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Shadowrun

Shadowrun

Autopsie d’un mal-aimé

Annoncé il y a deux ans maintenant, Shadowrun n’a cessé depuis sa descente aux enfers, aboutissant aujourd’hui à une sortie en bacs dans la plus grande indifférence. Ce détachement des joueurs vis-à-vis de ce titre aura d’ailleurs provoqué la chute des studios Fasa, responsables par le passé de la série MechAssault ou encore de l’excellent Crimson Skies.
Alors pourquoi tant haine ? Pourquoi tant de mépris à l’égard d’un jeu que personne ne connaît vraiment finalement ?


Tout d’abord, il faut bien admettre l’évidence, la grande majorité des joueurs à notre époque, juge un jeu par rapport à la qualité de ses textures. L’autre évidence, c’est que la majorité du grand public, passe moins de dix minutes par an online. Alors pour un titre comme Shadowrun, qui n’a rien d’une beauté fatale et se prive en plus de tout mode solo, c’était peine perdue. D’autant plus qu’avec sa version très simplifiée de l’univers originel (le jeu de rôle papier), le titre de Fasa se prive également des fans de la licence.


Ajoutez à cela un manque de communication flagrant autour du produit, et des propos très malvenus de la part de certains des membres du studio, et vous obtenez tous les ingrédients nécessaires à un bide retentissant.


Pourtant, Shadowrun mérite-t-il vraiment tout ce mal qu’on peut dire de lui ? Définitivement, non !
Ta race !

L’avantage avec les graphismes de Shadowrun, c’est que pour la rédaction du test, ça devrait aller vite. En effet, tout le monde s’accordera à dire que ce n’est pas le plus beau jeu de la console, je n’aurai donc pas à vous en convaincre. Attention, est-ce que cela veut dire que Shadowrun est moche ? Rien n’est moins sûr.


En effet, gardez en tête que le titre est exclusivement multijoueur, et que pour garder un framerate conséquent, il ait été obligé de se passer de quelques effets sur les textures. Avec ceci à l’esprit, on met un peu d’eau dans son vin, d’autant plus que la modélisation des personnages est excellente et le level design particulièrement bien pensé pour un framerate qui ne faiblit jamais. De plus, avec l’utilisation de la magie, le soft se pare de quelques effets particulièrement bien venus, comme l’essence qui s’écoule de l’arbre de vie ou les trainées laissées par les joueurs lorsqu’ils se téléportent.


Mais ce qui fait la force de Shadowrun, c’est son gameplay !


Ici nous n’avons pas à faire à un FPS classique, mais à un mix entre du frag, comme pour tout bon FPS qui se respecte, avec des éléments directement inspirés des RPG.


En premier lieu, ces éléments débutent par le choix de l’une des quatre races. Plus qu’un choix esthétique, la sélection de votre race se fera en fonction des caractéristiques bien spécifiques de chacune :


L’homme est le guerrier équilibré par excellence, il est bon dans tous les domaines mais sans jamais exceller. Cependant, il possède également un atout majeur : Des réductions sur l’achat de technologies. L’elfe est plus longiligne, plus rapide et agile que l’homme. Il est aussi plus fragile, mais il a également la particularité très intéressante de se régénérer dès qu’il est hors de danger. Le Troll est un bulldozer, lourd, fort et résistant, il puise également de son essence magique pour se créer une carapace lorsqu’il est sous le feu ennemi. Enfin le nain possède la faculté de drainer l’énergie magique de ses adversaires, alliés, et même des incantations comme l’arbre de vie, la créature invoquée ou le sort d’étranglement.
Contenu limité

Une fois votre race choisie, vous voici plongé dans une partie opposant deux factions rivales : Le RNA et le Lineage. Pas de chacun pour soit ici, Shadowrun est exclusivement réservé au jeu en équipe ; un choix qui s’explique par la complémentarité des joueurs sans laquelle aucune équipe ne ferait long feu. Une partie se joue en 6 manches gagnantes avec, curieusement, aucune possibilité de le paramétrer. D’ailleurs, pour faire simple, sachez qu’il est impossible de paramétrer quoi que ce soit dans ce jeu. A chaque début de manche, les joueurs se retrouveront dans le menu achat. C’est dans ce menu qu’ils pourront faire leurs emplettes en armes, magie et technologie. Sachez qu’à ce moment là, si le joueur a survécu à la précédente manche, son équipement restera acquis ; s’il est malheureusement décédé, il perdra toutes ses armes mais conservera ses sorts et son équipement technologique. Avec ce principe, les meilleurs joueurs se verront bien sûr favorisés, mais surtout les parties gagneront en intensité au fil des manches.


Assurément, si la toute première manche verra des équipes sous-armées et sans débauche de magie s’affronter, les dernières n’auront plus le même visage, avec des résurrections à tout va, des arbres de vie en veux-tu en voilà et des téléportations comme s’il en pleuvait.
Au chapitre des modes, il faut avouer par contre que c’est bien maigre : Un mode extermination d’équipe, un capture the flag (ou le drapeau prend l’apparence d’un artefact) et un mode Attaque/Défense ou les hommes du Lineage chercheront à récupérer l’artefact, pendant que ceux du RNA tenteront de les arrêter.


Même topo au chapitre des différentes maps, puisqu’une douzaine de cartes uniquement seront disponibles. Certes celles-ci sont plutôt vastes et permettent à 16 joueurs de s’affronter dans des environnements variés et bien construits, mais cela fait tout de même bien peu. Bref, pour un jeu exclusivement online, ne pas proposer mieux que ce qui se fait ailleurs, dans des jeux offrant en plus une campagne solo, c’est juste honteux !


On espère alors que Microsoft saura prendre soin des quelques joueurs qui se laisseront tenter par l’expérience Shadowrun, en proposant rapidement modes et maps supplémentaires à moindre coût.
Paré pour la guerre

Définir en quelques lignes l’expérience Shadowrun en énumérant les différentes armes, pouvoirs et technologies à disposition du joueur me semble impossible. Toujours est-il que quelques exemples devraient vous permettre d’y voir plus clair dans ce méandre de possibilités qu’offre le soft.


Dans cet ordre d’idée, je ne saurais conseiller aux acquéreurs de ce titre, de se plonger dans les six chapitres tutoriels absolument indispensables pour ne pas se retrouver perdu en pleine partie contre des adversaires humains.


Niveau armes, le jeu reste relativement classique avec un fusil de sniper, à pompe, une mitraillette ou encore un lance-roquette. A cela s’ajoutera deux armes un peu plus singulières : la mitrailleuse, terriblement puissante mais tout aussi terriblement lourde (et longue à se mettre en route) et le katana, pas évident à maîtriser, mais redoutable par la suite.
Coté magie, la téléportation vous enverra 8 mètres plus loin en un clin d’œil dans la direction dans laquelle vous vous dirigez (et non dans celle où vous regardez). L’arbre de vie vous régénèrera, vous mais aussi vos alliés, et même vos ennemis s’ils se placent dessous. La fumée vous rendra invulnérable mais ne vous permettra pas de frapper (utile surtout pour fuir), l’étranglement bloquera des accès stratégique, la rafale propulsera, telle une bourrasque de vent, objets et ennemis à quelques mètres de là, l’invocation fera apparaître une terrifiante créature qui montera la garde dans le périmètre désigné ou pourra être assigné à l’éradication d’un adversaire en particulier. Enfin, la résurrection ramènera l’un de vos alliés à la vie, une vie éphémère qui durera le temps de la votre.


Pour finir, les différentes technologies vous habilleront d’un planeur portatif vous permettant de voler quelques courts instants, une vision accrue pour distinguer les ennemis derrière des éléments solides, le système de visée smartlink empêchant tout tir ami et offrant une précision accrue et un mode de zoom sur chacune des armes. Vous pourrez également acquérir des grenades anti-magie et ou des réflexes surhumains.
Panne d’essence

Si vous pourrez acheter tout ce qui vous chante, tant que vous en aurez les moyens, sachez que vous n’aurez que trois raccourcis pour utiliser vos jouets. En effet, en achetant magie et technologie, vous devrez les assigner aux touches de tranches et à la gâchette gauche (la droite étant monopolisée par les armes). Rien ne vous empêchera en cours de partie de changer ces assignations en passant par un menu approprié, mais mieux vaut se sentir en toute sécurité pour cela. Toujours est-il que de votre bonne gestion du quadriptyque race/arme/technologie/magie, dépendra de votre réussite, et à fortiori de celle de votre équipe. Couplez un planeur et le sort de téléportation et vous atteindrez des hauteurs inespérées, couplez la supervision et la téléportation et apparaissez dans le dos d’un ennemi se trouvant de l’autre coté du mur, couplez le smartlink et le fusil de sniper et à vous les joies du super zoom pour fragger au millimètre près, couplez les réflexes câblés et le katana et parez les tirs ennemis… les possibilités sont vastes et variées et permettront à tout joueur d’y trouver son compte.


Autre point essentiel à prendre en compte : la jauge d’essence !


Non, les guerriers ne sont pas des cyborgs fonctionnant au kérosène, rassurez-vous. Ici, il s’agit d’essence magique.


Sachez que si la technologie n’a pas d’usage restreint, sa présence dans l’une de vos trois cases de raccourcis monopolisera des points d’essence qui ne pourront pas être assignés aux sorts magiques. Sachez également que les sorts pourront vous pomper cette essence de façon plus ou moins permanente ou de façon spontanée. Une rafale par exemple, vous pompera trois points d’essence, mais celle-ci se régénèrera dans la foulée. Une résurrection par contre, vous coutera 4 points d’essence qui vous seront inaccessibles tant que l’allié revenu à la vie ne sera pas décédé. C’est élément n’a l’air de rien, mais lorsqu’il vous est impossible de vous échapper en vous téléportant ou en vous enfumant parce que toute votre essence est monopolisée ailleurs, tout d’un coup ça prend tout son sens et on jure tous les dieux qu’on ne nous y reprendra pas.

Graphics
On ne racontera pas de cracks, la partie technique est le gros défaut de Shadowrun. Graphiquement, si le titre est bourré d’effets visuels bien sympas et si le level design des environnements est plutôt bien construit, toujours est-il que coté texture le jeu se ramasse. Les bugs graphiques sont rares mais existants.
Gameplay
En mêlant du frag old school comme on les aime avec des éléments issus du RPG (comme l’apport de technologies et de la magie) Shadowrun propose des joutes online extrêmement intéressantes, variées et prenantes. Le Cross Platform semble très bien fonctionner, les joueurs PC ayant été bridés dans leurs déplacements.
Sound
Les musiques d’ambiances sont bonnes sans être transcendantes, les effets visuels s’associent à des effets sonores bien rendus et les adversaires sur le terrain s’insultent et se parlent régulièrement au cours des parties.
Longevity
En se passant d’un mode solo, Shadowrun devait se blinder sur le multi pour justifier ses choix. Malheureusement, avec une douzaine de maps et seulement trois modes distincts, cela fait vraiment peu pour un titre exclusivement online.
Lasting appeal
Les notions de RPG dans un FPS multijoueur apportent énormément au genre.
Malgré de nombreux défauts, Shadowrun est peut-être aujourd’hui le meilleur FPS sur le Xbox Live. Avec ses innombrables subtilités de gameplay, on apprend tous les jours de nouvelles tactiques ; et lorsque les équipes communiquent correctement, les joutes prennent alors des aspects de jeu d’échec. Malheureusement, en se privant de mode solo, Microsoft se prive également d’un grand nombre de ventes, du coup on se demande si le suivi au point de vue contenu téléchargeable sera effectif.


Game details

Publisher : Microsoft Games
Developer : FASA Studio
Genre : FPS
Release date : 1 Juni 2007