Children of Mana
Le RPG du pauvre
Premier épisode de la série World of Mana, Children of Mana vous propose d’incarner l’un des quatre jeunes prodiges du village de l’île d’Illusia. Cette série dans la série en quelque sorte, devrait regrouper sous sa bannière cinq titres d’horizons différents (Action-RPG, Tactical-RPG,…) se déroulant dans un même univers, celui de Seiken Densetsu.
Celui-ci est donc le tout premier et se positionne dans la lignée de la saga avec son gameplay typiquement Action-RPG, également appelé Dungeon-RPG.
Avant tout, qu’est-ce qu’un Dungeon-RPG ? Comme son nom pourrait l’indiquer aux plus observateurs d’entre vous, il s’agit d’un jeu de rôles dans lequel vont se succéder plus ou moins de donjons qu’il vous faudra explorer jusqu’à atteindre un boss final et passer ainsi au suivant. Bref, contrairement aux RPG plus classique, les Dungeon-RPG se jouent bien souvent en temps réel et laisse quelque peu de coté le principe même du RPG qui se situe dans l’évolution de son personnage, les nombreuses quêtes secondaires, l’exploration, la liberté, etc.
En gros, c’est ce que je considère comme le RPG du pauvre ! (Là normalement les plus grands fans de Seiken sont déjà parti sur leur messagerie pour composer un message d’insultes à mon intention)
Toujours est-il que si certains Dungeon-RPG peuvent proposer une profondeur, aussi bien scénaristique que dans son gameplay, tout le monde s’accordera à dire qu’ici c’est loin d’être le cas.
On passe son temps à occire de petites bestioles et autres ennemis de moindre importance jusqu’à arriver à un boss qu’on exterminera avant de passer au donjon suivant et de répéter l’opération à l’infinie… enfin non, jusqu’à la fin du jeu qui ne tardera d’ailleurs pas à arriver.
L’évolution de votre personnage est pour ainsi dire nulle, son arsenal ultra limité.
Bien sûr il y en a bien quatre de jouables, via un choix au tout début de l’aventure, mais que vous optiez pour l’un ou l’autre ne changera rien.
Va sauver le monde mon fils, va !
Vous voilà donc lancé dans une aventure pour sauver l’arbre Mana qui s’érige au milieu du village et se détruit lui-même d’un mal qui le ronge de l’intérieur et étend son aura maléfique sur le monde.
Bien entendu, comme dans tout bon RPG japonais qui se respecte, c’est vous, un gosse à peine adolescent, qui allez partir en quête pour sauver l’arbre Mana en s’attaquant directement aux démons qui sévissent au sein de ses racines. C’est sûr que pour sauver le monde, mieux vaut envoyer un enfant. Et puis ça l’occupe plutôt que de jouer à la Playstation ou regarder Cauet sur TF1 !
Bref, alors qu’en France nos parents nous menaçaient de nous envoyer en pension lorsqu’on cumulait mauvaises notes et comportement turbulent, au Japon les parents menacent leurs enfants d’aller sauver le monde à leur place. C’est une autre culture, j’vous l’dit moi !
Le multi salvateur
La première impression lorsqu’on débute une partie de Children of Mana, c’est que le titre offre une réalisation 2D absolument fabuleuse. Le jeu est fin, détaillé et force l’admiration…
Certes, certains donjons n’offriront rien de bien grandiose et renforceront l’impression de redondance récurrente dans ce titre, mais d’autres s’en tirent avec bien plus d’honneur et confère au final au titre, une réalisation d’ensemble n’ayant rien à envier aux autres productions actuelles.
Malheureusement, la relative beauté des graphismes de Children of Mana n’enlève pas le fait qu’on s’ennuie comme un rat mort au fil de quêtes dénuées d’intérêt dont l’issue n’est jamais bien originale et ne permet pas de développer un scénario qui s’enfonce toujours plus dans un classicisme barbant.
Heureusement, Children of Mana permet de jouer jusqu’à 4 joueurs en coopération, simultanément. Et là le jeu prend une toute autre dimension.
Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il devient comme par magie un bon jeu, offrant un arsenal élaboré ou un gameplay novateur. Non, mais ses défauts si handicapants en solo prennent soudainement moins d’importance vis-à-vis du plaisir de jouer à plusieurs. Dommage qu’il faille se contenter d’un jeu en local avec quatre cartouches.
Source: www.nintendo-attitude.com
Mis à part la monotonie graphique de certains donjons, Children of Mana offre des graphismes en 2D absolument fabuleux. Il règne une certaine atmosphère magique sur le village et son arbre mana qui transpire au-delà de l’écran de la DS.
Très peu d’armes et une redondance excessive viennent gâcher une maniabilité qui a fait ses preuves à l’occasion des précédents opus. C’est simple d’accès et efficace, mais ça manque tout de même de peps.
Une excellente bande son qui immerge le joueur dans l’aventure.
La durée de vie en elle-même, d’une quinzaine d’heures, est tout à fait honnête pour une aventure solo. D’autant plus que la possibilité de jouer à 4 en coopération la rallonge d’avantage. Encore faut-il trouver le courage de poursuivre jusqu’au bout tant l’ennui gagne le joueur.
En solo, Children of Mana n’offre pas grand intérêt de part son scénario d’un classicisme effarant et la succession répétitive et ennuyeuse de ses donjons. En multi ça devient tout de suite plus fun.










