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Sly 3 : Honor Among Thieves



Le début de la fin

Sly infiltre une grande île de l'Océan Pacifique, transformée en base par un affreux mandrill. Il se faufile, élimine deux gardes discrètement et entre en communication avec Bentley. Les deux amis synchronisent leurs positions et checkent le reste de l'équipe. Vous commencez à jouer et des bribes de scénario sont distillées. Vous êtes proche de faire le casse du siècle. Après avoir déjoué les systèmes d'alarme du primate, le raton laveur tombe dans un traquenard et tout s'arrête. Vous venez de vivre la fin de Sly 3.

Sly 3 commence son intrigue par la fin. Ce procédé scénaristique permet de poser la quête de ce troisième volet. Sly veut mettre la main sur la fortune amassée par sa famille. Il apprend que le butin se cache dans le caveau de sa famille au large du Pacifique. Mais avant d'empocher le magot, il va devoir se constituer une équipe prête à l'action. A chaque niveau, vous rencontrez un personnage qui rentrera dans le clan pour le casse final. C'est également un prétexte pour voyager aux quatre coins du monde.

Définitivement cartoon

Le cel-shading rempile pour ce troisième épisode. Déjà utilisé dans les deux premiers épisodes, le moteur graphique n'a pas subit de changements majeurs. Ce type de rendu fait particulièrement mouche. Entourés d'un contour forcé, l'esthétique des protagonistes de Sly 3 est réussie. Mention spéciale pour le design du gourou. Chaque personnage a ses propres mimiques dignes des meilleurs dessins animés américains. La galerie de personnages a été élargie : dans chaque pays traversé, nos héros rencontreront des ennemis typiques. On croisera par exemple un paysan hollandais en sabot, ou des mafiosi en costume de carnaval vénitien. Sly 3 se paye même le luxe de parodier certains grands films comme Otello, Tigre et Dragon, Mad Max, en plus des films d’infiltration comme James Bond ou Mission Impossible (la série télé).

La technique graphique du cel-shading est soutenue par un humour de situation qui fera sourire les plus jeunes. Sucker Punch a réussi ce que peu de studio ont réussi : créer un univers attachant et drôle qui vit et évolue au gré des épisodes. Ainsi beaucoup de gags font référence aux deux premiers épisodes. Malheureusement, la qualité des dialogues est mitigée : elle oscille entre le très amusant et le trop agaçant. Surtout que les dialogues ne peuvent pas être coupée. C’est le jeu des acteurs qui fait défaut ; en effet, l’écriture est de bonne facture et on sent même une petite dose d’autoparodie avec des personnages qui se moquent des codes de la série. L’ambiance rehausse le tout grâce à des musiques et des bruitages d’excellente qualité.

Bien plus qu’une parodie d’infiltration

Le cœur du jeu se compose de missions d’infiltration et de plateforme. Dans ces passages, vous dirigez Sly Cooper. Le gameplay des phases de plateforme est particulièrement bien pensé : il est basé sur des icônes contextuelles, représentées à l’écran par des auras bleutées. Ces auras vous permettent de vous accrocher, de vous adosser à un mur ou de glisser sur des rampes. La progression se fait dans de vastes niveaux avec une liberté de mouvements appréciable. Vous avez à votre disposition tout un panel de gadgets d’espion, que vous devrez acheter dans la boutique. Il faudra absolument éviter le corps à corps car le système de combat est limité et ne permet pas de se défendre correctement.

Les phases de plateforme ne sont en fait, qu’une petite partie du jeu. Sly 3 multiplie les situations sans toutefois tomber dans le catalogue de mini-jeux navrants et ratés. Comme dans l’opus précédent, il est possible de prendre le contrôle des deux acolytes de Sly. Bentley est le cerveau du groupe et ses passages sont des énigmes demandant une certaine dose de réflexion. Murray est le musclé de la bande : grâce à sa puissance, il est un expert en démolition et en baston. De nouveaux personnages viennent enrichir le gameplay : phases en hélicoptère télécommandé, conduite en tout genre, piratage de système informatique, tir, jeux de rythme… Cette abondance aurait pu desservir le jeu. Au contraire, chaque phase est en adéquation avec le gameplay principal. Une réussite à tous les points de vue !

Une référence du genre ?

Sly 3 est un jeu riche mais il est difficile d’en parler sans dévoiler les surprises que réservent le soft. Tellement riche, que certaines "nouveautés" déçoivent. Des lunettes 3D sont fournies pour de trop rares passages en relief. Malheureusement, l’effet est cheap et se permet de ralentir l’animation. C’est une bonne idée, mais trop mal exploitée pour être intéressante. En outre, Sly 3 propose un mode 2 joueurs, déjà présent dans le deuxième épisode. Les parties manquent de rythme, ce qui rend les joutes pas franchement passionnantes. Outre ces petits défauts, Sly 3 fait figure de référence du genre.

Source: www.play-attitude.com

Graphics
Le cel-shading n'a pas vraiment évolué mais reste un plaisir pour les yeux. Le design est réussi et les références vont souvent mouche.
Gameplay
La qualité de la série des Sly est d'avoir su apporter une diversité d'action tout en ne reniant pas ses origines plateforme. Parfait, malgré quelques défauts mineurs.
Sound
Une ambiance mitigée : les dialogues ne sont pas forcément à la hauteur, contrairement aux musiques et aux bruitages qui collent bien à l'ambiance.
Longevity
Le mode solo promet de longues heures même si les rebondissements sont prévisibles. Comptez entre 15 et 20 heures de jeu. Le mode multijoueur est anecdotique.
Lasting appeal
Sly 3 déçoit en termes de nouveautés. Les amateurs de la série retrouveront leurs sensations et les novices découvriront un univers attachant.
Relativement peu médiatisé, Sly 3 fait pourtant parti des références du jeu de plateforme sur PS2. Son gameplay requiert une dextérité rare même si la contextualisation à outrance facilite les sauts. Sa diversité est l'une de ses forces : Sly 3 propose de nombreux gameplay, parfois moyen, parfois excellent. Profitez-en, le jeu est disponible pour une trentaine d'euros. Une très bonne affaire !




Game details

Publisher : Sony Computer Entertainment
Developer : NC
Genre : Plate-forme 3D
Release date : 2 Noviembre 2005