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Condemned : Criminal Origins



Scène de Crime

Ethan Thomas est un agent du F.B.I. chargé d’élucider les affaires de meurtres en série. Depuis quelques temps, ces derniers connaissent un accroissement spectaculaire de + 28% et c’est justement sur l’une de ces scènes de crime que se rend l’agent spécial lorsque la partie débute.
Ce meurtre semble avoir été perpétué par un tueur surnommé le Match Maker (Marchand d’allumettes). En effet, la mise en scène orchestrée dans un squat délabré, mimant une scène de la vie quotidienne à l’aide de mannequins de grands magasins, porte la marque de ce mystérieux tueur.
Arrivé sur place, alors que vous procédez à la récolte d’indices grâce aux multiples gadgets mis à votre disposition, vous êtes assailli par une vision, un flashback en noir et blanc qui n’appartient pourtant pas à votre vécu. Auriez-vous des prédispositions surnaturelles pour élucider les crimes ?
Mais alors que vous inspectez les lieux, l’inspecteur de police vous accompagnant découvre que le tueur est encore dans les murs. Alors commence une véritable chasse à l’homme dans ce bâtiment miteux, au beau milieu de squatteurs ultraviolents. Mais en ce lieu où la crasse traverse l’écran, traqués et traqueurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit.
Au final, deux policiers resteront sur le carreau, abattu par votre arme de service, et vous vous retrouverez accusé d’un double homicide que vous n’avez pas commis.
Conclusions hâtives ou véritable machination, vous l’ignorez, mais désormais c’est seul que vous allez devoir élucider le mystère qui entoure cette soudaine recrudescence de violences.
Enfin seul, pas tout à fait puisque un vieil ami de votre père vous aidera dans votre fuite tout en vous informant que vous avez un don spécial, que vous devez absolument suivre votre instinct.
Autant dire qu’au niveau du scénario, les choses partent sur les chapeaux de roue ; une histoire dans laquelle vous allez embarquer qui vous gardera en haleine jusqu’au dénouement final, mêlant habilement le surnaturel typique au jeux vidéo et de nombreuses références cinématographiques… à commencer par le générique.

Des armes de fortune

Comme beaucoup d’entre vous doivent le savoir maintenant, la grande particularité de ce jeu vient de ses combats. Car si la vue est une vue FPS normale, les combats, eux, sortiront de l’ordinaire puisque la plupart se passeront au corps à corps, à l’aide d’armes de fortune arrachées au décor. Celles-ci seront nombreuses, allant du tuyau de plomberie à la porte de casier, en passant par le tiroir de bureau, la barre à mine ou la planche cloutée.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser en voyant ces affrontements au corps à corps tellement violents, Condemned n’est en rien un jeu bourrin. Tout d’abord parce que les combats ne sont pas aussi nombreux que dans un FPS classique. Ici Monolith mise avant tout sur l’ambiance et a le chic pour faire monter la pression de longues minutes avant de vous surprendre au moment où votre attention diminue. Du coup vous restez constamment en alerte, tous sens aiguisés et n’en sursauter que plus encore lorsqu’un script vicieux se déclenche et vous fait souiller votre pantalon.
De plus, frapper votre adversaire comme un attardé jusqu’à ce que mort s’en suive ne vous mènera pas bien loin et il faudra faire preuve de subtilité et de technicité pour espérer rester en vie.
La subtilité se résumera à l’utilisation du taser, ce pistolet lançant des décharges électriques immobilisant vos ennemis et dont l’utilisation se verra illimitée, mais nécessitant néanmoins un temps de chargement entre chaque coup tiré, et la connaissance des différentes armes de fortune et de leurs spécificités. Celles-ci ayant chacune différents attributs en terme d’attaque, de défense, d’allonge ou de rapidité, il conviendra de savoir manier la bonne arme en fonction de celle de votre adversaire. Quant à la technicité, elle se résumera à la relative difficulté pour parer les coups, technique pour laquelle il vous faudra un timing bien précis demandant un minimum d’apprentissage à coups de barre à mine dans les molaires avant de la maîtriser totalement.
Bien entendu, afin de vous permettre de respirer un peu, Monolith a prévu quelques armes à feu qui, je vous l’assure, seront accueillies par le joueur comme le Saint Graal. C’est dingue comme quoi même dans un jeu vidéo, posséder une arme à feu peut vous donner cette (fausse) impression de sécurité.
Ces armes sont au nombre de quatre : Deux revolvers différents, un fusil à pompe et un pistolet mitrailleur. Vous pourrez tout aussi bien tirer avec que frapper avec la crosse pour économiser des balles qui se font très rares. Mais attention, ces armes peuvent casser, ça serait dommage de détruire un fusil à pompe avant même d’avoir appuyé sur la détente parce qu’on s’est un peu trop amusé avec la crosse.
Les munitions seront donc distribuées en quantité plus que restreintes et s’il advenait que vous récupériez une arme à feu sur un corps ennemi, veillez à l’abattre rapidement avant qu’il n’ait vidé son chargeur sous peine de récupérer une arme vide de balles.
A ce propos, il est tout de même regrettable de ne pouvoir cumuler revolver et arme contendante. A croire que l’agent du F.B.I. ne dispose ni de holster, ni de poche.

Investigations

Mais vous n’aurez pas que des armes dans ce titre, et c’est l’une de ses grandes forces. Vous aurez également à manipuler toutes sortes d’appareil hi-tech tels que un appareil photo numérique, une lumière verte phosphorescente, un scanner, etc. Autant de gadgets qui vous serviront dans votre enquête grâce notamment à l’aide précieuse d’une laborantine que vous contacterez régulièrement par téléphone qui, elle, croit en votre innocence.
Lorsque vous aurez à utiliser ces gadgets, le jeu vous en informera par le biais d’une fenêtre s’affichant en bas à droite de l’écran. D’une simple pression de la touche X, vous sortirez l’appareil adéquat.
Ce système d’investigation, bien que très dirigiste du fait que vous n’aurez à choisir parmi les appareils disponibles, ni même le moment où vous aurez à les utiliser (heureusement quand on y réfléchit deux secondes), permet de donner une toute autre dimension à ce FPS qui se démarquait déjà énormément par l’angoisse qu’il procure et la brutalité des affrontements.
Bien souvent l’utilisation de ces appareils se verra très délicate du fait de la présence d’hostiles dans les environs et suivre des traces au sol grâce à la lumière verte, alors que votre lampe torche est éteinte et que vous évoluez dans une cage d’escalier sombre et lugubre reste le genre d’expérience qui vous fait serrer les fesses.
Cependant, parce que la perfection n’est pas de ce monde, Condemned ne s’en tire pas sans défaut. Outre la faible durée de vie qui vous amènera au terme de l’aventure en une dizaine d’heures, le jeu s’avère assez linéaire et quelques incohérence au niveau de l’utilisation des armes viendront titiller les plus exigeants d’entre vous. Graphiquement l’ensemble est plutôt réussi, avec des textures bien travaillées mais des visages un peu moins soignés par moment. On a un peu tendance à croiser toujours le même type d’ennemis ce qui peut faire rager, surtout lorsque vous vous battez contre deux types en même temps qui pourraient être des jumeaux. Mais tout ceci n’est vraiment que mineur à côté de ce que procure le jeu en terme de sensations.

Source: www.xbox-attitude.com

Graphics
Certes la Xbox 360 peut sans doute faire bien mieux, mais pour un jeu de lancement, Condemned met tout le monde d’accord avec des textures magnifiques, des effets de lumières excellents (quelques problèmes sur les ombres portées de votre personnage cependant), une crasse et une insalubrité que l’on ressent jusque chez soi ; bref du tout bon. Certains visages font un peu plastique mais ça c’est le problème récurrent du bump mapping dont, je l’espère, les développeurs trouveront une solution. Les animations sont également magistrales et le jeu fourmille de détails.
Gameplay
Un gameplay qui allie la force brute des affrontements au corps à corps à la technicité des parades qui demanderont un minimum d’apprentissage. Les moments d’investigations auraient pu être plus développés mais malgré tout ils apportent un plus indéniable au titre de Monolith, d’autant plus que leur côté dirigiste ne gêne pas plus que ça. On regrettera par contre quelques incohérences au niveau des armes puisqu’il sera impossible de porter deux armes à la fois, ce qui parait aberrant vu la taille d’un revolver.
Sound
Certainement l’ambiance la plus incroyable qu’il m’ait été donné de voir dans ma vie de gamer ; et pourtant j’en ai vu passer des jeux, sur toutes les machines. Je ne pourrais pas croire qu’on puisse prétendre ne pas avoir peur en jouant à ce jeu tant le moindre petit bruit vous fait sursauter, tant ces moments de calme sont stressants au possible et tant on explose lorsqu’un individu vous saute dessus soudainement.
Longevity
Le seul souci majeur selon moi de ce jeu c’est qu’il se termine en moins de dix heures. Bien entendu vous pourrez retenter le coup pour essayer de retrouver tous les bonus qui vous donneront droit à quelques secrets, mais la magie n’y sera plus. Cependant si le jeu ne durera pas plus de dix heures, il faut bien avoir en tête que ça sera dix heures de pur bonheur vidéoludique, sans jamais de moments de relâche. Certains regretteront l’absence de modes multijoueurs, en coopération surtout. Personnellement je trouve que le coop aurait gâché l’ambiance et que Condemned est un jeu qui se joue seul. Après Monolith aurait pu prévoir des modes Deathmatch à coup de tuyauterie sur le live pour se défouler.
Lasting appeal
Un scénario digne des meilleurs thrillers cinématographique, servi par des acteurs de qualité. Une peur qui n’a jamais été aussi palpable et une foultitude de possibilités novatrice. Difficile de ne pas susciter l’intérêt avec de telles qualités.
Sans aucun doute LE jeu du lancement. Un jeu que nous attendions tout particulièrement à la rédac’ depuis son annonce l’année dernière dans GameInformer (de mémoire) et qui nous a transporté au-delà de nos espérance. Une ambiance comme je n’en avais jamais vu dans un jeu vidéo, un scénario palpitant jusqu’au bout, un gameplay complètement novateur… bref une expérience unique qui restera gravé un long, très long moment, dans ma mémoire de gamer. Attention cependant, le jeu est déconseillé aux moins de 18 ans et ce n’est pas pour rien.




Game details

Publisher : Sega Corporation
Developer : Monolith Productions
Genre : Action / Aventure
Release date : 2 Diciembre 2005