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Plus c'est court moins c'est bon ?



Les jeux solo suivent depuis maintenant quelques temps une mode que les joueurs aiment qualifier de détestable : Une durée de vie courte… Très courte… Bien trop courte. Elevés au Nesquik de gros Groquik, aux pixels, aux pads 3 boutons, aux challenges de ouf à la Contra, les bons vieux joueurs (et même les jeunes hein faut pas croire) n’aiment pas acheter des jeux qui se finissent en une après-midi. Surtout vu leur prix actuel, ça fait trop mal au moi profond. Pourquoi les développeurs ont-ils presque soudainement changés leur façon de faire hein pourquoi ? Et bien je ne sais pas mais je tente quand même de soulever des hypothèses parce que, quand même, c’en est trop ma bonne dame !

Voir la fin

Le jeu vidéo grandit on le constate tous, les gens qui jouent ne sont plus nécessairement des gros geeks avec plus de boutons sur la gueule que sur leurs manettes. Il existe désormais des joueurs occasionnels, jeunes adultes ou non, des gens qui jouent une fois par semaine, à l’occasion, pour s’amuser vite fait. Ce que ces types (et ces nanas) là aiment c’est donc des jeux qu’ils peuvent finir sans y passer plusieurs mois d’affilés. Prenons le cas des Elder Scrolls, le dernier en date, Oblivion, se torche en une bonne trentaine d’heures (en comptant juste la quête principale). Imaginez un peu combien de temps va mettre notre joueur occasionnel à le finir (30 x 2 divisé par 5 que j’ajoute à 12… Bah toutes façons il ne va pas le finir, il se lassera bien avant)… Si ces joueurs particuliers ne représentaient qu’une infime partie des gamers les développeurs n’en auraient rien à secouer, mais de ces gens là il y en a de plus en plus. (Tant mieux, encore une fois c’est signe que le jeu vidéo grandit et ça ne peut être que bénéfique à l’industrie.) D’autant plus qu’il n’y a pas que les joueurs du dimanche qui ne vont pas au bout de leur galette si elle dépasse les 15 heures de jeu, il existe aussi bons nombres de boulimiques vidéo ludiques qui jouent un peu à tout mais très peu sur quelque chose en particulier. Si ça se fini en 10 heures alors ça sera achevé, si ça se fini en 30 il y a de grandes chances pour qu’ils n’en fassent que la moitié avant de passer à autre chose. Du coup les développeurs, eux, ça les titillent, quoi de plus normal que de construire une histoire pour que tout le monde puisse en connaître la fin un jour ? Donc faire des jeux courts pour que tout le monde puisse les finir ? Ca paraît foutrement logique… (C’est aussi pour ça que les jeux sont de plus en plus faciles mais c’est un autre sujet…) N’en déplaisent aux gamers, dont je fais parti, qui aiment vivre des aventures virtuelles de plus d’une petite après-midi. Et bien entendu en excluant la théorie, même si fortement crédible, des éditeurs côtés en bourse obligés de sucer jusqu’à la moelle leurs franchises en en sortant un épisode par an. Histoire de rentabiliser les coûts (et comme ça sort chaque année, pas le temps de développer un truc super long). Mais, car il y a toujours un mais, même en l’excluant ça pose un petit problème, d’environ 70 euros…

Jeux bridés, prix débridés

J’sais pas comment vous ressentez ça mais moi si je payais mes jeux, hé ben ça me ferait mal de lâcher 70 euros pour un machin qui se retourne en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire (l’aspect financier ne me touche plus trop depuis quelques années, mais c’est normal sinon je ne pourrai pas faire de tests sur xbox-attitude et vous ne pourriez donc pas m’aduler, donc soyez heureux si je ne paye pas mes jeux). Si l’industrie évolue et amène de nouvelles personnes à jouer tout ça tout ça, les coûts de développement aussi évoluent, en même temps que la technologie, et donc le prix des jeux fait de même. Du coup le souci c’est que si d’un côté on cherche à séduire les masses en bridant la durée de vie des jeux, on a bien du mal à se dire que l’on en a pour son argent avec un jeu bridé… Il y a bien le fameux phénomène de rejouabilité, « replay value » comme y disent, répétés à tort et à travers. Pour certains titres comme Gears of War que l’on prend plaisir à refaire en coop’ ou par exemple Fable où l’on va se refaire un héros totalement différent, ça se respecte. Malheureusement les titres proposant un intérêt tel qu’il donne envie de les recommencer sont très rares.

Reste des modes de jeux en ligne devenus quasi essentiels et qui servent d’excuse aux développeurs façon « après le mode solo vous avez notre mode de jeu en ligne à la durée de vie infinie ». Ca se défend mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se cacher derrière, le pauvre mec qui n’a pas de connexion internet ou qui ne souhaite tout simplement pas s’abonner au jeu en ligne ou tout bonnement ne veut pas jouer en ligne (ok, ils sont tous de plus en plus rares), et ben y s’enfonce ses 70 euros bien dans le moi profond. Et puis avouons que la plupart des modes de jeux en ligne des genres habitués aux campagnes solo style FPS ou action troisième personne tournent vite en rond. Ca double la durée de vie tout au plus on va dire (et le double de 10 heures ça ne fait toujours pas lourd), ensuite on se lasse de ramener le drapeau dans son camp ou de défendre tel entrepôt et on laisse son jeu prendre la poussière dans un coin. Comment faire pour trouver un juste équilibre ? Comment réussir à ravir à la fois le gamer qui veut du gros temps de jeu, le joueur bateau qui a le pad entre les mains une fois par semaine, ceux qui payent leurs jeux et qui les trouvent trop chers et les développeurs qui veulent absolument que tout le monde voient la fin de leur titre et qui investissent en plus des sommes colossales pour pouvoir produire un rendu de qualité ?

Ne ratez pas l’épisode

Dans mon cerveau farfelu je me dis que la réponse tient peut-être justement dans le online. Un type de jeux a tout pour se démocratiser sur nos consoles de furieux et sur PC, une catégorie que la technologie ne pouvait pas nous offrir avant aujourd’hui : Les jeux à contenus épisodiques. Les micro transactions s’avèrent être un franc succès sur le Xbox Live, on compte le nombre de téléchargement en millions, des films et des séries télé font leur apparition et tout porte à croire que ça sera la même chose sur Wii et PS3. A partir de là pourquoi ne pas sortir des jeux, de vrais jeux pas les petits trucs du Live Arcade, par bribes ? Les développeurs divisent leur titre en épisodes à la manière d’une série télé et puis on rend disponible au téléchargement ces derniers, au fur et à mesure, petit à petit. C’est déjà le cas de Sam & Max sur PC et ça fonctionne relativement bien, le titre devrait d’ailleurs faire son apparition sur consoles. A priori, à l’heure où on entre en plein dans l’ère du très haut débit où chaque foyer, même le plus reculé de France, finira par avoir tout en numérique il n’y a que des avantages à ce système, en tout cas si tout ce passe bien. Le joueur occasionnel et le boulimique joueront à leur épisode de quelques petites heures sans se lasser, les développeurs en cumulant les épisodes pourront donner une durée de vie tout aussi énorme qu’ils veulent ce qui aura pour conséquence de satisfaire les gros gamers, la distribution épisodique laissera en théorie le temps à ses créateurs de peaufiner comme il faut chaque parcelle du jeu, chaque épisode ne devrait pas être très cher… Bref ça semble intéressant. Les gros pontes ont bien entendu reniflés le coup puisque Bungie développe en contribution avec le réalisateur Peter Jackson et son équipe un jeu (dans l’univers d’Halo) dont le contenu sera… Episodique. Plus c’est court moins c’est bon ? Ca dépend des gens mais l’idéal pour satisfaire chacun d’entre nous pourrait bel et bien d’être de faire du court avec du long en le divisant par épisodes (les préliminaires, les choses sérieuses, les cris, l’orgasme etc…), affaire à suivre.

Pour conclure je tiens tout de même à remercier les développeurs qui persistent à faire des jeux qui se finissent en plus de 20 heures (y en a encore plein dans les RPG, un genre qui peine à se renouveler mais qui a au moins le mérite de garder cette agréable habitude), surtout qu’en plus la plupart cartonnent insolemment dans les charts (GTA, Elder Scrolls, Final Fantasy etc…).