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Urban Reign



Le beat'em all urbain est un genre qui a connu un très grand succès à la fin des années 80 et début des années 90 avec des séries telles Streets of Rage, Double Dragon ou encore Final Fight. La recette était assez simple comme le décrivait Samy dans son dossier sur les idées lumineuses de 2005 : « il faut deux gangs rivaux, un gentil beau gosse, une fille charmante, un noir débrouillard, un gros méchant, un quartier défavorisé, une ville proche de l'émeute, des bouches d'égout fumantes, des policiers passifs, des armes contondantes et un gameplay basique mais efficace ». 10-15 ans plus tard, on reprend la même recette un peu simpliste héritée des films d'auto-défense de Chuck Norris et on recouvre le tout d'une couche de « gangsta street » actuel et on obtient Urban Reign.

Là aussi le jeu se passe dans une ville délabrée, gangrenée par le crime et oubliée des politiques dont le seul souci est d'instrumentaliser la peur à des fins électoralistes. Entre deux barricades et sous l'oeil complaisant des caméras de surveillance, c'est la loi du plus fort qui règne dans la jungle urbaine où plusieurs gangs rivaux se livrent une guerre fratricide. Une histoire assez banale et simpliste mais surtout très peu développée là où on aurait pu espérer façon The Shield une peinture au vitriol de la MexAmerica du XXIème siècle avec ses luttes communautaires dans un salad bowl recomposé et assaisonnée à la nitroglycérine. Urban Reign lui préfère une logique politiquement correcte avec des gangs de brutes mais relativement cosmopolites sans trop s'attarder sur le contexte, les motivations ou autres, mais bon ce n'est qu'un beat'em al après tout.. Vous , vous incarnez Brad Hawk, un mercenaire au blouson en skai et au crane rasé mais avec les yeux bleus quand même car dans le fond c'est un mec cool. Vous êtes engagé par une bonasse asiatique un peu enrobée et pas mal déshabillée pour qui vous devez mener une attaque préventive face à un gang rival qui veut se venger de la disparition d'un de ses membres dont elle est injustement accusée. Votre objectif est clair : montrer qui est le plus fort en castagnant tous les adversaires sur votre passage.

L'aventure qui commence est découpée en missions, une centaine au totale, qui se suivent dans un ordre pré-établi avec un choix très restreint dans l'ordre dans lequel vous pouvez les faire. Les missions se déroulent dans divers environnements fermés tels une salle de bar, un parking de motel miteux, ou encore une station de métro à l'abandon. Les décors offrent une relative variété même si tous sont constitués de murs sales plein d'affiches déchirés et de sol en asphalte plein de détritus. Le jeu est techniquement réussi sans que l'on se dise non plus qu'il s'agit d'une tuerie.

Lors des missions vous êtes seul face à un ou plusieurs ennemis. Le système de jeu est assez simple au départ mais offre tout de même une certaine profondeur face aux autres titres du genre. Un seul bouton pour les coups, un pour les prises, un pour les esquives (plus une direction) et une attaque spéciale que vous pouvez déclencher en accumulant de l'énergie en donnant des coups et en les recevant. Ce système permet de faire quelques enchaînements et prises spectaculaires mais s'avère tout de même assez vite répétitifs et frustrant. Ainsi en appuyant de manière répéter sur le bouton rond, votre personnage enchaînera le même combo au personnage adverse et ce parfois pendant plusieurs secondes en attendant qu'il réagisse ou qu'il tombe au sol. Malgré tout cela reste pardonnable, ce qu'il est beaucoup moins c'est lorsque cela nous arrive à nous joueur. Il arrive ainsi très souvent que l'on se fasse enchaîner sans pouvoir rien faire. Il y a l'esquive bien sûr mais elle demande un certain timing et marche surtout pour éviter un ou deux coups, pas à se sortir d'un combo infernal. Cela est d'autant plus énervant lorsque l'on combat un « boss » qui envoie coup spécial sur coup spécial ou encore quand plusieurs adversaires vous bloquent dans un coin en vous rouant de coup quoique vous fassiez; une expérience qui est à la frustration et à l'énervement ce que le viol collectif est à l'humiliation.

Ainsi face à plusieurs ennemis, parfois 4 ou 5, on préfera adapter des tactiques d'auto-préservation consistant non pas à infliger le plus de dégâts mais à éviter de prendre un coup sinon après c'est l'engrenage. Il faudra donc soit arriver à écarter les adversaires pour pouvoir les frapper chacun leur tour soit essayer de les regrouper pour les frapper tous en même temps. Sinon ils vous encerclent et là il devient quasi impossible de combattre. Lorsque vous battez un des ennemis il lache bien parfois un objet pour redonner de la vie ou du pouvoir spécial mais il est parfois plus risqué de prendre le temps de le ramasser et de l'utiliser que de garder ses jauges actuelles. La caméra en plus ne vous aide pas car elle se bloque souvent dans des éléments du décor et que le système de lock est assez peu efficace face à des ennemis multiples. Face à un seul ennemi le système de lock devient là enfin utile en permettant de mieux gérer le combats et les esquives notamment. Le problème est que les ennemis seuls sont plus intelligents qu'en groupe et qu'il s'agit souvent de boss aux pouvoirs dévastateurs qui peuvent parfois vous enlever la moitié de votre jauge de vie. A ces moments on a un peu l'impression d'être l'acteur impuissant d'un combat de chiens entre un yorkshire et un pitbul enragé. Certaines missions deviennent ainsi pratiquement injouables alors que d'autres sont d'une facilité déconcertante.

A un certain moment de l'histoire les boss que vous avez combattus deviennent vos alliés et des personnages jouables lorsqu'un nouveau gang entre en scène. A partir de ce moment il va y avoir beaucoup de combats à plusieurs, l'autre personnage étant contrôlé par l'IA et possibilité étant donner de switcher entre les personnages à tout moment. Lors des premières parties on se dit que c'est une bonne idée, que cela rajoute du dynamisme et permet des prises sympa mais au bout de quelques missions le jeu retombe encore dans ses travers.

Au final le jeu offre bien des bonus à débloquer et un mode multijoueur mais sa campagne solo à l'histoire absente et inintéressante ne parvient pas à convaincre malgré un système intéressant d'évolution des capacités. Le système de jeu simple et évolutif aurait pu être intéressant malgré la répétitivité inhérente au genre si la difficulté n'était pas aussi mal réglée et le jeu aussi frustrant parfois.

Source: www.play-attitude.com

Technique
Techniquement le jeu s'en sort vraiment bien mais l'esthétique du jeu basée sur des classiques des années 80-90 n'est pas tellement modernisée par la touche Tekken elle même assez ringarde qui n'offre qu'une galerie assez peu variée de brutes bodybuildées aux yeux révulsés et des effets spéciaux se résumant à des éclairs au points d'impact.
Gameplay
Une coté bourrin et répétitif inhérent au genre mais surtout des moments d'énormes frustrations et une maniabilité à revoir pour les combats avec de multiples adversaires. Il y avait pourtant quelques bonnes idées.
Ambiance sonore
On ne peut pas dire que l'ambiance sonore soit transcendante mais les doublages, bruitages et musiques collent bien à l'ambiance.
Durée de vie
La centaine de mission de finit en quelques heures si vous avez le courage ou la folie d'aller jusqu'au bout. Les modes multi permettent de rallonger la durée de vie si vous êtes aller assez loin pour débloquer des personnages et si le jeu ne vous a pas dégoûté.
Intérêt
On ne peut pas dire que le jeu soit nul, il est même parfois plaisant et défoulant mais très vite la frustration prend le dessus dans un jeu qui s'avère en fait répétitif et relativement inintéressant.
On pouvait beaucoup attendre de ce jeu qui promettait de moderniser le beat'em all en le rendant plus spectaculaire mais au final Urban Reign s'avère décevant et même énervant. Malgré quelques bonnes idées le jeu ne parvient jamais à décoller et au contraire ennuie assez vite.




Fiche jeu

Editeur : Namco
Développeur : Namco
Genre : Baston 3D
Date de sortie : 8 Février 2006