serrure.


Alors oui, les plus fainéants n’auront pas les ressources nécessaires à la lecture des nombreuses lignes de dialogue. Il est donc déconseillé de s’y frotter si on n’est pas capable de lire un test autrement que par son verdict, si on écrit sur les forums en langage SMS ou si la dernière fois qu’on ait lu un roman date de quelque part en Avril 1952.


Au final, les seuls reproches valables qu’on pourrait faire à cette merveille de jeu, c’est quelques incohérences dans son gameplay (Par exemple, le trombone sur la brochure ne pourra être ajouté à l’inventaire que lorsu’on aura cassé la clé dans la serrure de la mallette) ou une rejouabilité totalement absente du fait de la linéarité du titre. Deux petits défauts qui n’empêcheront pas cet Hotel Dusk de faire figure de petit bijou vidéoludique.



Source: www.nintendo-attitude.com

Technique
Absolument unique, terriblement réaliste et fantastiquement envoûtant, la patte graphique de cet Hotel Dusk force le respect. Un travail juste remarquable en tous points, qu’il s’agisse de la touche créative du trait ou du design authentique des personnages.
Gameplay
Nombreux seront ceux qui montreront du doigt sa trop grande linéarité et ses dialogues interminables, toujours est-il que les mini-épreuves sont astucieuses, les déplacements novateurs et l’utilisation de la 3D judicieuse.
Ambiance sonore
Le titre se situe entre un film noir d’époque, une fable fantastique contemporaine et une intrigue policière d’Agatha Christie ; le tout rythmé au son de musiques Jazzy/Bluesy magiques.
Durée de vie
Comptez une douzaine d’heures tout au plus pour en venir à bout et une replay value absolument inexistante. Mais voilà, le temps passé en sa compagnie est enchanteur. Cela vaut mieux que trente heures à s’ennuyer, non ?
Intérêt
Avec son scénario en béton armé, son design unique, ses dialogues pertinents et ses nombreuses énigmes, l’intérêt d’Hotel Dusk est indéniable et ne soufre d’aucune comparaison.
En ce qui me concerne, il s’agit tout simplement du meilleur jeu de la console : Résolument adulte, beau comme le diable et offrant un scénario incroyable à faire pâlir les plus grandes productions cinématographiques. Son coté roman interactif en rebutera peut-être quelques-uns, tant pis pour eux. Le meilleur Point & Click à ce jour depuis le 1er Runaway sur PC.


Fiche jeu

Editeur : Nintendo
Développeur : CING
Genre : Aventure
Date de sortie : 6 Avril 2007