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Dynasty Warriors



On dirait Battlechess

Ceux qui se souviennent de ce jeu auront une idée assez juste de la manière
dont Koei a adapté son célèbre jeu PS2 à la PSP. A partir d'une grande carte
tactique, ou l'on voit les territoires que l'on contrôle et ceux encore aux
mains des méchants ennemis, on commence par choisir un morceau de territoire
et des gardes du corps pour nous accompagner. L'action se transporte alors
sur le terrain, et s'ensuit quelques minutes d'action frénétique ou l'on
frappe, taille, découpe et occis quelques dizaines de soldats dans un déluge
d'effets spéciaux et de bruitages plutôt bien fichus. Pour peu que l'on soit
victorieux, il ne reste qu'à retourner à la carte tactique, éventuellement
avec un nouvel officier conquis à notre cause, sauvegarder la partie et
descendre du bus parce que nous sommes arrivés à destination.

La tactique de la guerre "éclair"

C'est bien là tout l'intérêt - ou le manque d'intérêt, nous allons le voir -
du jeu. Adieu les vastes espaces des versions PS2 ou l'on massacrait avec un
pote des centaines d'ennemis pendant des parties acharnées durant de longues
dizaines de minutes. Les cartes de la version PSP sont toutes petites, les
ennemis pas très nombreux, vous êtes tout seul, et il ne vous faudra que
quelques dizaines de secondes, au mieux quelques minutes, pour nettoyer une
zone de ses affreux. Vous pourrez donc enchaîner la conquête de deux ou
trois territoires le matin en allant à la fac ou au bureau et autant le soir
sur le chemin du retour. Vous ne verrez pas passer le temps du voyage, vous
vous passionnerez pour la quête finale des 200 officiers à recruter et la
domination totale du pays, et vous prendrez le même plaisir à chaque partie:
c'est le jeu qu'il vous faut.

J'aime bien mon canapé

Si vous préférez vous installer confortablement dans un fauteuil avec un bon
jeu pour passer quelques heures tranquilles, le jugement ne sera pas le
même. S'il est facile et agréable de se laisser séduire par le bel habillage
du jeu pendant la première heure, il n'y aura sans doute plus grand monde à
insister au-delà. Les niveaux sont trop courts (parfois moins de 30
secondes) et se terminent abruptement, et il ne reste à tirer du jeu que le
plaisir d'enchaîner ad infinitum (ad nauseam ?) les même parties en répétant
les même mécanismes.

Il est beau mon samouraï

Il est facile d'être convaincu en voyant le jeu tourner. Les personnages
sont amoureusement modélisés et animés, les armes et les armures sont
superbes, les musiques sont très guerrières, les bruitages ont tout compris
à la stéréo, les effets spéciaux éclatent et les couleurs chatoient. Il y a
vraiment un PS2 dans ma PSP, et Dynasty Warrior pourrait voler à Ridge
Racers la place de la démo technique qui fera vendre des consoles.
La maniabilité est simple, mais des armes différentes offrent des coups
nombreux. Il y a bien sûr une dimension tactique dans le jeu, quand il
s'agit de faire le choix de la prochaine zone de combat en fonction des
déplacements de vos adversaires sur la carte, mais rien de très difficile ,
vous n'aurez que peu à réfléchir. Le challenge de l'action est malgré tout
relevé, et il vous tiendra certainement en haleine.

S'il est ainsi facile de s'immerger dans l'action, il faut aussi lutter
contre une caméra capricieuse qui avantage nos ennemis, on râle contre de
fréquents ralentissements (ne cherchez pas à sauter si vous êtes entourés),
et on finit par se rendre compte que les décors sont vides et que les
soldats que l'on affronte apparaissent brusquement de nulle part devant
nous, la faute à un tout proche et épais brouillard de guerre. Enfin,
l'astuce qui consiste à afficher les informations du jeu sur la partie
inutilisée à droite de l'écran masque mal son origine PS2, et une adaptation
bâclée, qui a conservé le format 4/3 original et nous prive sur le bel écran
16/9 de notre PSP d'un bon tiers d'image. Rappelons que ce jeu a presque un
an, puisqu'il est sorti au Japon à peu près en même temps que la console, et
il accuse donc son âge.

Un nouveau volet est d'ailleurs annoncé au Japon, Samurai Warriors, et
peut-être permettra t-il de se laisser tenter sans restriction.


Source: www.play-attitude.com

Technique
Il y a du bon (modélisation et animation soignées, couleurs et effets spéciaux éclatants) et du moins bon (écran 4/3, paysages vides, brouillard de guerre, nombreux ralentissements), la moyenne subit donc le choc de ces chauds et froids.
Gameplay
Brutal, simpliste et répétitif, mais c'est la loi du genre et le titre l'assume sans honte. Heureusement, une large panoplie de coups et de compagnons permettent de varier un peu les méthodes de massacre.
Ambiance sonore
Le choc des armes qui se croisent, des riffs de musique hard-rock, le tout excellemment mis en relief par une stéréo léchée. C'est tout bon.
Durée de vie
Le point faible du jeu. S'il est facile d'être séduit par l'habillage initial, la perspective d'avoir à refaire des centaines de fois à peu de choses près le même combat refroidira le plus fanatique du genre, même si les 200 officiers à recruter apportent le minimum de variété syndical.
Intérêt
J'ai fait une moyenne personnelle, mais comptez 1/4 si vous cherchez un titre jouable sur la durée, 3/4 si vous avez l'habitude de mettre 1 euro dans des bornes d'arcade pour 15 minutes de plaisir. C'est beau, pas compliqué, parfaitement adapté au concept de jeu mobile et ça permet de se défouler sans retenue. Que demander de plus à un Dynasty Warrior ? (à part un mode multi-joueurs, bien sûr)
Si on fait abstraction des lacunes techniques, et qu'on adhère un minimum au genre, il faut remercier Koei d'avoir pris le temps de réfléchir pour adapter intelligemment un de ces titres phares sur une plateforme portable. Les moins pressés attendront prudemment l'épisode suivant, qui pointe déjà le bout de son nez et qui corrigera sans doute les défauts de cette version.




Fiche jeu

Editeur : Koei
Développeur : Koei
Genre : Action
Date de sortie : 1 Septembre 2005