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Press Tour : Army of Two

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A la fin du mois de Juillet, Electronic Arts invitait la presse à l’Alcazar, en passe de devenir son QG parisien, pour nous présenter une version jouable de leur shooter Army of Two. Plein de bonnes intentions et plutôt novateur sur le papier, il était temps de se faire une première idée sur le véritable potentiel de ce titre.

Guerre de religions

Annoncé depuis belle lurette, Army of Two représente la nouvelle vague de jeux estampillés EA. Après moult séries développées à la va-vite sur la génération passée, l’éditeur américain prône aujourd’hui le renouvellement pour reconquérir le cœur des gamers pure souche. Nouvelle IP, coopération, gameplay optimisé pour le online, aucun doute Army of Two à tout d’un porte étendard… du moins en théorie.
Développé par EA Montréal, l’ambition du titre est d’offrir le meilleur du shooter Next Gen, couplé à une profondeur coop’ jamais vue jusqu’alors.
Irak et Afghanistan oblige, c’est dans un pays arabe que le joueur se retrouve envoyé. On sent poindre le cliché à deux balles du méchant musulman barbare contre le bel empire catholique américain. L’image en devient même ridicule au regard des nombreux ennemis kamikaze qui foncent sur vous équipés d’une ceinture explosive. On aura fait plus subtil…
Toujours est-il que ce n’est pas dans la peau d’un GI que les joueurs se retrouveront, mais dans celles de mercenaires au look de marchands de mort, avec leur masque de gardiens de hockey.
Graphiquement, Army of Two est plutôt honorable, joli sans être fantastique. De ce que nous avons pu en voir, le level design s’avère très quelconque, rien qui ne semble en mesure de devenir anthologique comme peuvent l’être les décors gothiques de Gears of War ou les plaines enneigées de Lost Planet.
Mais l’essentiel d‘Army of Two est censé être son gameplay coopératif.

Complices pour la vie

L’idée c’est d’évoluer à deux au travers de la campagne principale, en étant réellement complémentaires et complices. Ainsi les deux protagonistes agissent comme des potes de longue date aux techniques de combat bien rodées. Il faut les voir se taper sur l’épaule, se mettre des coups de tête à la façon d’une célébration de touchdown ou même se mettre des claques derrière la nuque pour saisir toute la profondeur de cette complicité.
On s’imagine aisément chez soi, crier « Abruti » dans le headset de la 360, tout en mettant une claque virtuel à son partenaire, à l’autre bout de la ligne ADSL.
Bien sûr la coopération ne s’arrête pas à ces détails puisque le titre propose un panel de mouvements complexes, comme faire la courte échelle à son coéquipier pour qu’il puisse arroser copieusement les ennemis, bien à l’abri d’un muret ou d’un container. On appréciera aussi la possibilité d’arracher une portière de voiture pour s’en faire un bouclier.
D’autres mouvements, à l’image de coups spéciaux, pourront être déclenchés une fois un certain niveau d’aggro atteint, comme la possibilité de se tenir dos à dos, rendant notre petit couple quasi invincible durant un court laps de temps.
Mais Kézako que cet aggro ? Il s’agit en vérité de l’aggrometer, une jauge qui pourrait se définir comme un instrument mesurant le carnage réalisé par un joueur. C’est également un indicateur qui illustrera l’intérêt que l’adversaire aura pour vous. Ainsi, si vous nourrissez un feu constant sur vos opposants pendant que votre collègue se planque, l’ennemi se focalisera sur vous, et votre coéquipier deviendra littéralement invisible à leurs yeux. Oui oui, vous avez bien lu : littéralement ! C'est-à-dire que le second joueur sera affiché à l’écran en transparence et pourra presque se balader près des soldats adverses sans être vu ; lui permettant ainsi de réaliser des exécutions furtives. Dans l’idée cela peut paraître une bonne chose, mais dans les faits cela s’avère beaucoup plus discutable, voire carrément ridicule.

Jacky Action Touch

Même constat pour cette possibilité qui sera offerte aux joueurs de réanimer leur partenaire.
Lorsque Gears of War le permettait en une fraction de seconde, Army of Two prend le parti du mini-jeu sous forme de QTE où l’éveillé absorbe le sang de l’inconscient à l’aide d’un tampon hygiénique. C’est sûr, ça prête à sourire, mais outre le fait que ces scènes hachent considérablement l’action, cela devient complètement pathétique lorsqu’on sait que ça isole entièrement les deux protagonistes du champ de bataille.
Ainsi, même cerné d’une dizaine d’ennemis hostiles, vous n’éprouverez aucune difficulté à prendre deux minutes pour soigner votre pote. J’imagine bien nos deux héros hurler « Pouce ! » à leurs opposants comme s’ils étaient dans une cour de récré.
Mais la critique la plus virulente ira à l’encontre de l’I.A. qui, à ce stade du développement, est totalement à la rue, entre ces ennemis qui ne vous remarqueront pas lorsque vous serez transparent, ceux qui vous feront face imperturbables lorsque vous les arroserez à bout portant ou ceux qui se jetteront sur vous en courant comme des crétins avec leur ceinture de TNT.
Ceci étant, s’il ne semble pas qu’Army of Two puisse être ce hit qu’on attendait de lui au regard de ces fonctions novatrices qui nous étaient annoncés, il devrait rester un jeu d’action sympathique, un peu bourrin, sur lequel deux joueurs humains devraient pouvoir trouver leur compte d’amusement, grâce à cette complicité et ces quelques bonnes idées qui le démarque des coop’ habituels.
On appréciera également particulièrement cette possibilité de customiser costume et armes, que ça soit en y ajoutant des chargeurs plus grand, silencieux, lunette de visée ou même des ajouts esthétiques à la façon d’un Need for Speed (mention spéciale à la Kalashnikov entièrement chromée).
J’ai bien peur également que pour le joueur solitaire qui participera à l’aventure avec un pote contrôlé par l’I.A. (à qui on pourra donner des ordres au pad ou même au micro du headset), l’intérêt flirte dangereusement avec le seuil du zéro.
On ne manquera pas de le vérifier lors de la sortie du titre, à la mi-novembre, en espérant que les nombreux défauts présents en juillet soient en grande partie effacés de la version finale.



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